Bulletin
EPT Afrique - novembre 2002

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Bienvenue sur le Bulletin électronique EPT Afrique du BREDA
SPECIAL MINEDAF VIII
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Chers
lecteurs,
C'est avec un très grand plaisir que je vous présente
le 7ème numéro du bulletin EPT. Il s'agit d'un numéro
spécial et thématique portant sur la 8ème Conférence
des Ministres de l'Education des Etats Membres d'Afrique (MINEDAF
VIII), qui se déroulera du 2 au 6 décembre, 2002,
à Dar-es-Salaam, Tanzanie.
Comme il a été mentionné dans le dernier numéro
du bulletin EPT: Cette conférence intervient après
les récents développements tels que la naissance de
l'Union Africaine et l'adoption du NEPAD, qui crée un nouveau
cadre pour l'éducation en Afrique. Par ailleurs, elle s'organise
deux ans après le Forum mondial sur l'éducation qui
s'est tenu à Dakar, et coïncide avec l'échéance
en 2002 du cadre d'action de Dakar pour la définition de
plans d'actions nationaux pour L'Education pour tous. MINEDAF VIII
devrait donc être un moment symbolique fort pour toutes les
parties prenantes à l'éducation pour tous, afin de
démontrer comment les engagements collectifs sont et seront
tenus.
Dans le bulletin, vous trouverez une introduction des thèmes
et des questions majeurs qui seront examinés lors du MINEDAF
VIII. Nous espérons que ce numéro vous sera d'une
grande utilité et vous fournira des informations préliminaires.
Nous vous invitons également à visiter le site Web
du MINEDAF VIII pour de plus amples informations: www.minedaf.org.
A. Parsuramen
Directeur, UNESCO-BREDA
a.parsuramen@unesco.org
Format
PDF
Sur
cette page
MINEDAF : leçons tirées des
précédentes rencontres, innovations et prospectives
L'élaboration progressive d'un cadre de référence
des politiques éducatives africaines, représente le
premier des acquis des conférences MINEDAF.
Il s'agit certainement de la plus ancienne des conférences
des Ministres africains de l'éducation. Conférence
intergouvernementale sur la politique et la coopération en
matière d'éducation en Afrique, la première
du genre s'est tenue à l'aube des indépendances des
pays africains le 25 mai 1961 à Addis Abeba. Elle avait adopté
un " aperçu d'un plan de développement de l'éducation
en Afrique qui servira de référence pendant près
de vingt ans.
De 1961 à 2002 en huit éditions, la Conférence
MINEDAF permet de faire le bilan de l'évolution de l'éducation
en Afrique, d'orienter les politiques éducatives vers de
nouveaux objectifs en rapport avec l'approfondissement de divers
aspects des problèmes d'éducation : défis permanents
tels les réformes et les innovations, l'élimination
de l'analphabétisme, l'éducation pour tous
L'élargissement du dialogue à tous les partenaires
de l'éducation peut être considéré comme
un acquis novateur des conférences MINEDAF.
Ce n'est certes pas un attribut exclusif, mais c'est la résultante
d'un changement de contexte dans la société. L'éducation
est un enjeu fondamental dans la sphère politique économique
et sociale. Il est naturel que le mouvement de démocratisation
politique et de libéralisation se saisisse de l'éducation.
Les nombreuses parties prenantes ont leur mot à dire, et
cela correspond aussi à un élargissement des concepts
d'éducation : éducation pour tous, éducation
tout au long de la vie. C'est ainsi que les ONG par exemple sont
attendues à MINEDAF à l'instar des partenaires institutionnels
des organisations intergouvernementales. L'élargissement
du dialogue est en définitive une conséquence d'une
réalité de l'action sur le terrain.
L'évolution vers des engagements et des responsabilités
de nature collective s'affirme comme la perspective des MINEDAF.
