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L'abolition de l'esclavage

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L'esclavage

L'abolition

Période contemporaine
Photos anciennes
Allégorie de l'abolition de l'esclavage de 1794 : unique représentation picturale française connue, de l'abolition de l'esclavage par la Convention. Bureau du Patrimoine. Conseil Régional de la Martinique. Photo A. Guillard. Musées du Château. Ville de Nantes.

Le premier gouvernement européen à avoir interdit la traite des esclaves est celui du Danemark. En 1792, Christian VII décida que la traite serait abolie à partir de 1803.

En Angleterre, c’est à la secte protestante des Quakers que revint le mérite de la première action concertée contre le commerce des esclaves. En 1727, ils avaient déclaré que la traite constituait une pratique inacceptable. En 1761, ils avaient exclu de leurs rangs ceux de leurs membres qui s’y livraient. En 1783, ils formèrent à Londres un «Comité pour l’aide et la libération des esclaves nègres des Indes occidentales et pour l’arrêt du commerce des esclaves à la côte africaine». Ce comité avait pour but d’alerter l’opinion publique et d’obtenir le vote d’une loi interdisant la traite. Le député W. Wilberforce se voua à la cause de l’abolitionnisme.

Ce ne sera toutefois qu’en 1807 que sera votée la loi déclarant la traite illégale. Les navires des contrevenants furent saisis et, en 1811, la traite était punissable de la déportation ou de travaux forcés.

Dès 1808, des bâtiments de la Royal Navy patrouillaient le long des côtes africaines, afin d’empêcher la traite clandestine anglaise. En outre, le gouvernement anglais s’efforçait, avec une inlassable ténacité, d’obtenir des autres nations négrières qu’elles mettent fin à la traite.

Statuette Yoruba représentant un captif, bras liés dans le dos. Bénin, fin XIXe siècle. Collection particulière. Paris. photo A Guillard. Musées du Château. Ville de Nantes.

En France, dès 1721 Montesquieu, avec Les Lettres persanes, contribua à répandre les sentiments anti esclavagistes. Rousseau, Didérot, Voltaire, Condorcet, Raynal et d’autres "philosophes" s’y montrèrent également opposés, de même que des hommes d’Etat comme Turgot et Necker.

Ces idées nouvelles ne restèrent pas uniquement spéculatives. Elles connurent un début d’exécution pratique dans les dernières années de l'Ancien régime : en 1786 — 1789 des expériences sociales furent menées en secret, avec l'approbation de Louis XVI, en vue de tester la possibilité de procéder à une émancipation graduelle des esclaves, tant en ce qui concernait la nourriture et les vêtements, que la durée du travail et la possession de jardins particuliers.

En 1788, à l'initiative du Comité de Londres, J.P. Brissot de Warville fonda la Société des Amis des Noirs qui comptait parmi ses membres des représentants de la grande bourgeoisie, ainsi que des hommes politiques.

En août 1791, un soulèvement des esclaves éclata à l’île Saint-Domingue. Des atrocités furent commises de part et d’autre. Santhonax (commissaire envoyé par la Convention) et son collègue, Polverel proclamèrent tour à tour l'affranchissement des esclaves. Ces proclamations furent entérinées à Paris par un décret de la Convention du 5 février 1794. Ce décret n’aura d’application qu’à Saint-Domingue et à la Guadeloupe. Par la loi du 20 mars 1802, Bonaparte décida du maintien de l'esclavage dans la totalité des possessions françaises.

Pendant les Cent jours, Napoléon décréta l’abolition de la traite. Sous la Restauration, plusieurs décisions sont prises rendant le traite illégale. Ce ne sera toutefois que sous Louis-Philippe qu’une loi résolument répressive sera votée.

En 1834, une "société pour l’abolition de l’esclavage" se constitue à Paris. Mais ce ne sera que par décret d’avril 1848 que l’abolition sera proclamée. Durant l’intervalle les deux personnalités les plus marquantes dans les milieux anti-esclavagistes ont été Victor Schoelcher et Benjamin Cremieux.