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| les
toits de tuile, typiques de l'architecture goréenne. |
Le patrimoine goréen peut revendiquer
des techniques originales, un art de bâtir
spécifiquement goréen, où se mêlent
les apports de l'Europe et de l'Afrique. Les balcons et
les galeries, les cours intérieures donnent au paysage
son homogénéité, de même que
les toits de tuiles, les terrasses faites de mortier de
chaux et de sable argamasse.
Élément essentiel de cet art
de bâtir, un matériau domine, le basalte. C'est
une roche volcanique de couleur foncée, taillée
en gros blocs épannelés à la massette
et au ciseau, qui est fournie abondamment par l'île
elle-même. On rencontre le basalte partout et sous
diverses formes: c'est le matériau par excellence
des ouvrages fortifiés, mais on le trouve aussi dans
les rues de l'île, sous forme de pavés et de
marches d'escalier; en gros blocs il soutient la terrasse
de la mosquée, les quais du port, les remparts; en
plaquettes et en gros galets on le voit dans les murs des
demeures particulières. Les forts et les cours des
habitations sont également pavés de dalles
de trachyte, roche volcanique d’un gris violacé provenant
des îles Canaries.
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Les esclaves du XVIIIe siècle et du début
du XIXe, véritables constructeurs de l’île,
surent travailler avec leur outillage réduit,
à la massette et au ciseau, ces matériaux
difficiles; le liant était constitué
de mortier à la chaux, fait de coquillages
finement broyés ou de brique cuite écrasée.
La brique est, avec le basalte, le grand matériau
de l'île. Elle constitue l'encadrement des portes,
des fenêtres et des meurtrières des forts
et l'essentiel des constructions privées. De
couleur rouge ou ocre pâle, elle était
produite par les briqueteries établies le long
du fleuve, de Saint-Louis à Podor. Les murs
de l'île sont uniformément recouverts
de chaux dont les dégradations atmosphériques
ont produit une riche palette de teintes à
dominantes rouge, rose et ocre, dominantes symboliques
du paysage goréen.
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