Tout comme MINEDAF I ouvrait la voie au développement, MINEDAF
VIII pourrait marquer l'entrée de l'Afrique, par l'éducation
dans le XXIème siècle, à travers la mise en
uvre des plans concrets élaborés par les pays
pour atteindre chacun en ce qui le concerne les objectifs internationaux
de développement du Millénaire. L'éducation
pour tous est l'un de ces objectifs, et certainement celui qui permet
d'atteindre tous les autres.
Aimé Damiba
UNESCO-BREDA
a.damiba@unesco.org
Questions clé du document de travail
principal de MINEDAF VIII
Selon
le cadre d'action de Dakar, l'Education pour tous : tenir nos engagements
collectifs, " le cur de l'activité de l'EPT se
situe au niveau national
Les pays établiront des plans
nationaux d'ensemble pour l'EPT d'ici 2002 au plus tard
"
MINEDAF
se tient à cette échéance près. Ainsi
le document de travail formule une série de questions que
les pays se sont posées, se posent ou se poseront à
la mise en uvre de cette recommandation en vue de relever
les défis de l'éducation pour tous en Afrique.
La
question globale et fondamentale est la suivante : comment les pays
d'Afrique placés à différents points de départ
par rapport aux objectifs d'éducation pour tous pourront-ils
individuellement et collectivement atteindre les objectifs d'éducation
pour tous en 2015 ? Si les pays ont effectivement élaboré
des plans d'ensemble EPT, ils se sont certainement posés
ce type de questions. L'échange de point de vue au cours
de MINEDAF VIII devrait être un sujet intéressant en
termes de partage d'expérience et de renforcement des axes
de coopération.
Aimé
Damiba
UNESCO-BREDA
a.damiba@unesco.org
Les
positions et contributions de la société civile et
organisations non gouvernemental à MINEDAF VIII - un prélude
Depuis le Forum Mondial sur l'éducation à Dakar,
2000, la société civile a vigoureusement poursuivi
son rôle de mandataire dans le soutien aux gouvernements pour
réaliser l'EPT. Là où ce rôle est reconnu
et une place nécessaire lui est donnée, la contribution
de la société civile dans la réalisation des
buts de l'EPT est cohérente. Quelques pays doivent encore
saisir pleinement l'opportunité que peut leur offrir un partenariat
avec la société civile, en la considérant non
comme une menace mais plutôt comme des partenaires de développement.
À Dakar, des engagements ont été pris qu'aucun
pays qui s'est engagé sérieusement dans la réalisation
de l'EPT ne serait contrecarré dans ses plans par manque
de ressources. Il faut encore attendre que cela se matérialise
puisque jusqu'à présent une aide financière
importante n'a pas été versée aux pays pour
les assister dans le développement de leurs plans. Les objectifs
fixés sont sans cesse renouvelés : d'abord, on demande
le développement de plans nationaux éducation crédibles,
et ensuite qu'ils soient liés aux Processus de Stratégie
de Réduction de la pauvreté (PSRP) ou aux approches
sectorielles, ou à telles ou telles autres conditionnalités.
Une évaluation préliminaire de l'état d'avancement
de l'EPT aujourd'hui, rédigée par les Organisations
de la Société Civile, indique que quantitativement
des progrès ont été accomplis et qu'il pourrait
être possible de réaliser la Scolarisation Universelle
Primaire d'ici 2015. Un grand nombre d'enfants exclus comme les
filles, les pauvres, les personnes ayant des besoins spéciaux,
et ceux dans des circonstances difficiles. La qualité continue
à être le défi majeur, cependant il est évident
que les apprenants ne maîtrisent pas les compétences
qui sont exigées pour les préparer pour la vie.
L'éducation
de qualité est non seulement une question d'inputs mais également
d'un développement total de l'enfant et inclut l'équité
et l'égalité de genre, la nutrition, la sécurité
et des considérations environnementales et des liens forts
avec l'école de la communauté. Les approches intégrées
d'éducation, aux niveaux interne et externe, qui lient la
santé et la nutrition à l'éducation contribueraient
considérablement à la réalisation de la qualité.
