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Semaine
de l'Education pour Tous
6 - 13 avril 2003
Tous pour l'éducation
des filles !
Discours
de Monsieur Armoogum Parsuramen, Directeur du BREDA
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Chers
Amis, chers partenaires, chers collègues,
C'est avec le plus grand plaisir que je prends aujourd'hui la parole
pour ouvrir la Semaine mondiale d'action de l'EPT qui cette année
se déroulera du 6 au 13 avril. Comme chaque année,
la semaine de l'EPT est l'occasion de rappeler les engagements pris
en l'An 2000 par le Forum mondial de Dakar et de mener une large
sensibilisation aux objectifs de l'EPT.
Cette année, la semaine est axée autour du thème
: la parité filles/garçons dans l'enseignement primaire
et secondaire. Il s'agit là de la première des échéances
fixées par le Forum de Dakar. Parmi les six objectifs du
cadre d'Action de Dakar, cet objectif qui en est le cinquième
doit être atteint en 2005.
Malheureusement, pour nombre de pays, nous sommes encore très
loin de la parité, c'est à dire que dans les classes
il y a encore beaucoup plus de garçons que de filles. Depuis
la Conférence Mondiale sur l'éducation pour tous à
Jomtien en 1990 des efforts ont été faits et des résultats
atteints, mais le chemin qui reste pour arriver à la parité
des sexes en éducation est encore très long. Bien
que l'éducation soit un droit universel, les filles et les
femmes sont loin d'avoir le même statut. Sur environ 110 millions
d'enfants non scolarisés dans le monde, deux sur trois sont
des filles et sur les 875 millions d'adultes analphabètes
les deux tiers sont des femmes. Les pays du Sahel font partie des
pays qui ont les pires indicateurs de parité dans le monde.
En Guinée Bissau (67%), au Niger (69%) et au Burkina (70%).soit
respectivement 67, 69 , 70 filles qui vont à l'école
pour 100 garçons.
Pourtant, les facteurs qui empêchent les filles d'aller à
l'école et maintiennent les femmes dans l'analphabétisme
sont désormais connus. C'est pourquoi il est essentiel de
ne jamais cesser de les rappeler et de le faire à haute voix.
C'est à cela que cette semaine de célébration
doit surtout servir.
Parmi les causes principales, la plus déterminante est la
pauvreté elle-même. Les sommes dérisoires allouées
aux dépenses publiques d'éducation font que dans de
nombreux pays, il n'y a pas assez d'écoles pour garantir
une éducation gratuite et de bonne qualité.
Les attitudes sociales et les stéréotypes culturels
contribuent également et d'une manière importante,
à empêcher les filles d'aller à l'école.
Les femmes étant traditionnellement confinées au mariage
et à la procréation.
Dans une page du livre " Une chambre à soi ", Virgina
Woolf aborde la question du rapport entre femme et littérature
en identifiant les éléments véritablement indispensables
permettant à une femme de mener un travail intellectuel.
Il s'agit d'un revenu suffisant pour garantir un logement, de la
nourriture, des vêtements, et d'Une chambre à soi dans
laquelle pourvoir s'enfermer et se concentrer, loin des taches ménagères
et familiales.
A l'heure actuelle combien de jeunes filles doivent quotidiennement
faire face aux tâches ménagères qui les empêchent
de bien répondre aux obligations scolaires ? Combien doivent
quitter l'école à la suite d'une grossesse non désirée,
mais dont elles payent les conséquences comme si elles en
étaient les uniques responsables ? Combien de filles très
douées et avec des talents extraordinaires sont empêchées
d'aller à l'école par leurs parents-mêmes qui
privilégient l'éducation des garçons ? Ce sont
de telles attitudes qu'il faut combattre pour que les filles et
les femmes puissent véritablement jouir du droit à
l'éducation qui, il faut le rappeler, est un droit universel.
La célébration de la semaine de l'EPT prévoit
une série d'activités qui vont se dérouler
autour du thème de l'éducation des filles tout au
long de la semaine du 6 au 13 avril, avec la participation de nombreuses
personnalités. Ce programme d'activité est le résultat
d'un travail commun mené par une large coalition d'organisations
: la Campagne Mondiale pour l'Education, l'UNICEF, ENDA, PLAN, ANCEFA,
OXFAM, la Coalition Nationale pour l'EPT, la FAWE Sénégal,
le CONGAD, la FAFS, la Table de Concertation de l'Ecole de Base
et le Ministère de l'Education nationale du Sénégal
et l'UNESCO. Je tiens sincèrement à vous féliciter
tous pour ce grand travail de sensibilisation en faveur de la parité,
mais aussi pour avoir travaillé de manière à
faire de cette semaine un symbole du partenariat pour une même
cause : pour que nous oeuvrons TOUS ENSEMBLE POUR L'EDUCATION DES
FILLES !
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