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EMPLOYABILITÉ > Voie formelle

Artisanat


"L'Artisanat est en fait l'un des principaux secteurs pourvoyeurs d'emplois et de revenus pour des milliers de mébages sénégalais. Pour cette raison, il mérite une attention particulière du gouvernement".

Me Abdoulaye Wade, Président de la République

Ministère de l'Artisanat et de l'Industrie
Moctar Diakhaté
Directeur de l'Artisanat
10, rue de Thann
Immeuble ex B.S.K
Dakar - Sénégal
Tél : (221) 832.89.93
Fax : (221) 823.89.94

LE CADRE DE LA FORMATION POUR L'ARTISANAT :
LE SYSTEME D'APPRENTISSAGE TRADITIONNEL

Historiquement, l'apprentissage traditionnel a toujours constitué un cadre privilégié d'acquisition d'un métier en Afrique. C'est une école de formation sur le tas à la vie active qui permet notamment aux jeunes d'entrer en contact avec les conditions réelles du travail et de la profession. Il s'y ajoute que l'apprentissage n'est pas seulement perçu comme un "système d'acquisition de connaissances, mais, comme un moyen de remplacement par l'héritage ses parents dans la longue chaîne de perpétuation d'une division du travail aux relents sociologiques toujours vivaces".

Aujourd'hui la base du système d'apprentissage s'est considérablement élargie à tous ces jeunes déscolarisés ou non scolarisés.

"L'entrée en apprentissage se fait le plus souvent par accord verbal entre les artisans et les parents de l'apprenti". "Certaines études soulignent que près de 95% des apprentis sont recrutés en fonction des liens de parenté ou d'amitié de la famille". "La formation se déroule dans des ateliers de type artisanal et est fondée sur l'observation et l'imitation".

L'apprentissage traditionnel est devenu une source massive et irremplaçable d'acquisition de qualifications avec une capacité et une productivité 10 à 20 fois supérieures au système formel de formation professionnelle. Selon certains auteurs, il permet d'accéder à un éventail de métiers très diversifié et très large.

Dans plusieurs pays, les autorités ont pris conscience de l'importance du système d'apprentissage traditionnel et ont établi des plans de valorisation et de certification.

Pour en savoir plus voir l'étude du programme cadre II du PNUD-SEN/92/016 de juillet 97

L'artisanat sénégalais

L'artisanat sénégalais qui plonge ses racines dans l'histoire de notre pays est composante importante de notre culture et un levier puissant de notre économie. Déjà, en 1963, l'office sénégalais de l'artisanat (OSA) assumait la promotion du secteur.

La création des Chambres de Métiers et de l'Union Nationale des Chambres de Métiers en 1977 attributions de la SOSEPRA ainsi que l'institution, en 1978 d'une Direction de l'Artisanat, chargée de veiller à la mise en oeuvre de la politique définie par l'Etat dans le domaine de l'artisanat, constituent les étapes les plus importantes de l'auto- organisation et de l'encadrement des entreprises du secteur de l'artisanat par les pouvoirs publics.

I - La mission de la direction de l'Artisanat

la Direction de l'Artisanat est chargée de mettre en oeuvre sous l'autorité du Ministre chargé de l'Artisanat, la politique en matière d'encadrement et de promotion de l'artisanat définie par le Chef de l'État en s'appuyant sur les Chambres de Métiers et l'Union Nationale des Chambres de Métiers. A ce titre, elle

  • exerce la tutelle sur les Chambres de Métiers ;

  • assure la promotion locale et internationale des produits artisanaux par un encadrement approprié ;

  • prônent l'auto- organisation du secteur ;

  • contribue à l'élévation du niveau de qualification technique et professionnelle des artisans ;

  • assure la mise en place d'un système de crédit adapté au secteur de l'artisanat ;

  • participe à la détermination des orientations générales de la politique de formation professionnelle ;

  • prépare et applique la législation et la réglementation spécifiques aux activités artisanales ;

  • propose et applique toute politique favorisant l'évolution de la micro- entreprise artisanale vers la petite et la moyenne entreprise ;

  • prépare les programmes d'étude à réaliser et exploite les données socio-économiques sur le secteur.

Il -Les fonctions du secteur de l'artisanat :

  • assurer des emplois ;

  • fournir des biens et services ;

  • dispenser la formation aux jeunes;

  • contribuer à fixer les populations en milieu rural ;

  • fabriquer et maintenir l'équipement agricole et de transformation de produits alimentaires ;

  • contribuer au développement touristique et culturel ;

  • se positionner comme pépinière de la petite et moyenne entreprise.

Malgré son importance numérique et ses fonctions, le secteur de l'artisanat connaît un certain nombre de
contraintes :

  • la faiblesse de l'organisation dans le secteur ;

  • la faiblesse de la qualification professionnelle ;

  • les difficultés d'accès au crédit ;

  • le problème des débouchés.

