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| La rade de Gorée
au début du XXème siècle. Photo
ancienne (Mairie de Gorée). |
L’abolition de l’esclavage,
tout comme la ruine de nombreux négociants, ne mettront pas pour autant
fin au rôle pionnier de Gorée dans l’évolution politique du
Sénégal jusqu’ à l’indépendance intervenue en 1960.
En effet à peine l’abolition de l’esclavage dans les colonies promulguée
que Gorée rebondissait aux cotés de Saint-Louis, autre métropole
coloniale, en s’ouvrant à la citoyenneté en qualité de commune
dès 1948. Quelques années plus tard, c’est à dire en 1954,
elle devenait formellement la tête de pont de l’administration coloniale
française en abritant le siège du commandement et de l’administration
des établissements français situés au sud de l’île.
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| Tirailleurs sénégalais,
défilé à Paris en 1939. Les Anneaux
de la Mémoire. |
Gorée connaîtra à nouveau une période
de prospérité avec le développement
de la navigation à vapeur jusque dans les années
1870 durant lesquelles, le développement inexorable
de Dakar lui fera ombrage avant de lui reprendre la quasi-totalité
de ses fonctions administratives et parfois culturelles.
La commune de Gorée sera en effet supprimée
en 1926 pour être rattachée à Dakar
entraînant du coup le retrait sur le continent des
institutions comme la prestigieuse Ecole
normale William Ponty, fleuron de l’enseignement en
1936, suivie bientôt par l’Imprimerie en 1940.
Après cette période de reflux, Gorée
renaît aujourd’hui de ses cendres à la faveur
de son classement sur la Liste du patrimoine mondial de
l’UNESCO en 1978 et de la décentralisation administrative
voulue par le Gouvernement du Sénégal en 1996.
Depuis, par un effort constant de réappropriation
lucide de son histoire, Gorée tente de revivre avec
les stigmates du passé, sans rien renier. Elle est
aujourd’hui reconnue comme un des hauts lieux des mémoires
de la traite atlantique, la pire des tragédies que
l’humanité n'ait jamais connu.
Etre le gardien du temple de cette douloureuse page de l’histoire
humaine induit naturellement pour les goréens et
l’état du Sénégal des responsabilités
nouvelles. En effet, le devoir de mémoire, qui a
conduit au classement de Gorée sur la Liste du patrimoine
mondial de l’UNESCO, implique un devoir de sauvegarde qui
est une lutte de tous les instants contre les effets du
vieillissement sur des bâtisses plusieurs fois centenaires
et les tendances naturelles des hommes à vouloir
tout rénover suivant leurs goûts du moment.
La relance de la Campagne de sauvegarde de Gorée,
vingt ans après la première, s’inscrit dans
cette perspective avec l’ambition de consolider les acquis
et de poser les bases d’une conservation durable. Pour y
arriver, il faut lutter efficacement contre l’érosion,
résoudre les problèmes d’assainissement et
restaurer le patrimoine architectural en péril afin
de transmettre, dans les meilleures conditions possibles,
ce patrimoine aux générations futures.
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