Renforcer les capacités des Aires Marines Protégées en Afrique de l'Ouest: la gestion participative au service de la bonne gouvernance ( initiative réseau RAMAO 2004 - 2008 )

 

Renforcer les capacités des aires marines protégées en Afrique de l'Ouest : la gestion participative au service de la bonne gouvernance

Initiative réseau RAMAO 2004 - 2008

Résumé

Les aires marines protégées de l'Afrique de l'Ouest sont le domaine de vie et de travail de communautés humaines qui y résident de façon permanente ou temporaire. elles contribuent parfois à la gestion soucieuse des ressources naturelles et parfois à leur exploitation non durable et donc leur dégradation. Des systèmes inefficaces de gouvernance (en terme de vision, volonté, lois et politiques, institutions de gestion, participation, transparence, attribution de responsabilités) semblent être aux racines du manque d'accord social sur la conservation des ressources marines et côtières qui, à son tour, en incite la ponction non durable.

Il est généralement reconnu que la gouvernance des AMPs peut être efficace seulement en étant participative, c'est-à-dire capable d'assurer des accords sociaux forts sur les règles d'exploitation et protection des ressources, et des institutions pluralistes- flexibles et compétents- dédiées à la génération, la mise en oeuvre et le suivi/ évolution de ces accords. Or, la gestion participative est loin d'être la règle dans la région, sauf pour l'exception importante des systèmes traditionnels de gestion de ressources, qui restent dans plusieurs cas la meilleure défense et protection possible.

L'initiative décrite ici, appelée en bref initiative RAMAO (Renforcement des Aires Marines de l'Afrique de l'Ouest), a été conçue en tant que " composante transversale " du Programme Régional de Conservation de la Zone Côtière en Afrique de l'Ouest (PRCM). Elle a pour but de garantir sur le long terme les fonctions des aires marines protégées par le renforcement des capacités de gestion participative dans la sous région. L'initiative se fondera sur un partenariat entre une dizaine d'aires marines protégées de la sous région appelées sites pilotes ou réseau RAMAO. Elle engagera ces sites dans la mise en marche de leur propre processus de gestion participative, dans l'apprentissage par l'action et l'appui mutuel, la recherche action participative et même l'engagement actif dans la génération des politiques et conditions de gestion aux niveaux nationale et de la sous région.

L'initiative apportera aux sites un appui modeste du point de vue financier mais important du point de vue technique et de renforcement de capacités. L'initiative se développera sur cinq ans, gérée par un organe exécutif mince, sous la supervision d'un Comité de Pilotage multipartenaire et avec l'appui technique du Groupe de Travail sur la Gestion Participative (CMWG) de la CEESP/ UICN. L'initiative a été conçue avec l'appui et l'impulsion de la Fondation Internationale du Banc d'Arguin (FIBA), l'Agence allemande de Coopération Technique (GTZ), l'Union Mondiale pour la Nature (UICN), de l'UNESCO, le CMWG et le World Wide Life Fund (WWF).

   

Introduction

Sur la base de la vision et des principes généraux qui ont inspiré le développement de la stratégie du Programme Régional de Conservation de la Zone Côtière en Afrique de l'Ouest (PRCM), une " composante transversale " gestion participative a été conçue pour répondre aux besoins et aux opportunités des aires marine protégées de la sous région. Cette composante contribuera de façon essentielle à la création d'un réseau cohérent d'aires marines protégées en Afrique de l'Ouest, gérées par des institutions fortes, de façon participative, et capables de mettre en valeur la diversité naturelle et culturelle pour un développement durable de la région. Cette composante- appelée en abrégé initiative RAMAO (Renforcement des Aires Marines de l'Afrique de l'Ouest)- est décrite dans ce document.

Atouts et problèmes

La gestion des aires marines protégées (AMPs) en Afrique de l'Ouest est directement dépendante des caractéristiques communes à plusieurs pays : les AMPs sont le domaine de vie et travail de communautés humaines, qui y résident de façon permanente ou temporaire. Il en suit que la gestion des AMPs est strictement liée aux dynamiques démographiques et aux enjeux socioculturels et économiques qui intéressent ces populations- de la permanence ou altération des systèmes traditionnels de gestion de ressources naturelles aux demandes sélectives des marchés internationaux, du climat politique entres let états de la région au climat politique à l'intérieur de chacun de ces états.

