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La Cimboa est une vièle monocorde introduite au Cap Vert par les esclaves africains. On en trouve des variantes en Afrique Occidentale (en Mauritanie et au Mali par exemple) où elle porte les noms de Imzad chez les Touaregs, Amzad chez les Maures ou ‘Riti’ chez les Peuls. La Cimboa a la particularité d’être utilisée exclusivement comme instrument d’accompagnement lors des manifestations du Batuque. Le Batuque est à la fois un genre musical, une danse traditionnelle et un chant qui est pratiqué dans certaines occasions cérémonielles (notamment lors des mariages ou des baptêmes). Malheureusement, plusieurs facteurs ont entraîné sa disparition progressive de la Cimboa de la scène musicale cap verdienne.

En effet, pendant très longtemps (jusqu’à l’Indépendance du Cap Vert en 1975) les manifestations de Batuque étaient rares et clandestines car les autorités coloniales portugaises considéraient tout ce qui était d’origine africaine comme sauvage et non civilisé.De plus, la Cimboa, considérée comme l’instrument des pauvres du fait de son aspect rustique et de son utilisation quasi exclusive par les paysans du milieu rural, suscitait peu d’intérêt.


M.Mano Mendi, fabriquant la Cimboa

En outre, les matières premières nécessaires à la fabrication de la Cimboa (calebasse, crins de chevaux) se font de plus en plus rares. Toutes ces raisons expliquent le fait qu’aujourd’hui très peu de personnes connaissent l’existence de cet instrument et qu’un seul homme (assez âgé), Nho Mano Mendi, sait vraiment le fabriquer et en jouer.
L’UNESCO a donc initié un projet pour la sauvegarde de la Cimboa qui a pour objectif de revitaliser la fabrication et la pratique de la Cimboa auprès des jeunes générations et de sauvegarder cet élément du patrimoine culturel cap verdien avant qu’il ne disparaisse complètement.


M.Mano Mendi, lors de l’atelier de fabrication de la Cimboa

Au sens de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel qui a été adoptée en 2003 et qui est entrée en vigueur en 2006, la Cimboa fait partie intégrante de ce patrimoine culturel immatériel, et ce à trois titres : en tant qu’élément indissociable d’une "pratique sociale, d’un rituel ou d’un événement festif" dans le cadre de son utilisation dans le Batuque ; en tant "qu’instrument de musique associé à cette pratique" ; et en tant que "savoir-faire lié à l’artisanat".

Contact:
Melle Marie Andrée DIALLO,
Consultante
Email:ma.diallo@unesco.org
Tel: 33 849 23 23
Fax: 33 823 86 22/23

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