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Bulletin EPT Afrique - novembre 2002

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Bienvenue sur le Bulletin électronique EPT Afrique du BREDA
SPECIAL MINEDAF VIII

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Chers lecteurs,

C'est avec un très grand plaisir que je vous présente le 7ème numéro du bulletin EPT. Il s'agit d'un numéro spécial et thématique portant sur la 8ème Conférence des Ministres de l'Education des Etats Membres d'Afrique (MINEDAF VIII), qui se déroulera du 2 au 6 décembre, 2002, à Dar-es-Salaam, Tanzanie.

Comme il a été mentionné dans le dernier numéro du bulletin EPT: Cette conférence intervient après les récents développements tels que la naissance de l'Union Africaine et l'adoption du NEPAD, qui crée un nouveau cadre pour l'éducation en Afrique. Par ailleurs, elle s'organise deux ans après le Forum mondial sur l'éducation qui s'est tenu à Dakar, et coïncide avec l'échéance en 2002 du cadre d'action de Dakar pour la définition de plans d'actions nationaux pour L'Education pour tous. MINEDAF VIII devrait donc être un moment symbolique fort pour toutes les parties prenantes à l'éducation pour tous, afin de démontrer comment les engagements collectifs sont et seront tenus.

Dans le bulletin, vous trouverez une introduction des thèmes et des questions majeurs qui seront examinés lors du MINEDAF VIII. Nous espérons que ce numéro vous sera d'une grande utilité et vous fournira des informations préliminaires. Nous vous invitons également à visiter le site Web du MINEDAF VIII pour de plus amples informations: www.minedaf.org.

A. Parsuramen
Directeur, UNESCO-BREDA
a.parsuramen@unesco.org


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Sur cette page


MINEDAF : leçons tirées des précédentes rencontres, innovations et prospectives

L'élaboration progressive d'un cadre de référence des politiques éducatives africaines, représente le premier des acquis des conférences MINEDAF.

Il s'agit certainement de la plus ancienne des conférences des Ministres africains de l'éducation. Conférence intergouvernementale sur la politique et la coopération en matière d'éducation en Afrique, la première du genre s'est tenue à l'aube des indépendances des pays africains le 25 mai 1961 à Addis Abeba. Elle avait adopté un " aperçu d'un plan de développement de l'éducation en Afrique qui servira de référence pendant près de vingt ans.

De 1961 à 2002 en huit éditions, la Conférence MINEDAF permet de faire le bilan de l'évolution de l'éducation en Afrique, d'orienter les politiques éducatives vers de nouveaux objectifs en rapport avec l'approfondissement de divers aspects des problèmes d'éducation : défis permanents tels les réformes et les innovations, l'élimination de l'analphabétisme, l'éducation pour tous…

L'élargissement du dialogue à tous les partenaires de l'éducation peut être considéré comme un acquis novateur des conférences MINEDAF.

Ce n'est certes pas un attribut exclusif, mais c'est la résultante d'un changement de contexte dans la société. L'éducation est un enjeu fondamental dans la sphère politique économique et sociale. Il est naturel que le mouvement de démocratisation politique et de libéralisation se saisisse de l'éducation. Les nombreuses parties prenantes ont leur mot à dire, et cela correspond aussi à un élargissement des concepts d'éducation : éducation pour tous, éducation tout au long de la vie. C'est ainsi que les ONG par exemple sont attendues à MINEDAF à l'instar des partenaires institutionnels des organisations intergouvernementales. L'élargissement du dialogue est en définitive une conséquence d'une réalité de l'action sur le terrain.

L'évolution vers des engagements et des responsabilités de nature collective s'affirme comme la perspective des MINEDAF. Tout comme MINEDAF I ouvrait la voie au développement, MINEDAF VIII pourrait marquer l'entrée de l'Afrique, par l'éducation dans le XXIème siècle, à travers la mise en œuvre des plans concrets élaborés par les pays pour atteindre chacun en ce qui le concerne les objectifs internationaux de développement du Millénaire. L'éducation pour tous est l'un de ces objectifs, et certainement celui qui permet d'atteindre tous les autres.