On doit se méfier de toute interprétation stéréotypée et superficielle de cette présence humaine, par exemple celles qui voient la pression sur les ressources déterminée uniquement par le facteur " dimensions de la population résidente ". Dans plusieurs cas, les communautés résidentes sont un acteur social soucieux de l'utilisation durable des ressources naturelles et elles opèrent de façon vaillante contre ses vraies ennemies, en particulier les forces qui soutiennent le pillage des matières premières pour l'exportation, les pouvoirs qui génèrent des conflits locaux et internationaux pour en extraire des bénéfices d'accès aux ressources et les initiatives de " développement " destructrices des équilibres écologiques locaux. Cela ne veut pas dire que les " fils de la région " ne peuvent pas démontrer des comportements destructifs, par exemple par rapport à la pêche ou à l'utilisation des mangroves dans des situations en accès libre, mais la situation est complexe et doit toujours être examinée de façon soucieuse et liée au contexte. En particulier on doit comprendre qu'on a à faire avec des zones trans-frontalières et des ressources trans-frontalières et migratrices, et que les résidents de la région, souvent aussi migrants permanents ou temporaires, démontrent une importante richesse et vivacité de relations intra et inter-pays.

Quels sont, au moment, les facteurs socio-économiques qui facilitent la dégradation du patrimoine naturel et culturel de la sous région ? Selon l'opinion d'un groupe de professionnels et gestionnaires d'aires protégées de la sous région, réunis en atelier en octobre 2002 , ces facteurs incluent l'insécurité politique, les problèmes généraux de pauvreté et iniquité sociale, la diffusion des technologies d'exploitation des ressources ravageuses et incontrôlées, les demandes sélectives du commerce international, mais aussi, et probablement surtout, la gouvernance inefficace (en terme de vision, volonté, lois et politiques, institutions de gestion, participation, transparence, attribution de responsabilités…). Tous ces facteurs contribuent à créer une situation de manque d'accord social sur la conservation des ressources marines et côtières qui, à son tour, en incite leur ponction non durable.

Il est généralement reconnu que la gouvernance des AMPs peut être efficace seulement en étant participative, c'est-à-dire capable d'assurer des accords sociaux forts sur les règles d'exploitation et protection des ressources, et des institutions pluralistes- flexibles et compétents- dédiées à la génération, la mise en ouvre et le suivi/ évolution de ces accords . Malgré le principe soit acquis dans plusieurs politiques nationales dans la sous-région, on est encore loin de rendre cette volonté opératoire sur le terrain (ou en mer). En effet, un autre facteur important identifié par les professionnels et gestionnaires des AMPs est la faiblesse de la sous région en terme des capacités techniques, en particulier dans les domaines de la gestion participative (par exemple à propos de l'animation, l'organisation des parties prenantes et même la formation de base des possibles facilitateurs des accords de gestion). Les professionnels et gestionnaires de la sous région pensent qu'on dédie à ce but des moyens financiers insuffisants (et aussi souvent mal géré et dépendant de l'extérieur) et on valorise de façon insuffisante les savoirs scientifiques et locaux qui pourraient servir de guide dans les processus à plusieurs niveaux.

Parmi les acquis de la sous région en matière de gestion des ressources naturelles se trouvent soit l'expérience riche et efficace des systèmes traditionnels (communautaires) soit le fait que plusieurs acteurs sociaux se soucient des ressources naturelles et sont conscients de leur état de dégradation. Dans la situation historique présente, à l'interface entre le monde traditionnel et le monde " moderne ", il y l'atout de l'acceptation de base de l'approche de gestion participative par la grande majorité de ces acteurs (état, bailleurs, communautés, institutions de recherche, organisations des acteurs à la base, etc.). L'approche est différemment incluse dans les lois et règlements des états dans la sous région mais il semble bien possible d'obtenir partout l'engagement des acteurs dans des processus de gestion participative. Dans le cadre du PRCM on trouve aussi l'opportunité unique d'intégrer les efforts de conservation et gestion durable à l'échelle sous-régionale (PRCM, harmonisation des politiques, réseau des sites d'AMPs, etc.). Ces acquis et opportunités encouragent à s'adresser au renforcement des capacités en gestion participative en tant qu'élément crucial et insurmontable de toute stratégie à long terme qui vise la gestion durable des ressources marines et côtières de la sous région.

