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Sciences exactes et naturelles

Premier atelier technique AFRIMAB pour les pays francophones
28/09 au 02/10 à Dakar

Rapport final
Thème 1 - Zonage et amélioration du fonctionnement des réserves de biosphère

Dans son exposé introductif du document de travail n°1, la représentante du Secrétariat a rappelé les objectifs II.1 et II.2 de la Stratégie de Séville, à savoir "s'assurer du soutien et de la participation des populations locales" et "mieux assurer l'ajustement harmonieux des différentes zones de la réserve de biosphère et leurs interactions" et les recommandations de la Conférence de Dakar de 1996 concernant l'implication des différents acteurs dans la gestion des réserves de biosphère.
Elle a souligné l'originalité et les contraintes du concept de réserve de biosphère, en particulier à la lumière des trois fonctions et des implications du zonage sur la gestion des sites, qui doit souvent prendre en compte les différences de statut juridique et administratif des différentes zones.
Elle a dégagé la nécessité de mettre en œuvre, dans chaque cas, une stratégie de communication et d'échanges, des mécanismes de gestion des conflits en faisant notamment appel à la médiation et d'intégrer les habitudes et les connaissances traditionnelles.

Sept études de cas ont été présentées, concernant:

  • La Réserve de biosphère du Delta du Saloum au Sénégal;
  • La Réserve de biosphère du Dja au Cameroun;
  • La Réserve de biosphère de la Boucle du Baoulé au Mali;
  • Le parc national (envisagé comme réserve de biosphère) du Kahuzi-Biega en République démocratique du Congo;
  • La Réserve de biosphère de la Pendjari au Bénin;
  • La Réserve de biosphère du Mont Nimba en Guinée;
  • Les Réserves de biosphère de Taï et de la Comoé, et le Mont Nimba en Côte d'Ivoire.

Ces présentations et les discussions qui ont suivi ont permis de dégager un certain nombre de points saillants qui sont résumés ci-dessous.

Ces études ont montré qu'il y avait un large consensus sur la compréhension du concept et une avancée notable dans la mise en œuvre des objectifs de la Stratégie de Séville, tout en tenant compte des spécificités nationales et locales.

Pour ce qui concerne plus particulièrement le zonage, la question de l'applicabilité des trois zones des réserves de biosphère lors de l'élaboration des plans de gestion a été soulevée et les présentations ont montré une grande flexibilité dans l'application de ce zonage, en particulier par la mise en place d'un zonage "éclaté". La plupart des cas mettent en place un gradient dans les mesures de conservation qui correspond effectivement aux principes des trois zones des réserves de biosphère.

Ces avancées dans la mise en œuvre du zonage ont eu des résultats positifs sur le fonctionnement des sites dans leur ensemble, avec la définition d'aires centrales strictement protégées.

Dans les cas de réserves de biosphère situées sur les territoires de plusieurs circonscriptions administratives, la réserve de biosphère impose un dialogue entre les acteurs et les décideurs. En outre, deux tendances se font jour qui doivent être prises en compte dans les politiques de mise en place et de fonctionnement des réserves de biosphère: l'autonomie de gestion et la décentralisation.

Plusieurs des cas présentés ont bénéficié d'une aide internationale conséquente, qui a notamment permis de réaliser toutes les études nécessaires à l'élaboration d'un plan de gestion détaillé et à un commencement de mise en œuvre. Toutefois la question de la pérennisation des ressources et des structures a été évoquée.

En matière de participation des communautés locales et de la société civile, on constate un effort réel d'implication des communautés et des différents acteurs dans le processus d'élaboration des plans de gestion et plus généralement dans la définition des politiques concernant le site. L'objectif visé est une véritable appropriation du plan de gestion par tous les acteurs afin de faciliter sa mise en œuvre.

Une meilleure perception des partenaires au développement et le renforcement des liens avec ces partenaires (ONGs, bailleurs de fonds) est nécessaire afin qu'ils apportent un appui aux réserves de biosphère en Afrique, en tant qu'outils privilégiés de stratégie de conservation de la diversité biologique et du développement local, et non d'un concept relevant du seul programme MAB de l'UNESCO. En particulier, le rôle que les réserves de biosphère peuvent et doivent jouer dans la mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique a été maintes fois évoqué.

Ainsi, les réserves de biosphère offrent une réponse aux différents groupes d'intérêts (populations, société civile, administrations) dans la gestion de la diversité biologique et dans le partage des bénéfices qui en découlent.

L'importance de la négociation à la base avec les communautés locales afin de parvenir à de véritables contrats avec les intéressés en terme de conservation de la biodiversité en contrepartie d'activités de développement local a été relevée sur la base d'une expérience concrète qui a été présentée.

La recherche de financements, la mise en place de plans de gestion et la résolution des conflits impliquent l'existence d'une volonté politique affirmée.

Les principales difficultés dont on fait état les présentations et les intervenants au cours des discussions portaient sur les points suivants:

  • la crainte que la matérialisation et la publication du zonage n'entraîne une vulnérabilité de l'aire centrale par suite de la dégradation de la zone tampon et de l'aire de transition;
  • les conflits d'intérêts dans la gestion des aires de transition (agriculture, élevage, etc.);
  • le braconnage amplifié dans les zones situées à proximité des frontières;
  • la dégradation des sites liée aux conflits et à l'afflux de réfugiés;
  • l'émergence d'intérêts économiques importants, en particulier l'exploitation minière;
  • la difficulté d'impliquer tous les acteurs dans les évaluations (populations locales, chercheurs, gestionnaires, bailleurs de fonds).
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