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Communiqué de la 3e Conférence Internationale Africaine
sur le Développement de la Petite Enfance (DPE)
« Faire avancer le développement de la petite enfance en Afrique »


Accra (Ghana) 30 Mai - 03 Juin 2005

Nous, Ministres et Représentants des Ministres ayant participe à cette conférence :

Rappelant notre engagement à l’égard des droits de tous les enfants à la survie, au développement, à la protection et à la participation tels que précisés par la Convention relative aux Droits de l’Enfant,

Rappelant également notre engagement à l’égard de la promotion des droits de l’Enfant Africain tels que précisés par la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant,

Appréciant le fait que la Déclaration Mondiale sur l’Education pour Tous en 1990 et le Cadre d’Action de Dakar de l’an 2000 ont affirmé que « l’apprentissage commence à la naissance » et que l’attention accordée aux soins et au développement de la petite enfance est essentielle à la réalisation des objectifs de l’éducation de base,

Rappelant le fait qu’un « Monde fait pour les Enfants » en 2002 a recommandé que les enfants démarrent bien dans la vie et qu’ils soient élevés et pris en charge dans un environnement sûr qui leur permettra de survivre, de jouir d’une bonne santé physique, d’être mentalement éveillés, émotionnellement sécurisées, socialement compétents et à même d’apprendre,

Reconnaissant le rôle crucial de l’investissement dans le développement du jeune enfant en vue de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) de réduction de la pauvreté, d’inscription universelle à l’école, de réduction de la mortalité infantile et maternelle ainsi que de l’égalité des sexes,

Appréciant l’engagement pris par les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine par le biais du Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) en vue d’accélérer le rythme du développement de l’Afrique, surtout grâce à l’éradication de la pauvreté et au développement humain, qui commence avec des opportunités offertes aux enfants pour développer toutes leurs potentialités,

Rappelant que la Déclaration de la CEDEAO sur la Décennie de la Culture des Droits de l’Enfant en Afrique de l’Ouest (2001 – 2010) reconnaît la place importante qu’occupe l’enfant dans les efforts de développement sous-régional et qu’elle proclame la profonde conviction que la réduction de la pauvreté commence par l investissement dans l enfant,

Rappelant en outre les engagements pris à l’égard des jeunes enfants au niveau de la SADC et de la COMESA et l’engagement de l’Union Africaine à l’égard de la Déclaration sur la Famille en vue de renforcer et de soutenir les familles dans leur responsabilités en tant que premiers prestataires de soins aux enfants afin d’assurer leur survie, leur croissance et leur développement,

Rappelant le Consensus de Monterrey à l’occasion duquel les Chefs d’Etat et de Gouvernement participants se sont engagés à mobiliser et à renforcer l’utilisation efficace de l’aide et des ressources locales en vue de réaliser les objectifs de développement internationaux, y compris ceux de la Déclaration du Millénaire des Nations Unies,

Rappelant ‹‹ l’Afrique pour les Enfants – la Position Commune de l’Afrique » de la Session Extraordinaire de l’Assemblée Générale des Nations Unies consacrée aux enfants qui a été adoptée par le Forum Pan-Africain sur les Enfants au Caire le 31 mai 2001,

Rappelant que nos constitutions et législations nationales soutiennent le développement et la protection de l’enfant

Notant que l’Afrique est un continent où les deux-tiers des enfants et des jeunes ont moins de 24 ans, le taux le plus élevé de tous les continents ; et que 20%, soit 140 millions de ces enfants ont moins de six ans,

Soucieux du fait que nos enfants et nos jeunes font face à d’énormes difficultés liées à la pauvreté, au VIH/SIDA et aux conflits,

Soucieux du fait qu’en Afrique sub-saharienne, 38% des jeunes enfants souffrent de la malnutrition (croissance retardée), que moins de 5% sont inscrits dans un établissement d’apprentissage de type préscolaire et que sur les 12 millions d’orphelins, 16% ont moins de 6 ans,

Reconnaissant que les ressources dont disposent nos Etats ne peuvent pas satisfaire tous les besoins prioritaires qui surviennent dans des situations de développement et d’urgence,

Reconnaissant vivement le fait que les investissements dans le développement holistique des jeunes enfants ont un rendement conséquent dans le domaine du développement humain, de la croissance économique et de la réduction durable de la pauvreté,