Les partenaires Conscients des problèmes de conservation des écosystèmes et des ressources marines et côtières de l'Afrique de l'Ouest et des opportunités ouvertes par la gestion participative, un nombre de partenaires institutionnels ont décidé de travailler ensemble à l'intérieur d'une vision stratégique générale de conservation dans la sous région. Ces partenaires incluent les autorités responsables d'un nombre de sites clés d'AMPs dans la sous région, des bailleurs internationaux et une organisation professionnelle internationale.

Les ressources marines et côtières de l'Afrique de l'Ouest ont été étudiées en tant que système seulement à partir des années 60. A ce propos, un nombre de sites clefs, la plus part déjà officiellement déclarés en tant qu'aires marines protégées dans la sous région, ont été identifié. Ces cites qu'on appellera ici sites pilotes ou sites du réseau RAMAO, incluent:

· Le Parc National du Banc d'Arguin, Mauritanie;

· Le Parc National de Diawling, Mauritanie;

· Le Parc National de la Langue de Barbarie, Sénégal;

· Le Parc National du Delta de Saloum, Sénégal;

· Le Parc National de Kiang West, Gambie; · Niumi National Park, Gambie ;

· Le Parc National de Rio Cacheu, Guinée Bissau;

· La Réserve de Biosphère de Bolama Bijagos, Guinée Bissau, avec les Parcs Nationaux de Orango, le Parc National de Joao Viera et Poilao et l'aire de conservation communautaire de Formosa ;

· L'aire marine protégée proposée à Tristao et Katcheck en Guinée ;

· Les aires marines protégées proposées (Baia de Gatas, Maio …etc) au Cap Vert.

Ces sites sont situés du point de vue géographique dans la carte sous-régionale en Annexe 1, et par rapport à ces caractéristiques principales dans l'Annexe 2 [en Annexe 2 ajouter les caractéristiques principales des sites, SVP, selon les points en exemple]. Les sites ne sont pas exhaustifs de la variété d'endroits importants pour la conservation des écosystèmes marins et côtiers de la sous région, mais ils constituent une bonne approximation de cela et surtout sont des sites ou le travail de conservation et gestion participative a été jugée faisable et avec des bonnes chances d'aboutir. Les autorités en charge des sites d'AMPs listés ci-dessus sont les premiers partenaires de l'initiative RAMAO, et avec eux on compte aussi les parties prenantes à identifier et engager dans chaque site.

Deux bailleurs internationaux ont déjà apporté leur appui à l'initiative dans sa phase préparatoire et comptent poursuivre cet appui dans une variété de formes et moyens dans les années à venir. Ces bailleurs sont la Fondation Internationale du Banc d'Arguin (FIBA) et l'Agence Allemande de Coopération Technique GTZ.

La GTZ est une entreprise prestataire de services de coopération au développement ayant pour mission de concrétiser la politique de développement allemande. Elle se donne pour objectif d'améliorer durablement les conditions de vie des populations dans les pays partenaires et de préserver leur base des ressources naturelles par compte de plusieurs institutions allemandes et d'autres pays. Elle est présente dans la sous région avec des projets d'appui technique en Mauritanie (Parc National du Banc d'Arguin) et au Parc National du Djoudj au Sénégal.

La Commission des Politiques Environnementale, Economiques et Sociales (CEESP) de l'Union Mondiale pour la Nature (UICN) a aussi déjà assuré son appui à l'initiative dans sa phase préparatoire et compte poursuivre cet appui dans les années à venir. Le Groupe de Travail sur la Gestion Participative (CMWG) de la CEESP est un réseau mondial regroupant des professionnels de la conservation et du développement avec préoccupations et expertise dans le domaine de la gestion participative et multipartenaire des ressources naturelles. Le CMWG est impliqué dans une variété d'initiatives de recherche appliquée, d'analyse et documentation des approches, des méthodes et des expériences de terrain, d'appui technique et de formation dans plusieurs régions du monde.