En
réclamant un rôle dans la réalisation des buts
d'EPT, la société civile en appelle à une participation
renforcée entre elle-même et le gouvernement dans les
processus d'exécution, de suivi et d'évaluation. MINEDAF
VIII offre de nouvelles opportunités pour construire ce partenariat
et nous attendons avec intérêt la formalisation des
processus à ce forum.
Les
organisations de la société civile prendront part
à la Conférence de MINEDAF VIII, seront représentés
dans les panels, seront engagés dans une séance spéciale
entre Ministres et ONGs, et ils ont rédigé un document
pour la Conférence, intitulé :Le défi lié
à la réalisation de l'objectif " Education pour
tous " en Afrique. Perspectives et positions de la société
civile définies pour MINEDAF VIII " (accessible sur
le site web de MINEDAF).
Adelaide
Sosseh-Gaye
Président du Réseau de Campagne EPT,Gambie
worldview@gamtel.gm
FAPED
: Les parlementaires s'engagent pour l'éducation
Les
parlementaires africains entendent s'impliquer davantage dans la
mobilisation pour l'éducation. Ils vont mettre sur pied un
réseau, le Forum Africain des Parlementaires pour l'Education,
FAPED, dont la conférence constitutive se tiendra du 27 novembre
au 2 décembre 2002, à Dar Es-Salaam, en Tanzanie,
juste avant le MINEDAF VIII.
Le
FAPED regroupera les 53 parlements d'Afrique et devrait permettre
aux parlementaires d'améliorer la perception des questions
d'éducation au sein des parlements. Cette évolution
devrait se traduire par l'augmentation des ressources budgétaires
allouées à l'éducation ; l'amélioration
de l'environnement juridique ; le renforcement du contrôle
du législatif sur l'exécutif ; le renforcement du
dialogue et de la coopération entre parlementaires africains
et entre l'élu et les mandants.
Les
parlements sénégalais et mauriciens sont les initiateurs
du FAPED. Ils ont ainsi répondu favorablement aux ministres
qui avaient exprimé, à l'occasion de MINEDAF VII,
leur engagement à impliquer d'autres acteurs, notamment les
parlementaires, dans leur action en faveur de l'éducation.
Un groupe de contact a été créé avec
le soutien des institutions telles que l'UNESCO, le PNUD, l'UNICEF,
le FNUAP, la BAD et la Banque Mondiale pour concrétiser l'idée.
Il s'est réuni à deux reprises, en janvier et en juin
2002, pour élaborer les documents institutionnels nécessaires
à la création du forum.
Outre
l'adoption des documents qui va donner naissance au plan institutionnel
au Forum, les parlementaires saisiront l'occasion pour mieux s'informer
sur les questions d'éducation. Ils réfléchiront
sur des sujets tels que l'engagement des parlementaires face aux
défis de l'éducation, l'état des lieux des
politiques de l'éducation en Afrique, le financement de l'éducation,
l'éducation et le NEPAD, et le plaidoyer du parlementaire.
La réunion des parlementaires sera également mise
à profit pour des échanges avec les ministres de l'éducation
nationale. Une table ronde entre parlementaires et ministres sera
organisée le dernier jour de la conférence, le 2 décembre
2002.
Madame
Mame Bousso Diack/SAMB
Membre du Groupe de Contact pour la création du FAPED
et député à l'Assemblée nationale du
Sénégal
Synthèse
des plans d'action Education pour tous
Au
lendemain du Forum mondial sur l'éducation, organisé
à Dakar en avril 2000, les pays africains se sont attelés
à l'élaboration de plans d'action nationaux d'Éducation
pour tous (PAN/EPT), avec l'appui du Bureau régional de l'UNESCO
pour l'éducation en Afrique (BREDA), des bureaux UNESCO Afrique,
des parrains de l'EPT, et des autres partenaires de l'EPT. L'objectif
était de parvenir à la formulation de plans crédibles
et réalisables, qui prennent en compte les six objectifs
définis dans le Cadre d'action de Dakar.