Aimé Damiba
UNESCO-BREDA
a.damiba@unesco.org


Questions clé du document de travail principal de MINEDAF VIII

Selon le cadre d'action de Dakar, l'Education pour tous : tenir nos engagements collectifs, " le cœur de l'activité de l'EPT se situe au niveau national… Les pays établiront des plans nationaux d'ensemble pour l'EPT d'ici 2002 au plus tard… "

MINEDAF se tient à cette échéance près. Ainsi le document de travail formule une série de questions que les pays se sont posées, se posent ou se poseront à la mise en œuvre de cette recommandation en vue de relever les défis de l'éducation pour tous en Afrique.

La question globale et fondamentale est la suivante : comment les pays d'Afrique placés à différents points de départ par rapport aux objectifs d'éducation pour tous pourront-ils individuellement et collectivement atteindre les objectifs d'éducation pour tous en 2015 ? Si les pays ont effectivement élaboré des plans d'ensemble EPT, ils se sont certainement posés ce type de questions. L'échange de point de vue au cours de MINEDAF VIII devrait être un sujet intéressant en termes de partage d'expérience et de renforcement des axes de coopération.

Aimé Damiba
UNESCO-BREDA
a.damiba@unesco.org


Les positions et contributions de la société civile et organisations non gouvernemental à MINEDAF VIII - un prélude

Depuis le Forum Mondial sur l'éducation à Dakar, 2000, la société civile a vigoureusement poursuivi son rôle de mandataire dans le soutien aux gouvernements pour réaliser l'EPT. Là où ce rôle est reconnu et une place nécessaire lui est donnée, la contribution de la société civile dans la réalisation des buts de l'EPT est cohérente. Quelques pays doivent encore saisir pleinement l'opportunité que peut leur offrir un partenariat avec la société civile, en la considérant non comme une menace mais plutôt comme des partenaires de développement.

À Dakar, des engagements ont été pris qu'aucun pays qui s'est engagé sérieusement dans la réalisation de l'EPT ne serait contrecarré dans ses plans par manque de ressources. Il faut encore attendre que cela se matérialise puisque jusqu'à présent une aide financière importante n'a pas été versée aux pays pour les assister dans le développement de leurs plans. Les objectifs fixés sont sans cesse renouvelés : d'abord, on demande le développement de plans nationaux éducation crédibles, et ensuite qu'ils soient liés aux Processus de Stratégie de Réduction de la pauvreté (PSRP) ou aux approches sectorielles, ou à telles ou telles autres conditionnalités.

Une évaluation préliminaire de l'état d'avancement de l'EPT aujourd'hui, rédigée par les Organisations de la Société Civile, indique que quantitativement des progrès ont été accomplis et qu'il pourrait être possible de réaliser la Scolarisation Universelle Primaire d'ici 2015. Un grand nombre d'enfants exclus comme les filles, les pauvres, les personnes ayant des besoins spéciaux, et ceux dans des circonstances difficiles. La qualité continue à être le défi majeur, cependant il est évident que les apprenants ne maîtrisent pas les compétences qui sont exigées pour les préparer pour la vie.

L'éducation de qualité est non seulement une question d'inputs mais également d'un développement total de l'enfant et inclut l'équité et l'égalité de genre, la nutrition, la sécurité et des considérations environnementales et des liens forts avec l'école de la communauté. Les approches intégrées d'éducation, aux niveaux interne et externe, qui lient la santé et la nutrition à l'éducation contribueraient considérablement à la réalisation de la qualité.

En réclamant un rôle dans la réalisation des buts d'EPT, la société civile en appelle à une participation renforcée entre elle-même et le gouvernement dans les processus d'exécution, de suivi et d'évaluation. MINEDAF VIII offre de nouvelles opportunités pour construire ce partenariat et nous attendons avec intérêt la formalisation des processus à ce forum.

Les organisations de la société civile prendront part à la Conférence de MINEDAF VIII, seront représentés dans les panels, seront engagés dans une séance spéciale entre Ministres et ONGs, et ils ont rédigé un document pour la Conférence, intitulé :Le défi lié à la réalisation de l'objectif " Education pour tous " en Afrique. Perspectives et positions de la société civile définies pour MINEDAF VIII " (accessible sur le site web de MINEDAF).