L'UICN le WWF Internationale et l'UNESCO ont aussi contribué à l'initiative dans sa phase préparatoire à travers leurs appuis à l'élaboration et mise en ouvre de l'entière stratégie de conservation des ressources marines et côtières dans la sous région dont l'initiative RAMAO décrite dans ce document représente une composante.

Objectif général

L'objectif général de l'initiative RAMAO est de : Garantir sur le long terme les fonctions des aires marines protégées par le renforcement des capacités de gestion participative dans la sous région. L'initiative RAMAO a donc pour but le renforcement des capacités sous-régionales en gestion participative. Cela incluse l'amélioration des connaissances, du savoir-faire et des attitudes de base de plusieurs acteurs clés à niveau local, national et régional, mais aussi le développement d'institutions pluralistes au service de la bonne gouvernance des ressources marines et côtières de la sous-région, et des AMPs en particulier.

Objectifs spécifiques

1. Appuyer la mise en oeuvre de systèmes de gestion participative dans un ensemble de sites pilotes d'AMPs, représentatifs de la diversité des situations écologiques et sociales selon un principe de cohérence sous-régionale.

Les sites sur mentionnés représentent un ensemble d'AMPs pilotes, représentatifs de la diversité des situations écologiques et sociales dans la sous région et liés entre eux de façon cohérente. Dans chaque site, l'initiative RAMAO appuiera un processus local de gestion participative (appelé aussi gestion conjointe, multipartenaire ou cogestion) à partir d'un diagnostic de la situation effectué par les principales parties prenantes en jeu. L'initiative RAMAO apportera l'impulsion de base à ces processus à travers son assistance technique et l'apport des moyens financiers et logistiques selon nécessité et possibilité. L'appui financier sera limité, en particulier par rapport aux sites qui bénéfices déjà d'un ou plusieurs projets sur place. Il sera aussi proportionnel à l'extension géographique du site et à la complexité des problèmes sous considération.

Dans deux sites les Aires Marines Protégées ne sont pas encore déclarées de façon officielle. Dans ces deux cas l'initiative RAMAO visera l'engagement de plusieurs parties prenantes du début du processus de leur mise en opération. Dans tous ces sites- appelés ici sites pilotes de gestion participative- le processus visera le développement d'accords et d'institutions de co-gestion et leurs accompagnements dans au moins une phase préliminaire d'apprentissage par l'action . Les sites pilotes de gestion participative seront aussi maintenus en réseau entre eux, à fin d'assurer l'appui technique mutuel et la cohérence sous régionale. Ce réseau de sites sera par la suite aussi appelé réseau RAMAO.

2. Renforcer les compétences des acteurs sociaux relevants des sites pilotes par le développement et la valorisation de leurs connaissances et savoir-faire en gestion participative.

Les acteurs sociaux qui peuvent jouer des rôles d'envergure dans le cadre de la gestion participative des sites d'AMPs de la sous région incluent les communautés locales (et à leur sein les groupes d'utilisateurs de ressources naturelles et les autorités traditionnelles), les agents de la conservation et du développement durable, les administrations locales et les opérateurs économiques. Les capacités individuelles et collectives de ces acteurs sont essentielles pour aboutir à des systèmes de cogestion et ces capacités seront renforcées par l'initiative RAMAO selon deux axes stratégiques. Le premier est la participation directe et active aux processus de cogestion des mêmes sites- c'est-à-dire l'apprentissage par l'action. Le second est la formation par l'appui technique et les échanges réguliers d'expérience entre les sites pilotes du réseau RAMAO.

Chaque six mois les sites pilotes du réseau envoieront des représentants des leurs parties prenantes principales à des réunions d'échange mutuel et de formation spécifique, selon une formule expérimentée avec succès dans d'autres régions3. Ces réunions régulières se tiendront à rotation dans chacun des sites du réseau et seront des moments essentiels du renforcement des capacités de tous les participants. Chaque site présentera son expérience, en focalisant chaque fois sur un sujet différent (par exemple le processus de négociation, la gestion des conflits, le suivi et l'évaluation participative, la durabilité des institutions de cogestion, la communication sociale, etc.) et la discussion générale permettra d'identifier les problèmes communs et les solutions possibles. Des membres du Groupe de Travail sur la Gestion Participative (CMWG) de l'UICN/CEESP seront présents en tant que facilitateurs du processus de formation et personnes ressources/ formateurs sur le sujet spécifique. Les rencontres dureront généralement une semaine et incluront des visites de terrain et des sessions de planification conjointe. Ces réunions permettront aux participants de développer un langage commun sur la gestion participative et une vision commune à propos des étapes à suivre dans les sites pilotes.