Pour
les pays africains, le mouvement EPT est à mettre en cohérence
avec le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique
(NEPAD), d'une part et, d'autre part avec la Déclaration
du Millénium. Dans ces deux cadres, en effet, l'éducation
représente une des priorités principales et l'objectif
majeur est de mobiliser des fonds nécessaires au développement
économique et social du continent africain.
Tout
au long du processus d'élaboration des plans nationaux, les
mécanismes de coordination et de concertation de l'EPT mis
en place, notamment les forums régionaux et sous-régionaux,
ont permis non seulement de procéder périodiquement
à la revue de l'état d'avancement, mais aussi de partager
les expériences et de tirer des leçons utiles à
la poursuite des activités de planification.
À l'expiration du délai fixé pour l'adoption
des PAN/EPT, tous les pays africains ne disposent pas encore de
tels plans. Beaucoup se situent aux dernières étapes.
Non pas que des efforts n'aient pas été fournis, mais
les pays ont été confrontés à des difficultés
insuffisamment prévues. En effet, les mesures adéquates
n'ont pas toujours été prises pour disposer à
temps de ressources humaines et financières suffisantes et
pour faire face à la complexité du processus.
La Conférence des Ministres de l'Education des pays membres
d'Afrique prévue à Dar-es -Salaam du 2 au 6 décembre
2002 sera l'occasion de faire le point entre décideurs de
haut niveau et de trouver des solutions afin que l'ensemble des
pays puissent conduire à terme leur processus de planification
et de mise en uvre des objectifs EPT dans les délais
impartis par le Cadre d'action de Dakar. A cet effet, l'UNESCO-BREDA
a produit un document intitulé : " Synthèse des
progrès accomplis en Afrique dans la planification et la
réalisation de l'Éducation pour tous ". Ce document
est accessible sur le site de MINEDAF VIII.
Benoît Sossou
UNESCO-BREDA
b.sossou@unesco.org
Scolarisation primaire universelle
- un objectif pour tous
En
2000, le forum de Dakar et la déclaration des Nations Unies
dite " du Millénaire " ont reconduit pour 2015
l'objectif de Scolarisation Primaire Universelle (SPU) déjà
proposé à la conférence de Jomtien en 1990.
La communauté internationale s'est engagée à
soutenir financièrement tous les pays présentant un
plan crédible en faveur de l'éducation de base. Le
défi de la SPU est considérable, puisque à
l'heure actuelle, à peine plus d'un enfant africain sur deux
achève six années de scolarisation. Or seules ces
six années de scolarisation garantissent une alphabétisation
irréversible à l'âge adulte. Numériquement,
l'Afrique devra scolariser 180 millions d'enfants en 2015 contre
à peine 100 millions à l'heure actuelle. De nombreux
pays devront donc réaliser en 13 ans autant de progrès
que lors des quatre derrières décennies. La gageure
réside principalement dans la scolarisation des populations
les plus difficiles à capter (filles, populations rurales
et pauvres, orphelins
). Une attention particulière
devra également être accordée à la qualité
des services éducatifs offerts, afin que les enfants scolarisés
atteignent un niveau de connaissances convenable.