Adelaide Sosseh-Gaye
Président du Réseau de Campagne EPT,Gambie
worldview@gamtel.gm

FAPED : Les parlementaires s'engagent pour l'éducation

Les parlementaires africains entendent s'impliquer davantage dans la mobilisation pour l'éducation. Ils vont mettre sur pied un réseau, le Forum Africain des Parlementaires pour l'Education, FAPED, dont la conférence constitutive se tiendra du 27 novembre au 2 décembre 2002, à Dar Es-Salaam, en Tanzanie, juste avant le MINEDAF VIII.

Le FAPED regroupera les 53 parlements d'Afrique et devrait permettre aux parlementaires d'améliorer la perception des questions d'éducation au sein des parlements. Cette évolution devrait se traduire par l'augmentation des ressources budgétaires allouées à l'éducation ; l'amélioration de l'environnement juridique ; le renforcement du contrôle du législatif sur l'exécutif ; le renforcement du dialogue et de la coopération entre parlementaires africains et entre l'élu et les mandants.

Les parlements sénégalais et mauriciens sont les initiateurs du FAPED. Ils ont ainsi répondu favorablement aux ministres qui avaient exprimé, à l'occasion de MINEDAF VII, leur engagement à impliquer d'autres acteurs, notamment les parlementaires, dans leur action en faveur de l'éducation. Un groupe de contact a été créé avec le soutien des institutions telles que l'UNESCO, le PNUD, l'UNICEF, le FNUAP, la BAD et la Banque Mondiale pour concrétiser l'idée. Il s'est réuni à deux reprises, en janvier et en juin 2002, pour élaborer les documents institutionnels nécessaires à la création du forum.

Outre l'adoption des documents qui va donner naissance au plan institutionnel au Forum, les parlementaires saisiront l'occasion pour mieux s'informer sur les questions d'éducation. Ils réfléchiront sur des sujets tels que l'engagement des parlementaires face aux défis de l'éducation, l'état des lieux des politiques de l'éducation en Afrique, le financement de l'éducation, l'éducation et le NEPAD, et le plaidoyer du parlementaire. La réunion des parlementaires sera également mise à profit pour des échanges avec les ministres de l'éducation nationale. Une table ronde entre parlementaires et ministres sera organisée le dernier jour de la conférence, le 2 décembre 2002.

Madame Mame Bousso Diack/SAMB
Membre du Groupe de Contact pour la création du FAPED
et député à l'Assemblée nationale du Sénégal


Synthèse des plans d'action Education pour tous

Au lendemain du Forum mondial sur l'éducation, organisé à Dakar en avril 2000, les pays africains se sont attelés à l'élaboration de plans d'action nationaux d'Éducation pour tous (PAN/EPT), avec l'appui du Bureau régional de l'UNESCO pour l'éducation en Afrique (BREDA), des bureaux UNESCO Afrique, des parrains de l'EPT, et des autres partenaires de l'EPT. L'objectif était de parvenir à la formulation de plans crédibles et réalisables, qui prennent en compte les six objectifs définis dans le Cadre d'action de Dakar.

Pour les pays africains, le mouvement EPT est à mettre en cohérence avec le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD), d'une part et, d'autre part avec la Déclaration du Millénium. Dans ces deux cadres, en effet, l'éducation représente une des priorités principales et l'objectif majeur est de mobiliser des fonds nécessaires au développement économique et social du continent africain.

Tout au long du processus d'élaboration des plans nationaux, les mécanismes de coordination et de concertation de l'EPT mis en place, notamment les forums régionaux et sous-régionaux, ont permis non seulement de procéder périodiquement à la revue de l'état d'avancement, mais aussi de partager les expériences et de tirer des leçons utiles à la poursuite des activités de planification.

À l'expiration du délai fixé pour l'adoption des PAN/EPT, tous les pays africains ne disposent pas encore de tels plans. Beaucoup se situent aux dernières étapes. Non pas que des efforts n'aient pas été fournis, mais les pays ont été confrontés à des difficultés insuffisamment prévues. En effet, les mesures adéquates n'ont pas toujours été prises pour disposer à temps de ressources humaines et financières suffisantes et pour faire face à la complexité du processus.

La Conférence des Ministres de l'Education des pays membres d'Afrique prévue à Dar-es -Salaam du 2 au 6 décembre 2002 sera l'occasion de faire le point entre décideurs de haut niveau et de trouver des solutions afin que l'ensemble des pays puissent conduire à terme leur processus de planification et de mise en œuvre des objectifs EPT dans les délais impartis par le Cadre d'action de Dakar. A cet effet, l'UNESCO-BREDA a produit un document intitulé : " Synthèse des progrès accomplis en Afrique dans la planification et la réalisation de l'Éducation pour tous ". Ce document est accessible sur le site de MINEDAF VIII.

