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| Progression
de la mer vers les constructions |
Avec l’Ile des Madeleines et le Cap Manuel, l’île
de Gorée constitue dans sa partie haute un des trois
derniers vestiges d’un important massif basaltique d’origine
éruptive surgi à la fin de l’ère tertiaire
au large du continent africain. A cette partie haute de
Gorée, sur une falaise de basalte noir, le "Castel"
vint s’ajouter, il y a quelques millénaires, ce que
les spécialistes appellent une plage soulevée"
sur laquelle est construit le village actuel.
L’érosion marine est particulièrement marquée
sur la partie basse de l’Ile. Elle est accentuée
par le prélèvement de blocs en bordure du
rivage utilisés comme matériau de construction.
Le vieillissement naturel des
ouvrages
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| La
jetée du fort |
Les ouvrages en maçonnerie tels que les quais du
port, les murs de soutènement, et les murs d’habitation
sont des ouvrages anciens dont la construction remonte parfois
au XIXe siècle. Les liants hydrauliques utilisés
pour maçonner les pierres s’altèrent naturellement
avec le temps, mais ce phénomène est amplifié
par une réaction chimique en présence d’eau
de mer ou d’air marin. Dans les zones exposées à
la houle et au marnage, la favorisation des échanges
gazeux et le "lessivage" par l’eau de mer accélèrent
encore la dégradation des liants. Il en résulte
un disjointoiement des blocs formant les maçonneries,
d’ampleur variable suivant l’exposition à la mer.
L’évolution naturelle de ce type de désordre
est la décomposition progressive des ouvrages.
Les problèmes de régression
du rivage
En l’absence de levé topographique antérieur
des berges, l’ampleur de la régression du rivage
est difficile à évaluer. Elle est considérée
comme faible en général, mais plus marquée
au droit des avancées de berge en mer sans doute
soumises à une concentration des efforts de houle,
par effet de cap, qui accélère ainsi l’érosion
naturelle. La conséquence d’une régression
du rivage et de l’augmentation de l’exposition est difficile
à prévoir.
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| Parement
du mur de l'école Mariama Bâ |
L'érosion des ouvrages
sous l’action de la houle
La houle exerce deux actions mécaniques sur les
ouvrages en maçonnerie :
Les chocs mécaniques : Les vagues déferlant
contre les ouvrages leur appliquent des chocs en raison
de l’inertie des masses d’eau en mouvement. Les galets du
rivage entraînés lors du déferlement,
ajoutent un effet de mitraillage. Il en résulte l’ébranlement
et la destruction des maçonneries exposées,
comme on le constate sur le parement du mur de l’école
de Mariama Ba par exemple. L’évolution de ce désordre
est une érosion progressive des maçonneries
qui peut compromettre leur stabilité, car les dégats
se produisent principalement en partie basse.
Les affouillements : Les tourbillons créés
au pied d’une paroi verticale soumise à la houle
ont pour effet d’aspirer les matériaux vers la mer.
C’est ce qui explique la tendance au déchaussement
des fondations des murs, constatée notamment à
l’école Mariama Ba. Ce type de désordre évolue
vers un basculement du mur comme c’est le cas pour le mur
du Relais de l’Espadon, une accélération de
l’aspiration des matériaux, une augmentation des
portées libres du mur dont les matériaux de
fondation disparaissent. La ruine peut intervenir brusquement
lorsque la portée libre admissible du mur est atteinte.
Le problème du débarcadère
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| Le
débarcadère, en bien mauvais état |
Le débarcadère actuel de Gorée est
fondé sur des blocs de béton sur lesquels
s'appuient deux poutres latérales, le tout supportant
une dalle de 25 cm d'épaisseur.
Si les fondations et l'infrastructure sont en bon état,
les ferraillages des poutres et des dalles sont apparents
et corrodés en de nombreux endroits, ce qui fragilise
de manière importante l'infrastructure.
Des réparations y ont été réalisées
dernièrement, mais elles n'avaient qu'un but esthétique,
et non pas structurel. Il est donc indispensable aujourd'hui
de reconstruire complètement les rehausses au niveau
des appuis, les deux poutres de rives et la dalle.
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