Aucun
lien de causalité systématique n'est avéré
entre le montant des ressources financières mobilisées
par un pays et ses performances en matière de système
éducatif. Aussi, seule l'analyse empirique permet d'identifier
les facteurs clés de réussite, à partir de
l'observation des pays les plus performants. L'identification des
configurations les plus efficientes a d'ailleurs permis de construire
le cadre indicatif de la " procédure accélérée
EPT 2015 " (Fast track en anglais), proposée par la
Banque Mondiale, reprise par la plupart des partenaires financiers
et validée à la dernière réunion du
G8. Sous couvert du respect de ce cadre (ciblant des objectifs chiffrés
en termes de mobilisation des ressources domestiques, de gains d'efficience
et d'amélioration de la qualité), le besoin de financement
extérieur pour les pays d'Afrique subsaharienne a été
estimé à 2,1 milliards de dollars en moyenne par an
jusqu'en 2015, qui devront s'ajouter aux 3,9 milliards mobilisables
par les pays eux-mêmes.
La
réalisation de l'objectif EPT dépendra également
fortement des progrès réalisés en matière
de gestion (stimulation de la demande, déconcentration des
moyens et gestion pédagogique) afin d'améliorer la
transformation des ressources en acquisitions scolaires et de faire
face à l'important flux de nouveaux élèves
dans le système. Un dispositif de suivi, axé sur les
progrès réalisés aux niveaux global et local,
permettra d'assurer un pilotage par les résultats et non
plus uniquement par les moyens
.
Cette
problématique est développée dans une publication
réalisée pour la huitième conférence
des ministres Africains de l'éducation (MINEDAF VIII), devant
se tenir à Dar-Es-Salaam (Tanzanie) du 2 au 6 décembre
2002, par Mathieu Brossard, Marie Dorleans et Nicolas Reuge, analystes
en politique sectorielle de l'Education à l'UNESCO-BREDA,
en collaboration avec l'Institut de Statistique de l'UNESCO et la
Banque Mondiale.
Pour toute information complémentaire, veuillez les contacter
à poledakar@yahoo.fr
L'Education
pour tous en tant qu'instrument capital pour la lutte contre le
SIDA
"
L'éducation peut être une arme puissante - peut-être
la plus puissante - pour combattre l'extension du VIH/SIDA "
(Dakar World Education Forum Report)
Compte
tenu du fait qu'il n'existe pas encore de remède du SIDA,
que les espoirs de trouver un vaccin demeurent faibles et que le
traitement reste d'un coût trop élevé, l'éducation
est l'arme la plus puissante pour lutter contre la transmission
du VIH. Il ressort des conclusions de la recherche que les populations
mieux instruites bénéficient généralement
d'un meilleur accès aux ressources susceptibles de les aider
à mener une vie plus saine. L'association entre "l'éducation
pour tous" et les objectifs de l'égalité entre
les genres et l'éducation à la prévention du
VIH, notamment les informations de santé reproductive et
sexuelle, apparaît comme le moyen le plus efficace de mettre
un terme à la propagation de l'épidémie.
Cette
perspective ajoute une nouvelle dimension à la dynamique
qui vise à réaliser l'Education pour Tous. "En
veillant à ce que les besoins éducatifs de tous les
jeunes et adultes soient satisfaits en assurant un accès
équitable à des programmes adéquats ayant pour
objet l'acquisition de connaissances ainsi que des compétences
nécessaires dans la vie courante " (article 7 (iii),
Le Cadre d'Action de Dakar) est, en réalité, un engagement
à mettre en oeuvre un scénario qui réduira
au minimum les risques de transmission du VIH/SIDA. C'est pourquoi
les pays sont invités à prendre au sérieux
l'engagement de la communauté internationale à instaurer
l'éducation universelle en 2015.