III -La stratégie de développement du secteur

Cette stratégie se traduit par un certain nombre d'objectifs. La politique de promotion et de développement du secteur appliquée ces dernières années a pour objectif essentiel de faire de l'artisanat sénégalais un secteur porteur de croissance en améliorant l'efficacité et la compétitivité de l'entreprise artisanale. Dans ce cadre, le Département en charge du secteur se fixe pour objectifs :

  • de renforcer le niveau d'organisation du secteur ;

  • d'élever le niveau de qualification professionnelle des artisans ;

  • d'élargir les débouchés des produits artisanaux ;

  • de mettre en place un système de crédit suffisant et adapté au secteur de l'Artisanat.

 


SOMMAIRE

A qui ce document est-il destiné - p 1
Comment utiliser ce document ? - p 3

INTRODUCTION - p 5

Section A - FORMATION DANS LE SECTEUR ARTISANAL : BIlAN ET PERSPECTIVES PAR FIlIÈRE - p 15
Chapitre1 : La filière Textile et Cuir - p 17
Chapitre 2 : La filière Bâtiment - p 33
Chapitre3 : La filière Métal mécanique - p 51
Chapitre 4 : La filière Transformation alimentaire - p 71



Section B - FORMATION DANS LE SECTEUR ARTISANAL : BIlAN ET PERSPECTIVES PAR COMPOSANTE TRANSVERSALE - p 91
Chapitre 1 : Les contenus de formation - p 93
A/ Alphabétisation - p 93
B/ Formation à la gestion - p 95
C/ Information sur l'environnement de l'entreprise - p 102
D/ Accompagnement du crédit - p 108
Chapitre 2 : L'apprentissage - p 117
Chapitre 3 : L'ingénierie de la formation - p 135
Chapitre 4 : Nature, rôles et fonctions des organisations professionnelles - p 147

Section C - PROPOSITIONS DE STRATÉGIES POUR UN SYSTÈME INTÉGRÉ DE FORMATION - p 165
Volet 1 : Cadre institutionnel - p 169
Volet 2 : Schéma de filières et de programmes - p 177
Volet 3 : Mise en ceuvre des formations - p 185
Volet 4 : Financement des formations - p 191
Volet 5 : Intégration des appuis - p 195

Sigles et Acronymes - p 201

Avant-propos

Le présent document s'inscrit dans les activités de l'Équipe consultative multidisciplinaire de l'OlT pour I'Afrique Sahélienne (EMAS), visant à promouvoir un artisanat compétitif en Afrique de l'Ouest .

Dans le contexte de la mondialisation des économies et de l'intégration régionale, le renforcement de la productivité et de la compétitivité des entreprises artisanales constitue un facteur prioritaire de développement.

Les activités de l'Équipe dans ce domaine concernent, en particulier, l'information sur la dynamique des systèmes de production en milieu urbain et rural, l'organisation du secteur, la mise en valeur des ressources humaines, l'accès aux technologies, aux marchés et au crédit, l'amélioration des conditions de travail et de la protection sociale des travailleurs.

Ce document est la synthèse d'une recherche orientée vers l'action et menée, entre juillet 1995 et février 1996, dans l'ensemble des régions du Sénégal, par une équipe de consultants, en concertation avec les acteurs et les partenaires publics et privés du secteur artisanal.

Sous la responsabilité technique de I'EMAS et en collaboration avec le PNUD, cet exercice a été réalisé en deux étapes. Une première mission a identifié les créneaux porteurs de croissance dans le secteur artisanal sénégalais. Une seconde a analysé les besoins et demandes de formation identifiés dans ces créneaux et les offres émanant des diverses structures de formation publiques et privées.

Une réunion de restitution, tenue le 4 décembre 1996, à Dakar, a permis d'achever la rédaction du rapport final, sur la base des contributions notamment de la Direction de l'artisanat, partenaire du BIT pendant toute la durée de l'étude. Ce rapport a été actualisé en 1997 en vue de sa publication.

Le présent document constitue donc la synthèse des propositions et des recommandations des études sectorielles et fait le point sur les offres et les besoins de formation dans le secteur. L'approche est centrée sur l'analyse des quatre filières considérées comme les plus porteuses au Sénégal : textile et cuir, bâtiment, métal/mécanique et transformation alimentaire. La formation est également abordée sous l'angle de différentes composantes transversales telles que l'alphabétisation, l'apprentissage, la gestion, l'information sur le crédit et sur l'environnement de l'entreprise.

Le présent document devrait permettre aux différents acteurs de mieux cerner les problèmes et de mieux préparer les éléments d'une politique intégrée de formation visant à promouvoir un artisanat compétitif au Sénégal.

Il constitue une étape dans le processus d'appui et de consolidation du partenariat actif mené par le BIT au Sénégal, concernant en particulier les groupes d'acteurs suivants: les artisans et leurs organisations professionnelles, les pouvoirs publics, les structures d'appui et les bailleurs de fonds.

Il présente toutefois des lignes d'orientation et des propositions de stratégies qui peuvent être utiles pour nos mandants dans d'autres pays de la sous-région.

Dakar, mai 1998
C. Castro-Almeida
Directeur Equipe consultative multidisciplinaire de l'OlT pour l'Afrique Sahélienne (EMAS)


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