3. Développer la compréhension du processus de gestion participative selon les pratiques spécifiques de chaque site et les mettre au profit de la gestion durable de la zone côtière de la sous région (recherche action).

Chaque site pilote du réseau RAMAO identifiera un " point focal " pour le processus de gestion participative, et ce professionnel jouera le rôle de facilitateur principale et responsable du processus de gestion participative dans chaque site. En parallèle à cela, le point focal encouragera et appuiera les acteurs sociaux dans l'apprentissage, la documentation, la distillation et la communication des leçons apprises dans le processus de chaque site, mais aussi par rapport à la sous région dans son ensemble. Dans d'autres mots, le point focal de chaque site pilote promouvra un travail de " recherche action participative " qui permettra de plier le processus autour des spécificités locales, d'évaluer les résultats des pratiques de gestion, d'apprendre par l'action et par ces résultats (gestion adaptative) et de traduire presque immédiatement les leçons apprises en changement de règles et pratiques, selon nécessité.

La gestion participative ne s'avère pas selon des méthodologies fixes ou une recette préconçue. Au contraire, le processus doit s'adapter aux conditions particulières du contexte biophysique et socioculturel et le valoriser de façon unique . C'est à raison de cela que la recherche action participative est une approche de choix au sein du processus de cogestion, car elle permette aux parties prenantes de penser ensemble selon leur spécificités locales, nationales et sous-régionales et de mettre le savoir de chacun à la disposition de tout le monde. Cette approche permet aussi de systématiser et éventuellement diffuser les connaissances et capacités acquises selon les messages et les médias les plus appropriés au contexte local.

4. Favoriser l'engagement des acteurs sociaux dans la définition et la mise en place des politiques de gestion de la zone côtière et de ses ressources à l'échelle nationale et sous régionale.

L'engagement des parties prenantes dans les processus de gestion participative dans leurs propres sites d'AMPs sera un moment d'un parcours qu'on envisage plus large, visant aussi le renforcement des capacités de ces mêmes acteurs sociaux dans le développement des politiques qui déterminent les conditions de la gestion des ressources naturelles à niveau national et régional. Cela doit passer par une série d'étapes. La première est, de nécessité, la compréhension des institutions qui prennent les décisions des politiques à échelle nationale et régionale, et la compréhension des avenues possibles de participation et influence auprès de ces institutions. La discussion de ces institutions et mécanismes de lobbying/ influence sera le thème d'un nombre de réunions au sein des sites pilotes et au moins de deux ateliers régionaux du réseau des sites pilotes. L'initiative RAMAO appuiera en suite une pluralité d'acteurs sociaux dans leurs démarches de participation à la génération des politiques de gestion des ressources, en particulier en les aidant à articuler leurs besoins, à utiliser une variété de médias pour diffuser leurs messages et à s'avantager des opportunités qui leur sont ouvertes pour influences les politiques nationales et régionales.

Les résultats attendus

   

 

Résultats et indicateurs pour l'objectif 1 :

Tous les sites pilotes ont avancé dans leurs processus de gestion participative. Les processus de chaque site est à la fois unique et cohérent avec les autres, selon une compréhension commune de ce que la gestion participative comporte dans la sous région.

- Les parties prenantes concernées par les sites pilotes du réseau RAMAO ont été identifiées, informées et aidées à s'engager dans le processus de gestion des ressources marines et côtières.

- Dans chaque site, les parties prenantes engagées dans le processus reconnaissent la légitimité réciproque.

- Une " équipe de démarrage " ou " équipe d'appui " à la gestion participative, selon nécessité, est active dans chacun des sites pilotes.

- Des plateformes de concertation/ négociation entres parties prenantes existent dans tous les sites pilotes.

- Des accords de co-gestion et des institutions multipartenaires pour veiller à la mise en place et évolution adaptative de ces accords fonctionnent dans au moins deux tiers des sites pilotes.