Malheureusement,
le VIH/SIDA porte des coups sévères au système
éducatif. Les recherches montrent que le taux d'absentéisme
des personnels scolaires a augmenté du fait des enseignants
qui tombent malades ou qui s'absentent pour s'occuper de membres
de leur famille malades, assister à des funérailles
ou pleurer la mort de parents ou d'amis. Il semble également
que l'on assiste à une progression du nombre des décès
au sein de la communauté des enseignants et des personnels
administratifs des établissements d'enseignement, notamment
en Afrique subsaharienne. Par conséquent, la réaction
du secteur éducatif au VIH/SIDA ne doit pas se limiter à
la prévention de la transmission du VIH, elle doit aussi
prendre en considération les soins et l'appui aux personnes
infectées ou touchées et la protection du secteur
de l'éducation. Etant donné que "Sans l'éducation,
le SIDA va continuer à sa marche inexorable. Si le SIDA échappe
à tout contrôle, alors l'éducation sera hors
de portée". Comme le disait le Dr Peter Piot, directeur
exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA
(ONUSIDA), à l'occasion d'une réunion à Washington,
avec les membres du Groupe de Travail inter organisations sur l'Education.
M. Piot sera l'un des principaux orateurs de la session d'ouverture
du MINEDAF VIII (3 décembre 2002).
La
veille de l'ouverture du MINEDAF VIII, il sera convoqué sur
le VIH/SIDA une réunion de haut niveau organisée par
l'Institut international de Planification de l'Education (IIPE),
chargé, depuis 2001, de mener la riposte de l'UNESCO contre
le VIH/SIDA.
Lieke
Berghauser Pont
UNESCO-BREDA
l.berghauser@unesco.org
Education
des Filles et des Femmes dans l'Education pour tous
Les
filles et les femmes adultes constituent le groupe le plus nombreux
des populations exclues de l'éducation de base. Lors du bilan
fait à Jomtien (Thaïlande) en 1990 sur l'état
de l'éducation dans le Monde, l'Afrique subsaharienne détenait
le deuxième rang mondial en matière d'écart
entre les sexes dans l'éducation, après l'Asie du
Sud. Depuis les initiatives et les efforts se sont multipliés.
Un des objectifs fixés dans le cadre d'action de Dakar est
d'éliminer les disparités entre les sexes dans l'enseignement
primaire et secondaire d'ici 2005 et d'instaurer l'égalité
dans ce domaine d'ici 2015.
Identifié
comme priorité dans l'agenda international dans le cadre
de la lutte contre la pauvreté, l'éducation des filles
a également été inscrit parmi les Objectifs
du Millénaire qui devraient être atteint d'ici 2015.
La satisfaction des besoins éducatifs fondamentaux des filles
et des femmes est une priorité pour des raisons aujourd'hui
connues: sur le plan éthique (droits de la femme, responsabilisation,
autonomisation), sur le plan social (bien être de la famille
en matière de nutrition, santé et éducation
des enfants), sur le plan culturel (respect et transmission des
valeurs authentiques dans des sociétés en transition),
sur le plan économique (amélioration de la productivité,
accès à de nouvelles activités, génération
de revenus) et sur le plan politique (participation à la
vie civique, accès aux positions de responsabilités).
Dans
les derniers dix ans nombreuses sont les initiatives qui ont été
entamées en matière d'éducation des filles
et des femmes en Afrique subsaharienne. Néanmoins, malgré
les efforts et la multiplication des initiatives et de projets visant
à améliorer la condition de l'éducation des
filles, les discriminations persistent, les barrières principales
tels que la pauvreté et les préjuges, souvent intériorisés,
sur les capacités des femmes étant toujours là.
L'examen
d'ensemble des programmes et projets d'alphabétisation des
femmes dans la Région conduit en particulier aux observations
suivantes : faiblesse de l'offre d'alphabétisation; faible
correspondance entre l'offre et les besoins des publics cibles;
programmes et projets se présentent souvent comme expérimentaux
et pilotes; difficile conciliation entre les avantages de l'utilisation
des langues nationales et le souhait d'accéder aux langues
internationales ; faible proportion des femmes dans les fonctions
d'animateurs formateurs; faible disponibilité d'opérateurs
animateurs formés expérimentés; manque d'environnement
lettré et faiblesse de la post-alphabétisation pour
le maintien des acquis.
Ces
insuffisances se résument en un constat : un faible impact
quantitatif et qualitatif par rapport à l'importance du public
cible des femmes et par rapport à leurs besoins d'éducation.
