UNESCO
Plan du site de l'UNESCO

UNESCO Campagne internationale pour la sauvegarde de l'ïle de Gorée
Gorée en quelques mots Histoire de Gorée La campagne internationale de sauvegarde La culture et les gens Liens sur Gorée Envoyez des Ecards à vos amis

 La campagne de sauvegarde de l'île de Gorée

L'UNESCO et le patrimoine culturel

La campagne de sauvegarde de Gorée

De belles réussites

Un art de bâtir

Bâtiments en périls

Une érosion préoccupante

Participer à la campagne


Gorée a surmonté une histoire tragique ; elle peut maintenant faire plus encore : devenir, comme l'a dit Amadou-Mahtar MBow, "un de ces lieux uniques où peut se retremper la mémoire des jeunes générations d'Afrique et des Amériques [...] une terre de méditation, un haut lieu de réflexion et de recueillement, où les hommes, plus conscients des tragédies de leur histoire, apprendront mieux le sens de la justice et celui de la fraternité". Cette vocation nouvelle de Gorée, il est temps aujourd'hui de l'affirmer.

Une volonté ancienne

Restauration de la maison des esclaves en 1990 par l'association Gorée-fraternité

En 1966, Gorée a été choisie pour accueillir le premier Festival des arts nègres (voir l'agenda culturel), organisé par le gouvernement du Sénégal. Des travaux de restauration ponctuels ont été entrepris à cette occasion ; en outre, le Festival a permis d'attirer l'attention de la communauté internationale sur l'importance de Gorée dans l'histoire des nations africaines. De 1971 à 1973, tout un arsenal législatif a été mis en place pour définir le statut des monuments historiques et établir les modalités de leur protection. Le bureau d'Architecture des monuments historiques (BAMH) a été créé. En 1972, le Sénégal a ratifié la Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel adopté par la Conférence générale de l'Unesco à sa dix-septième session. En 1974, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) a accordé un prêt au gouvernement du Sénégal au titre d'un projet global d'aménagement de la " Petite Côte " au sud de Dakar. Il était prévu que, dans le cadre de ce projet, l'UNESCO réaliserait des études préliminaires en vue de la préparation d’un plan d'action.

A la demande des autorités sénégalaises, des consultants de l'Organisation ont été envoyés à Gorée et à Saint-Louis. En 1975, le Gouvernement sénégalais affirme la vocation culturelle de Gorée en l'inscrivant sur l'inventaire des monuments historiques du Sénégal. Un plan directeur de rénovation de Gorée est adopté.

En 1978, l'île est inscrite sur la Liste du patrimoine culturel et naturel de l'humanité établie par l’UNESCO. A sa vingtième session, la Conférence générale de l'UNESCO décide de lancer une campagne internationale en faveur de la sauvegarde de Gorée.

Dans le cadre du prêt de la BIRD (160 000 dollars des États-Unis), l'Organisation fournit des services d’experts et des équipements nécessaires pour la mise au point du plan de sauvegarde. Un expert architecte-restaurateur résidant à Gorée est engagé pour deux ans et deux consultants-architectes sont envoyés en mission dans l'île pour superviser les travaux pendant quatre mois. Un dossier du BAMH et du ministère de l'Urbanisme sur la conservation du centre historique de Gorée est publié.

 
La maison Hortala (aujourd'hui auberge Keur Beer) avant sa restauration en 1992 (à gauche) et après en 1995 (à droite)

En 1980, le Directeur général de l'UNESCO lance un appel solennel en faveur de la sauvegarde et de la restauration de l'île de Gorée : "Ainsi, après avoir été entre l'Afrique et les Amériques noires le trait d'union symbolique de la désolation, Gorée devient-elle peu à peu un symbole d'espoir..." (télécharger au format PDF). Un crédit de 25 000 dollars des États-Unis est accordé par le Fonds du patrimoine mondial au gouvernement sénégalais à titre d'assistance d'urgence pour la réfection de la Batterie Ouest, menacée d'écroulement.

En 1981, un plan d'action fondé sur des études préliminaires approfondies est approuvé par le gouvernement du Sénégal. L'UNESCO fournit pour sa réalisation les services techniques de deux architectes-restaurateurs (résidents). Ces travaux d'expertise, d'assistance architecturale et de maîtrise d’œuvre sont effectués en étroite collaboration avec le BAMH et l'Institut fondamental d'Afrique Noire (IFAN).

En ce qui concerne la promotion de la Campagne internationale pour la sauvegarde de Gorée, un compte spécial a été ouvert à l'UNESCO pour le dépôt des contributions financières. Un Comité international pour la sauvegarde de Gorée a été formé sous la présidence de Léopold Sédar Senghor.

Un patrimoine à sauver, une île à revivifier

Les objectifs du plan de sauvegarde sont la préservation et la mise en valeur du patrimoine architectural de Gorée et la revitalisation socioculturelle de l'île. Éviter le double écueil de l'île dortoir et de l'île musée, tel est l'esprit du Plan, qui a été élaboré en tenant compte non seulement des caractéristiques naturelles et architecturales de l'île, mais aussi de ses caractéristiques sociales et économiques. A cet égard, l’appréhension du problème clef des mouvements de population à l'intérieur et hors de l'île était un préalable indispensable à toute initiative. C'est dire le lien étroit qui unit restauration et développement économique : la sauvegarde peut être un facteur de développement. Plus même, le développement est le plus sûr garant de la sauvegarde de Gorée.