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Rapport
final
Thème 1 - Zonage et amélioration du
fonctionnement des réserves de biosphère
Dans
son exposé introductif du document de travail n°1, la représentante
du Secrétariat a rappelé les objectifs II.1 et II.2 de la Stratégie
de Séville, à savoir "s'assurer du soutien et de la participation
des populations locales" et "mieux assurer l'ajustement harmonieux
des différentes zones de la réserve de biosphère et leurs interactions"
et les recommandations de la Conférence de Dakar de 1996 concernant
l'implication des différents acteurs dans la gestion des réserves
de biosphère.
Elle a souligné l'originalité et les contraintes du concept de réserve
de biosphère, en particulier à la lumière des trois fonctions et
des implications du zonage sur la gestion des sites, qui doit souvent
prendre en compte les différences de statut juridique et administratif
des différentes zones.
Elle a dégagé la nécessité de mettre en œuvre, dans chaque cas,
une stratégie de communication et d'échanges, des mécanismes de
gestion des conflits en faisant notamment appel à la médiation et
d'intégrer les habitudes et les connaissances traditionnelles.
Sept
études de cas ont été présentées, concernant:
- La
Réserve de biosphère du Delta du Saloum au Sénégal;
- La
Réserve de biosphère du Dja au Cameroun;
- La
Réserve de biosphère de la Boucle du Baoulé au Mali;
- Le
parc national (envisagé comme réserve de biosphère) du Kahuzi-Biega
en République démocratique du Congo;
- La
Réserve de biosphère de la Pendjari au Bénin;
- La
Réserve de biosphère du Mont Nimba en Guinée;
- Les
Réserves de biosphère de Taï et de la Comoé, et le Mont Nimba
en Côte d'Ivoire.
Ces
présentations et les discussions qui ont suivi ont permis de dégager
un certain nombre de points saillants qui sont résumés ci-dessous.
Ces
études ont montré qu'il y avait un large consensus sur la compréhension
du concept et une avancée notable dans la mise en œuvre des objectifs
de la Stratégie de Séville, tout en tenant compte des spécificités
nationales et locales.
Pour
ce qui concerne plus particulièrement le zonage, la question de
l'applicabilité des trois zones des réserves de biosphère lors de
l'élaboration des plans de gestion a été soulevée et les présentations
ont montré une grande flexibilité dans l'application de ce zonage,
en particulier par la mise en place d'un zonage "éclaté". La plupart
des cas mettent en place un gradient dans les mesures de conservation
qui correspond effectivement aux principes des trois zones des réserves
de biosphère.
Ces
avancées dans la mise en œuvre du zonage ont eu des résultats positifs
sur le fonctionnement des sites dans leur ensemble, avec la définition
d'aires centrales strictement protégées.
Dans
les cas de réserves de biosphère situées sur les territoires de
plusieurs circonscriptions administratives, la réserve de biosphère
impose un dialogue entre les acteurs et les décideurs. En outre,
deux tendances se font jour qui doivent être prises en compte dans
les politiques de mise en place et de fonctionnement des réserves
de biosphère: l'autonomie de gestion et la décentralisation.
Plusieurs
des cas présentés ont bénéficié d'une aide internationale conséquente,
qui a notamment permis de réaliser toutes les études nécessaires
à l'élaboration d'un plan de gestion détaillé et à un commencement
de mise en œuvre. Toutefois la question de la pérennisation des
ressources et des structures a été évoquée.
En
matière de participation des communautés locales et de la société
civile, on constate un effort réel d'implication des communautés
et des différents acteurs dans le processus d'élaboration des plans
de gestion et plus généralement dans la définition des politiques
concernant le site. L'objectif visé est une véritable appropriation
du plan de gestion par tous les acteurs afin de faciliter sa mise
en œuvre.
Une
meilleure perception des partenaires au développement et le renforcement
des liens avec ces partenaires (ONGs, bailleurs de fonds) est nécessaire
afin qu'ils apportent un appui aux réserves de biosphère en Afrique,
en tant qu'outils privilégiés de stratégie de conservation de la
diversité biologique et du développement local, et non d'un concept
relevant du seul programme MAB de l'UNESCO. En particulier, le rôle
que les réserves de biosphère peuvent et doivent jouer dans la mise
en œuvre de la Convention sur la diversité biologique a été maintes
fois évoqué.
Ainsi,
les réserves de biosphère offrent une réponse aux différents groupes
d'intérêts (populations, société civile, administrations) dans la
gestion de la diversité biologique et dans le partage des bénéfices
qui en découlent.
L'importance
de la négociation à la base avec les communautés locales afin de
parvenir à de véritables contrats avec les intéressés en terme de
conservation de la biodiversité en contrepartie d'activités de développement
local a été relevée sur la base d'une expérience concrète qui a
été présentée.
La
recherche de financements, la mise en place de plans de gestion
et la résolution des conflits impliquent l'existence d'une volonté
politique affirmée.
Les
principales difficultés dont on fait état les présentations et les
intervenants au cours des discussions portaient sur les points suivants:
- la
crainte que la matérialisation et la publication du zonage n'entraîne
une vulnérabilité de l'aire centrale par suite de la dégradation
de la zone tampon et de l'aire de transition;
- les
conflits d'intérêts dans la gestion des aires de transition (agriculture,
élevage, etc.);
- le
braconnage amplifié dans les zones situées à proximité des frontières;
- la
dégradation des sites liée aux conflits et à l'afflux de réfugiés;
- l'émergence
d'intérêts économiques importants, en particulier l'exploitation
minière;
- la
difficulté d'impliquer tous les acteurs dans les évaluations (populations
locales, chercheurs, gestionnaires, bailleurs de fonds).
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