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| Entrave pour
les poignets : XVIIIe ou début XIX siècle.
Fonds Musée des Salorges, Musées du Château
des Ducs de Bretagne. Cliché Ville de Nantes. |
A quelques rares exceptions, les Portugais furent les seuls
Européens à pratiquer le commerce des esclaves
durant le 16ème siècle. Au cours du siècle
suivant, les Français, les Anglais et finalement
les Néerlandais s’y lancèrent à leur
tour, provoquant un accroissement important du volume de
la traite.
Au 18ème siècle, les trois nations négrières
majeures sont le Portugal, l’Angleterre et la France. Le
rôle des Néerlandais diminue, tandis que d’autres
pays européens (Danois, Suédois, Brandebourgeois,
Courlandais, Espagnols, Ostendais) n’y participent qu’à
un moindre degré.
Après l’abolition du commerce des esclaves par l’Angleterre
en 1807, une traite importante, en partie illégale,
allait se poursuivre jusqu’en 1865.
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| La dernière
vision du continent Africain. |
Après des recherches poussées, Ph. Curtin
(1969) évalue à neuf millions et demi le nombre
des esclaves qui débarquèrent dans le nouveau
monde, le chiffre réel se situant, d’après
cet auteur, aux alentours de 10,5 millions. Ces chiffres
sont généralement acceptés comme ordre
de grandeur par d’autres chercheurs, à la réserve
de la traite illégale du 19ème siècle
qui semble sous-estimée. En outre ces évaluations
ne tiennent pas compte de la mortalité frappant les
captifs amenés de l’intérieur, ni celle survenant
dans les captiveries de la côte, ou au cours de la
traversée. Certaines de ces données (mortalité
des captifs amenés de l’intérieur) ne seront
jamais connues.
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| Vue en coupe
d'un navire négrier : gravure (d'après
une aquarelle de Bernadin de Saint-Pierre) tirée
de "Nouveaux faits relatifs à la traite
des Noirs", édité par la Société
Morale Chrétienne, 1826. Bibliothèque
des Musées du Château des Ducs de Bretagne.
Cliché les Anneaux de la Mémoire. |
Ph. Curtin estime qu’entre 1711 et 1810 (en dehors de cette
période les documents se font plus rares) 180.000
esclaves environ ont été transportés
de Sénégambie en Amérique. Les principaux
ports d’embarquement dans cette partie de la côte
étaient Saint-Louis, Gorée, et James Fort
(en Gambie).
En ce qui concerne plus particulièrement Gorée,
un dépouillement des sources durant la seconde moitié
du 18ème siècle donne des chiffres variant
le plus souvent entre 200 et 300 par an. Tous ces chiffres
ne sont qu'approximatifs et ce décompte macabre ne
donnera jamais la mesure de la souffrance des milliers d'africains
arrachés de leur terre.
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