Notant le rapport de la Réunion Technique de la Troisième Conférence Internationale Africaine sur le DPE qui a réuni trois cents ( 300 ) participants venus de 39 pays africains, représentant les gouvernements, la société civile, les ONG, les partenaires au développement, y compris l’ADEA, l’UNICEF, la Banque Mondiale, l’UNESCO et l’OMS,

Adoptons les recommandations suivantes :

A. Pour assurer des pratiques de soins efficaces au sein des familles et des communautés :

1. Utiliser les ressources locales (financements, savoirs, compétences, cultures et traditions) pour renforcer les programmes de DPE, la communication et les politiques

2. Investir et renforcer les capacités de la famille et de ceux qui s’occupent des enfants, surtout les mères, dans les domaines tels que l’alphabétisation fonctionnelle, l’éducation des parents, la santé reproductive et la capacité d’action dans le domaine économique

3. Renforcer les capacités des familles et des communautés à prendre en charge les orphelins et autres enfants vulnérables,

4. Sensibiliser et éduquer les hommes, les femmes, les adolescents et les jeunes en matière de DPE pour que les hommes en particulier s’impliquent davantage dans les soins maternels et infantiles,


B. Pour assurer l’accès et l’utilisation de services de base de qualité

1. Construire un partenariat fort entre les gouvernements, les ONG, les Organisations communautaires, les Organisations confessionnelles, le secteur privé, les institutions de recherche, les universités et les partenaires au développement en vue de promouvoir le DPE,

2. Assurer une attention adéquate aux soins aux jeunes enfants et les intégrer dans les programmes de lutte contre le paludisme et le VIH/SIDA,

3. Assurer la prestation de services de base de qualité pour le développement holistique de l’enfant et l’accès à ces services par tous les enfants, de la naissance à l’âge de trois ans touchés par le VIH et le SIDA, ayant des besoins spéciaux et vivant dans des conditions difficiles

4. Renforcer les capacités des animateurs qui dispensent les soins aux enfants et des formateurs à tous les niveaux du DPE

5. Développer des mécanismes intégrés en vue d’établir des priorités et d’assurer le suivi du DPE en matière de prestation de services de base.


C. Pour assurer un environnement politique favorable

1. Accorder la priorité au DPE dans l’élaboration des cadres, des politiques et des stratégies de développement majeures, par ex. des Plans d’Action Nationaux et les DSRP, approches sectorielles (SWAPs) …,

2. Fournir des financements adéquats et ciblés sur des objectifs spécifiques du DPE à tous les niveaux, à partir des budgets nationaux et des ressources telles que les fonds de la remise de la dette de l’initiative PPTE, tout en intégrant des mécanismes assurant la responsabilité

3. Soutenir la recherche, la documentation et la diffusion des informations sur le DPE,

4. Mettre en place un cadre juridique en vue de protéger les droits des enfants et des femmes en conformité avec la Convention des Droits de l’Enfant (CRC), la Charte Africaine sur les droits de la Femme et de l’Enfant (ACRWC) et la Convention pour l’Elimination de toutes les formes de discrimination contre les Femmes (CEDAW)

5. Créer ou renforcer un mécanisme multisectoriel de haut niveau pour le suivi et la coordination du DPE.

En conclusion, nous les Ministres et Représentants des Ministres, lançons un appel:

1. A la Commission de l Union Africaine et aux Secrétariats des organisations sous-régionales (la CEDEAO, la CEEAC la COMESA, la SADC) et du NEPAD afin de promouvoir et soutenir le développement holistique et les interventions pour la survie des jeunes enfants spécialement les plus vulnérables.

2. Aux Chefs d’Etat et des Gouvernements de l’Union Africaine afin qu’ils inscrivent, de façon urgente le développement de la petite enfance dans leur Agenda.


3. Aux partenaires au développement :

  • pour soutenir le Consensus de Monterrey à l’occasion duquel ils ont pris l’engagement de fournir des ressources accrues aux pays en développement.
  • pour accroître les ressources financières et techniques nécessaires à la recherche, aux programmes et au renforcement des capacités afin d’assurer le développement holistique du jeune enfant tout en reconnaissant l’importance du développement de la petite enfance pour la rupture du cycle intergénérationnel de la pauvreté et la réalisation des OMD.

Fait à Accra au Ghana, le 03 juin 2005

Voir aussi

Education de base

Alphabétisation et éducation non formelle

Les enfants de la rue

Education intégratrice

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