Benoît Sossou
UNESCO-BREDA
b.sossou@unesco.org

Scolarisation primaire universelle - un objectif pour tous

En 2000, le forum de Dakar et la déclaration des Nations Unies dite " du Millénaire " ont reconduit pour 2015 l'objectif de Scolarisation Primaire Universelle (SPU) déjà proposé à la conférence de Jomtien en 1990. La communauté internationale s'est engagée à soutenir financièrement tous les pays présentant un plan crédible en faveur de l'éducation de base. Le défi de la SPU est considérable, puisque à l'heure actuelle, à peine plus d'un enfant africain sur deux achève six années de scolarisation. Or seules ces six années de scolarisation garantissent une alphabétisation irréversible à l'âge adulte. Numériquement, l'Afrique devra scolariser 180 millions d'enfants en 2015 contre à peine 100 millions à l'heure actuelle. De nombreux pays devront donc réaliser en 13 ans autant de progrès que lors des quatre derrières décennies. La gageure réside principalement dans la scolarisation des populations les plus difficiles à capter (filles, populations rurales et pauvres, orphelins…). Une attention particulière devra également être accordée à la qualité des services éducatifs offerts, afin que les enfants scolarisés atteignent un niveau de connaissances convenable.

Aucun lien de causalité systématique n'est avéré entre le montant des ressources financières mobilisées par un pays et ses performances en matière de système éducatif. Aussi, seule l'analyse empirique permet d'identifier les facteurs clés de réussite, à partir de l'observation des pays les plus performants. L'identification des configurations les plus efficientes a d'ailleurs permis de construire le cadre indicatif de la " procédure accélérée EPT 2015 " (Fast track en anglais), proposée par la Banque Mondiale, reprise par la plupart des partenaires financiers et validée à la dernière réunion du G8. Sous couvert du respect de ce cadre (ciblant des objectifs chiffrés en termes de mobilisation des ressources domestiques, de gains d'efficience et d'amélioration de la qualité), le besoin de financement extérieur pour les pays d'Afrique subsaharienne a été estimé à 2,1 milliards de dollars en moyenne par an jusqu'en 2015, qui devront s'ajouter aux 3,9 milliards mobilisables par les pays eux-mêmes.

La réalisation de l'objectif EPT dépendra également fortement des progrès réalisés en matière de gestion (stimulation de la demande, déconcentration des moyens et gestion pédagogique) afin d'améliorer la transformation des ressources en acquisitions scolaires et de faire face à l'important flux de nouveaux élèves dans le système. Un dispositif de suivi, axé sur les progrès réalisés aux niveaux global et local, permettra d'assurer un pilotage par les résultats et non plus uniquement par les moyens….

Cette problématique est développée dans une publication réalisée pour la huitième conférence des ministres Africains de l'éducation (MINEDAF VIII), devant se tenir à Dar-Es-Salaam (Tanzanie) du 2 au 6 décembre 2002, par Mathieu Brossard, Marie Dorleans et Nicolas Reuge, analystes en politique sectorielle de l'Education à l'UNESCO-BREDA, en collaboration avec l'Institut de Statistique de l'UNESCO et la Banque Mondiale.
Pour toute information complémentaire, veuillez les contacter à poledakar@yahoo.fr


L'Education pour tous en tant qu'instrument capital pour la lutte contre le SIDA

" L'éducation peut être une arme puissante - peut-être la plus puissante - pour combattre l'extension du VIH/SIDA " (Dakar World Education Forum Report)

Compte tenu du fait qu'il n'existe pas encore de remède du SIDA, que les espoirs de trouver un vaccin demeurent faibles et que le traitement reste d'un coût trop élevé, l'éducation est l'arme la plus puissante pour lutter contre la transmission du VIH. Il ressort des conclusions de la recherche que les populations mieux instruites bénéficient généralement d'un meilleur accès aux ressources susceptibles de les aider à mener une vie plus saine. L'association entre "l'éducation pour tous" et les objectifs de l'égalité entre les genres et l'éducation à la prévention du VIH, notamment les informations de santé reproductive et sexuelle, apparaît comme le moyen le plus efficace de mettre un terme à la propagation de l'épidémie.

