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EDUCATION
POUR TOUS
Deuxième anniversaire du forum de Dakar
QUEL BILAN D'ETAPE ?
Allocution de M. Armoogum PARSURAMEN,
Directeur du BREDA au
Symposium sur le thème " Quelles stratégies
pour atteindre les objectifs de l'Education Pour Tous "
Monsieur
le Ministre de l'Education nationale,
Monsieur le Secrétaire général de la Commission
nationale pour l'UNESCO,
Chers collègues Représentants des agences du Système
des Nations Unies,
Messieurs les Représentants des Organisations internationales,
Mesdames, Messieurs les représentants des organisations gouvernementales
et non gouvernementales,
Mesdames et Messieurs les Représentants des syndicats d'enseignants,
Mesdames, Messieurs de la Presse,
Mesdames, Messieurs,
Il
m'est un agréable devoir de prendre la parole au nom du Directeur
Général de l'UNESCO, Monsieur Koichiro MATSUURA, à
l'occasion de la célébration du second anniversaire
du Forum de Dakar. Depuis le 22 avril, diverses activités
commémoratives ont lieu un peu partout dans le monde: une
conférence de presse avec les parlementaires, des pages de
journaux consacrés à l'EPT et des débats télévisés
au Kenya et au Mozambique; au Cameroun, un forum sous-régional
visant à accélérer le processus d'élaboration
des plans d'action en Afrique centrale et de l'Est; au niveau international,
un concours de dessin. Ici, le présent symposium prolonge
nos échanges avec la presse sur les activités de suivi
du Forum et portera sur le thème " Quelles stratégies
pour atteindre les objectifs d'Education Pour Tous ". Comme
ailleurs, l'objectif général est de rappeler nos engagements
collectifs et donner un nouveau souffle à la dynamique générée
à Dakar. Je signale que le Sénégal fait partie
des pays dont la constitution comporte un volet Education. Ceci
constitue un signe d'engagement réel.
Excellence
Monsieur le Ministre,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Je
voudrais tout d'abord rendre hommage aux autorités sénégalaises
pour avoir abrité le Forum et lancé le plan national
EPT dès le premier anniversaire. Leur implication dans le
Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD)
émanant des Chefs d'Etat africains, dont le Président
Wade, illustre l'engagement du Sénégal à uvrer
pour le développement de l'éducation sur le plan continental.
Je me réjouis que cette initiative qui met notamment l'accent
sur l'EPT acquière, chaque jour davantage, l'adhésion
des experts et séduit les investisseurs privés d'ici
et d'ailleurs.
Excellence
Monsieur le Ministre,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Selon
diverses sources y compris le communiqué conjoint des Parrains
EPT (UNESCO, UNICEF, Banque mondiale, PNUD et FNUAP) à l'occasion
de ce 2e anniversaire du Forum, 113 millions d'enfants en âge
d'aller au primaire, dont environ 60 % sont des filles, ne vont
toujours pas à l'école; 24 millions de ceux qui y
accèdent ne terminent pas les 5 premières années;
850 millions d'adultes en majorité des femmes sont analphabètes.
En
Afrique sub-saharienne, environ 38 millions d'enfants n'ont toujours
pas accès à l'école. Le taux de redoublement
est de 17 %. De plus, on dénombre environ 13 millions d'orphelins
du SIDA. Pour ces enfants, les chances d'aller un jour à
l'école sont très minimes. L'épidémie
tue, dans certains des pays de la région, plus d'enseignants
qu'on ne peut en recruter. Les dépenses totales d'éducation
se situent entre 1 % du PIB en Sierra Leone et plus de 10 % au Zimbabwe
(10,1 %) et 13,2 % au Lesotho.
A moins que des mesures radicales ne soient prises, 88 pays en voie
de développement risquent de ne pas pouvoir offrir 5 années
d'éducation à tous leurs enfants à mi-parcours
de l'actuelle décennie.
En Afrique c'est 22 pays, soit environ la moitié des pays,
qui risquent de se retrouver dans cette situation. Il est fort possible
qu'en 2015, plus de 30 % des enfants n'aient pas fréquenté
l'école primaire ou ne sachent ni lire ni écrire.
La situation est extrêmement préoccupante mais certainement
pas désespérée. Les progrès réalisés
au cours des dix dernières années dans certains pays
comme l'Eritrée, la Gambie et le Malawi nous encouragent
et nous confortent dans la conviction que la réussite du
pari de 2015 est encore à notre portée. De même,
les engagements forts enregistrés pour nombre de pays. A
Bamako, par exemple, les Chefs d'Etat des six pays parmi les moins
scolarisés y compris le Sénégal ont pris l'engagement
d'accroître d'au moins 4 % la part du PIB consacrée
à l'éducation d'ici 2015, d'accorder au moins 50 %
du budget de l'éducation au développement de l'éducation
de base et d'entreprendre des réformes pour une redéfinition
des priorités et un partage des responsabilités dans
le cadre d'une gestion décentralisée renforçant
l'autonomie des écoles.
Afin de renverser la tendance en matière d'accès et
de qualité et combler le fossé entre les genres, des
efforts supplémentaires s'imposent. L'UNESCO poursuivra la
mission qui lui a été confiée, celle de coordonner
le suivi du Cadre d'action de Dakar. Je signale que le document
de stratégie internationale de mise en uvre de ce Cadre
d'action vient d'être rendu public par le Directeur Général
de l'UNESCO, à l'occasion de ce second anniversaire.
