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La France et l’Angleterre se disputèrent Gorée
de 1677 à 1815. Ensuite, la France en conserve
la possession jusqu’à l’indépendance
du Sénégal en 1960, à l’exception
des années 1693, 1758-1763, 1779 à 1783,
et 1800 à 1815 pendant lesquelles les Anglais
furent maîtres de l’île.
Ce fut au cours de la période franco-anglaise
que les premiers Africains libres s’installèrent
sur l’Ile. Leur nombre s’accrut progressivement vers
le milieu du 18e siècle, ils n’étaient
encore que 66, alors qu'à la fin, ils étaient
près d’un millier. Le nombre de constructions
en dur suivit une progression semblable. Il n’y en
avait que six en 1746, alors qu’en 1786 ce chiffre
atteignait 85.
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Le Vice-amiral
d'Estrées. Illustration issue de Gorée,
six siècles d'Histoire,
Ed. Clairafrique.
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Femme signare
: aquarelle de l'abbé David Boilat, (extrait
de son ouvrage "Esquisses sénégalaises",
1853), © Editions Sépia-Musée de
Gorée-1996.
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Un phénomène caractéristique
régissait à l’époque la vie économique
de l’île. C’était la présence
de femmes de condition aisée constituant une
sorte de caste les Signares. Elles s’unissaient
provisoirement à des Européens dont
elles prenaient le nom, qu’elles transmettaient à
leurs enfants. Leur compagnon donnait à chaque
enfant qu’il avait d’elles la propriété
d’un captif. S’il retournait définitivement
en Europe, la Signare choisissait un nouveau compagnon.
Vers le milieu du 18ème siècle, les
Signares ne possédaient que 13 captifs de cases
alors que ce nombre atteignait près de 2 000
à la fin du siècle. Une partie de ces
captifs était louée au Gouverneur qui
rétribuait les Signares en barres de fer.
Quoique l’on ait souvent exagéré leur
degré de prospérité, les Signares
jouissaient de diverses faveurs qu’elles devaient
à leurs compagnons Français, souvent
aux dépens de la compagnie.
Par ailleurs, les unions entre soldats français
et captives de Signares étaient fréquentes.
Lorsque le Gouverneur de Rocheblave reçut l’ordre
de déporter ces captives, jugées inutiles,
il ne put l’exécuter car chaque soldat possédait
une compagne qui aurait du être chargée
de fers et conduite en Amérique.
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Il existait deux captiveries, l’une
d’abord située à l’intérieur
puis contre le fort d’en bas et l’autre construite
au pied de la montagne. Les esclaves en attente de
départ y étaient enfermés et
durement traités. Ils se rendaient au travail
enchaînés deux par deux et étaient
insuffisamment nourris.
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Le
Saphir de La Rochelle : tableau d'un trois mâts
négrier qui transportait, en 1741, des esclaves
depuis la côte de Guinée jusqu'à
l'île de Saint-Domingue. Anonyme. Milieu XVIIIs.
Chapelle des Ex-Voto Saint Louis. la Rochelle. Photo
A. Guillard, Les Anneaux de la Mémoire.
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