Cette perspective ajoute une nouvelle dimension à la dynamique qui vise à réaliser l'Education pour Tous. "En veillant à ce que les besoins éducatifs de tous les jeunes et adultes soient satisfaits en assurant un accès équitable à des programmes adéquats ayant pour objet l'acquisition de connaissances ainsi que des compétences nécessaires dans la vie courante " (article 7 (iii), Le Cadre d'Action de Dakar) est, en réalité, un engagement à mettre en oeuvre un scénario qui réduira au minimum les risques de transmission du VIH/SIDA. C'est pourquoi les pays sont invités à prendre au sérieux l'engagement de la communauté internationale à instaurer l'éducation universelle en 2015.

Malheureusement, le VIH/SIDA porte des coups sévères au système éducatif. Les recherches montrent que le taux d'absentéisme des personnels scolaires a augmenté du fait des enseignants qui tombent malades ou qui s'absentent pour s'occuper de membres de leur famille malades, assister à des funérailles ou pleurer la mort de parents ou d'amis. Il semble également que l'on assiste à une progression du nombre des décès au sein de la communauté des enseignants et des personnels administratifs des établissements d'enseignement, notamment en Afrique subsaharienne. Par conséquent, la réaction du secteur éducatif au VIH/SIDA ne doit pas se limiter à la prévention de la transmission du VIH, elle doit aussi prendre en considération les soins et l'appui aux personnes infectées ou touchées et la protection du secteur de l'éducation. Etant donné que "Sans l'éducation, le SIDA va continuer à sa marche inexorable. Si le SIDA échappe à tout contrôle, alors l'éducation sera hors de portée". Comme le disait le Dr Peter Piot, directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), à l'occasion d'une réunion à Washington, avec les membres du Groupe de Travail inter organisations sur l'Education. M. Piot sera l'un des principaux orateurs de la session d'ouverture du MINEDAF VIII (3 décembre 2002).

La veille de l'ouverture du MINEDAF VIII, il sera convoqué sur le VIH/SIDA une réunion de haut niveau organisée par l'Institut international de Planification de l'Education (IIPE), chargé, depuis 2001, de mener la riposte de l'UNESCO contre le VIH/SIDA.

Lieke Berghauser Pont
UNESCO-BREDA
l.berghauser@unesco.org


Education des Filles et des Femmes dans l'Education pour tous

Les filles et les femmes adultes constituent le groupe le plus nombreux des populations exclues de l'éducation de base. Lors du bilan fait à Jomtien (Thaïlande) en 1990 sur l'état de l'éducation dans le Monde, l'Afrique subsaharienne détenait le deuxième rang mondial en matière d'écart entre les sexes dans l'éducation, après l'Asie du Sud. Depuis les initiatives et les efforts se sont multipliés. Un des objectifs fixés dans le cadre d'action de Dakar est d'éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire d'ici 2005 et d'instaurer l'égalité dans ce domaine d'ici 2015.

Identifié comme priorité dans l'agenda international dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, l'éducation des filles a également été inscrit parmi les Objectifs du Millénaire qui devraient être atteint d'ici 2015. La satisfaction des besoins éducatifs fondamentaux des filles et des femmes est une priorité pour des raisons aujourd'hui connues: sur le plan éthique (droits de la femme, responsabilisation, autonomisation), sur le plan social (bien être de la famille en matière de nutrition, santé et éducation des enfants), sur le plan culturel (respect et transmission des valeurs authentiques dans des sociétés en transition), sur le plan économique (amélioration de la productivité, accès à de nouvelles activités, génération de revenus) et sur le plan politique (participation à la vie civique, accès aux positions de responsabilités).

Dans les derniers dix ans nombreuses sont les initiatives qui ont été entamées en matière d'éducation des filles et des femmes en Afrique subsaharienne. Néanmoins, malgré les efforts et la multiplication des initiatives et de projets visant à améliorer la condition de l'éducation des filles, les discriminations persistent, les barrières principales tels que la pauvreté et les préjuges, souvent intériorisés, sur les capacités des femmes étant toujours là.