Avec à ses côtés l'ensemble de la Communauté
éducative, l'UNESCO continuera d'accompagner les pays à
travers les axes d'action suivants:
- Susciter
et renforcer l'engagement en faveur de l'EPT
- Forger
et renforcer les partenariats en faveur de l'EPT
- Mobiliser
les ressources pour l'éducation de base.
Comme
nous en avons convenu en avril 2000, notre premier pas vers la réalisation
des objectifs EPT de 2015 consiste en l'élaboration des plans
nationaux EPT. A l'heure actuelle, seuls le Cameroun et le Sénégal
disposent d'un plan et les autres pays sont en phase finale du travail.
Afin d'accélérer le processus, des forums régionaux
et sous-régionaux dont le dernier est prévu à
Maputo au mois de mai ont été organisés. Je
suis confiant que, lors de la Conférence des Ministres africains
de l'éducation (MINEDAF VIII) qui se tiendra à Maurice
du 2 au 6 décembre 2002, nous serons à même
de présenter l'ensemble des plans à la Communauté
internationale et de solliciter l'appui nécessaire à
leur mise en uvre.
Je
me félicite que le partenariat, clé pour réaliser
l'EPT, s'élargit de jour en jour. En effet, sur le plan régional,
outre l'accord qui lie les Parrains EPT (UNICEF, la Banque mondiale,
le PNUD, le FNUAP), d'autres accords ont été signés
qui rallient de manière formelle un certain nombre d'institutions
au mouvement EPT en Afrique. L'accord avec l'Agence Intergouvernementale
de la Francophonie du 30 mars à Chantilly qui concerne 20
pays francophones d'Afrique. La conclusion d'un accord de même
type avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est imminente.
En
matière de financement, l'UNESCO et la Banque mondiale évaluent
entre 13 à 15 milliards de dollars annuels les fonds nécessaires
pour l'atteinte des objectifs de 2015. La Communauté internationale,
afin d'assurer que les efforts des pays disposant " de plans
crédibles ne soient contrariés par le manque de ressources
", intensifie son plaidoyer en faveur de l'accroissement de
l'aide aux pays pauvres. De vastes campagnes sont menées,
des programmes conçus. Le projet lancé dimanche dernier
par la Banque mondiale et Oxfam mérite d'être mentionné
comme une initiative majeure et un bel exemple de partenariat avec
une ONG. Estimé entre 2,5 et 5 milliards de dollars supplémentaires,
le programme vise à mettre à l'école 125 millions
d'enfants dans 47 pays en voie de développement. La Banque
mondiale entend retenir d'ici juin dix pays prioritaires dont l'exemple
servira pour les autres. Ces pays devront présenter leur
propositions de développement de leur système éducatif
ainsi que leurs besoins de financement. Les pays riches sont appelés
à honorer leur part du contrat éducatif mondial en
se rangeant massivement et rapidement derrière le programme.
Le sommet du G8 prévu au Canada en fin juin nous donnera
la mesure de l'engagement réel des plus nantis. Le Groupe
de Haut niveau sur l'EPT qui se réunira à Abuja en
novembre 2002 sera une nouvelle occasion de faire le point. Il définira
aussi les actions à prendre pour aller de l'avant.
Excellence
Monsieur le Ministre,
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
Priver
des millions d'enfants d'un minimum d'éducation aurait des
conséquences désastreuses non seulement sur leurs
propres pays mais sur l'Humanité toute entière pour
les générations à venir. C'est pourquoi, j'exhorte
les gouvernements africains à multiplier leurs efforts. J'invite
les journalistes, les parlementaires à intensifier leur plaidoyer.
Je lance un appel pressant aux bailleurs de fonds, aux ONG, à
la société civile, au secteur privé, aux milieux
d'affaires afin qu'ils mettent davantage leurs potentialités
au service de l'éducation. J'appelle aussi toutes les femmes
et les hommes épris de paix, de justice et des principes
de droit de l'homme pour qu'ils se joignent, dès maintenant,
chacun selon ses possibilités, au mouvement EPT en Afrique
car l'Education Pour Tous doit être l'affaire de tous.
En
ce jour anniversaire du Forum, je tiens à rendre hommage
aux enseignants qui, malgré les conditions parfois difficiles
dans lesquels ils évoluent, continuent leur lutte acharnée
contre l'ignorance et l'analphabétisme.
Si
nous réussissons ce ralliement massif, dont je parlais tantôt,
je suis convaincu que nous pourrons aussi vaincre la pauvreté,
le virus du Sida, les conflits de toute nature qui tendent à
réduire à néant les progrès réalisés
en Afrique au cours de la dernière décennie, renverser
définitivement la tendance et réaliser l'EPT.
Dans
son livre Un destin pour l'Afrique, le Président Wade, parlant
du développement global de l'Afrique s'exprimait en ces termes,
je cite "Si la tâche est immense, elle est possible,
comme d'autres nous en ont donné l'exemple, et l'Afrique
en a la capacité potentielle. Il nous suffit seulement d'en
avoir la volonté politique, de faire les choix qui conviennent
et de nous y engager." fin de citation. Ces paroles devraient
nous inspirer en ce qui concerne l'Education Pour Tous.
Je
vous remercie pour votre aimable attention.
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