Ce constat interpelle les stratégies de développement
de l'éducation et oblige à cibler de manière
spécifique la scolarisation des filles. L'Afrique sub-saharienne
semble avancer moins vite qu'on s'y attendait. Des donnés
graphiques fournies par la Banque Mondiale en matière d'égalité
entre les sexes dans l'enseignement primaire et secondaire et publiées
à l'adresse suivante http://www.developmentgoals.org/Gender_Equality.htm
laissent entrevoir un scénario en 2015 dans lequel un bon
nombre de pays du continent africain n'aura pas atteint cet objectif.
Martina Simeti
UNESCO-BREDA
m.simeti@unesco.org
L'Analphabétisme en Afrique au cours
de la décennie écoulée : Analyse
L'Afrique
compte parmi les régions où de meilleurs résultats
en matière d'alphabétisation ont été
obtenus, ou du moins le pourcentage global d'analphabètes
a reculé : 51,2% en 1990 à 40,2 en 2000. La progression
de l'alphabétisation chez les femmes a été
encourageante et suscite beaucoup d'espoir ces dernières
années. Globalement, bien qu'elles représentent toujours
une bonne partie des adultes analphabètes en Afrique, elles
accèdent à l'éducation et à l'alphabétisation
à un rythme plus soutenu que les hommes. En dix années
le taux d'analphabétisme est passé de 61,8 à
49,2 chez les femmes alors que chez les hommes il a décru
de 40,2 à 30,9 soit des écarts respectifs de 12,6
et 9,3%.
L'avancée
de l'alphabétisation, encore plus importante chez les femmes,
constitue un exploit qu'il faut souligner et encourager. Il est
cependant encore trop tôt de crier victoire vue la lenteur
des progrès et le niveau des obstacles qui reste à
aplanir pour parvenir au but fixé par le Forum mondial sur
l'éducation (Dakar, avril 2000) : réduire de moitié
l'analphabétisme dans la population mondiale adulte d'ici
2015. Les dernières données statistiques de l'ISU
illustrent aussi bien les disparités entre les pays qu'entre
les sexes : d'une part les statistiques montrent qu'il existe un
écart important de 20 points entre les deux sexes et d'autre
part, qu'une majorité des pays sont encore à la trêve
tandis que d'autres ont fortement évolué et ne sont
plus loin du but. C'est le cas du Mali (74,4%) et du Niger (84%)
où plus de 90% des femmes de 15 ans et + sont analphabètes
contre l'île Maurice et le Zimbabwe qui sont respectivement
à 15 et 11,3 % du taux d'analphabètes. Autre constat
qui mérite d'être souligné est que, les pays
anglophones ont de meilleurs taux par rapport aux pays francophones
à l'instar des indicateurs de l'éducation formelle.
La
différence de contextes sociaux, culturels et économiques
dans ces pays explique les grandes disparités observées.
D'autres éléments font que l'éducation non
formelle a du mal à s'imposer, des éléments
tels que : la pauvreté, l'idée que l'éducation
ne rapporte pas assez vite, que l'éducation des filles ne
sert à rien, les situations de crises prolongées,
le manque de ressources, la pénurie de personnel le manque
de matériel de lecture, les programmes parfois inadaptés.
Ces
problèmes liés à l'alphabétisation seront
au cur des sujets à débattre au MINEDAF VIII
en décembre 2002. En dépit de ces difficultés
"il nous faut faire davantage mieux " disait le Directeur
Général de l'UNESCO à l'occasion de la dernière
journée de l'alphabétisation l'an 2002, car ces constats
interpellent tous les acteurs et partenaires de l'Education pour
tous, à plus d'engagement et à meilleurs plans et
stratégies de développement d'alphabétisation.
Abdon
Sofonnou
UNESCO-BREDA
s.abdon@unesco.org
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