L'examen d'ensemble des programmes et projets d'alphabétisation des femmes dans la Région conduit en particulier aux observations suivantes : faiblesse de l'offre d'alphabétisation; faible correspondance entre l'offre et les besoins des publics cibles; programmes et projets se présentent souvent comme expérimentaux et pilotes; difficile conciliation entre les avantages de l'utilisation des langues nationales et le souhait d'accéder aux langues internationales ; faible proportion des femmes dans les fonctions d'animateurs formateurs; faible disponibilité d'opérateurs animateurs formés expérimentés; manque d'environnement lettré et faiblesse de la post-alphabétisation pour le maintien des acquis.

Ces insuffisances se résument en un constat : un faible impact quantitatif et qualitatif par rapport à l'importance du public cible des femmes et par rapport à leurs besoins d'éducation. Ce constat interpelle les stratégies de développement de l'éducation et oblige à cibler de manière spécifique la scolarisation des filles. L'Afrique sub-saharienne semble avancer moins vite qu'on s'y attendait. Des donnés graphiques fournies par la Banque Mondiale en matière d'égalité entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire et publiées à l'adresse suivante http://www.developmentgoals.org/Gender_Equality.htm laissent entrevoir un scénario en 2015 dans lequel un bon nombre de pays du continent africain n'aura pas atteint cet objectif.

Martina Simeti
UNESCO-BREDA
m.simeti@unesco.org


L'Analphabétisme en Afrique au cours de la décennie écoulée : Analyse

L'Afrique compte parmi les régions où de meilleurs résultats en matière d'alphabétisation ont été obtenus, ou du moins le pourcentage global d'analphabètes a reculé : 51,2% en 1990 à 40,2 en 2000. La progression de l'alphabétisation chez les femmes a été encourageante et suscite beaucoup d'espoir ces dernières années. Globalement, bien qu'elles représentent toujours une bonne partie des adultes analphabètes en Afrique, elles accèdent à l'éducation et à l'alphabétisation à un rythme plus soutenu que les hommes. En dix années le taux d'analphabétisme est passé de 61,8 à 49,2 chez les femmes alors que chez les hommes il a décru de 40,2 à 30,9 soit des écarts respectifs de 12,6 et 9,3%.

L'avancée de l'alphabétisation, encore plus importante chez les femmes, constitue un exploit qu'il faut souligner et encourager. Il est cependant encore trop tôt de crier victoire vue la lenteur des progrès et le niveau des obstacles qui reste à aplanir pour parvenir au but fixé par le Forum mondial sur l'éducation (Dakar, avril 2000) : réduire de moitié l'analphabétisme dans la population mondiale adulte d'ici 2015. Les dernières données statistiques de l'ISU illustrent aussi bien les disparités entre les pays qu'entre les sexes : d'une part les statistiques montrent qu'il existe un écart important de 20 points entre les deux sexes et d'autre part, qu'une majorité des pays sont encore à la trêve tandis que d'autres ont fortement évolué et ne sont plus loin du but. C'est le cas du Mali (74,4%) et du Niger (84%) où plus de 90% des femmes de 15 ans et + sont analphabètes contre l'île Maurice et le Zimbabwe qui sont respectivement à 15 et 11,3 % du taux d'analphabètes. Autre constat qui mérite d'être souligné est que, les pays anglophones ont de meilleurs taux par rapport aux pays francophones à l'instar des indicateurs de l'éducation formelle.

La différence de contextes sociaux, culturels et économiques dans ces pays explique les grandes disparités observées. D'autres éléments font que l'éducation non formelle a du mal à s'imposer, des éléments tels que : la pauvreté, l'idée que l'éducation ne rapporte pas assez vite, que l'éducation des filles ne sert à rien, les situations de crises prolongées, le manque de ressources, la pénurie de personnel le manque de matériel de lecture, les programmes parfois inadaptés.

Ces problèmes liés à l'alphabétisation seront au cœur des sujets à débattre au MINEDAF VIII en décembre 2002. En dépit de ces difficultés "il nous faut faire davantage mieux " disait le Directeur Général de l'UNESCO à l'occasion de la dernière journée de l'alphabétisation l'an 2002, car ces constats interpellent tous les acteurs et partenaires de l'Education pour tous, à plus d'engagement et à meilleurs plans et stratégies de développement d'alphabétisation.

Abdon Sofonnou
UNESCO-BREDA
s.abdon@unesco.org


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