- Les principes généraux des accords de gestion dans les sites pilotes d'AMPs sont cohérents entre eux et se soutiennent mutuellement (p.ex., les interdissions sont partagées, les pécheurs migrants trouvent les mêmes règles sur les mêmes techniques de pêche, etc.).

- Plusieurs exemples de collaboration mutuelle dans la gestion des ressources partagées existent et sont spécifiés par les accords de gestion des sites pilotes.

Résultats et indicateurs pour l'objectif 2 :

Les parties prenantes concernées avec la gestion des ressources naturelles dans les sites pilotes sont compétentes et engagées dans la gestion participative. Les capacités acquises par les parties prenantes sont démontrées par la qualité des systèmes de gestion participative qu'elles ont mis en place.

- Les parties prenantes concernées par la gestion participative dans chaque site pilote du réseau RAMAO ont développé une vision commune du futur à long terme de leur AMP.

- Les parties prenantes concernées par la gestion participative dans chaque site pilote du réseau RAMAO, on met à leur disposition des ressources de base (manuels, références, études de cas, outils, listes de professionnels et instituions) qui peuvent les aides dans la démarche de cogestion.

- Les parties prenantes concernées par la gestion participative des sites pilotes sont présents aux tables de concertation/ négociation. Le consensus est le mode de décision le plus souvent utilisé par les tables de concertation/ négociation

- Des systèmes de suivi participatif et gestion adaptative sur la base des résultats du suivi sont en places dans la majorité des sites pilotes.

- Les accords et institutions de gestion participative développés par les sites pilotes sont efficaces (amélioration des indicateurs écologiques et socio-économiques), équitables (le partage des coûts et bénéfices de la conservation est justement reparti) et durables (les accord et institutions maintiennent leur validité et légitimité sociale).

- Le nombre d'infraction aux règles agrées tend à diminuer avec le passage du temps.

Résultats et indicateurs pour l'objectif 3 :

Les spécificités des valeurs, pratiques, règles locales et conditions socio écologiques de gestion propre aux sites sont identifiées, évalués, re-actualisés et appropriés par les acteurs sociaux concernés.

Les leçons apprises dans chaque site sont étudiées de façon comparative, articulées et diffusées par le réseau RAMAO dans l'entière sous région.

- Des résultats d'analyse participative des systèmes traditionnels de gestion des ressources sont disponibles pour chaque site pilote du réseau RAMAO.

- Des résultats d'analyse participative des systèmes de pouvoir propres aux sociétés locales concernées sont disponibles pour chaque site pilote.

- Des résultats d'analyse participative des facteurs socio écologiques cruciaux pour la bonne gestion des ressources naturelles sont disponibles pour chaque site pilote. Les résultats des analyses participatives ci-dessus sont pris en compte dans le développement des accords et des institutions de cogestion des sites pilotes.

- Des ressources et les écosystèmes partagés à gérer de façon cohérente au niveau sous régional sont confirmés/ identifiés sur la base de l'étude comparative des diagnostics de chaque site.

- Des acquis et les besoins et opportunités communes à plusieurs sites sont confirmés/ identifiés sur la base de l'étude comparative des diagnostics de chaque site;

- Des institutions et politiques à influencer pour la conservation des AMPs et la gestion durable des ressources marines et côtières dans la sous région sont confirmés/ identifiés sur la base de l'étude comparative des diagnostics de chaque site.

- Les leçons apprises dans les sites du réseau RAMAO sont articulées et portées à l'attentions des acteurs sociaux de la sous région selon une variété de supports appropriés de communication sociale (par exemple pièces de théâtre populaire, chansons, jeux pour les écoles, documents pour les gestionnaires étatiques, etc.).

Résultats et indicateurs pour l'objectif 4 :

Plusieurs acteurs sociaux de la sous région sont engagés dans la définition et la mise en place des politiques de gestion des ressources marines et côtières. Il y a cohérence et appui mutuel à l'échelle locale, nationale et sous régionale entre les politiques à propos des aires marines protégées et des ressources naturelles pour lesquelles ces mêmes AMPs jouent un rôle clé de conservation et ravitaillement.

- Plusieurs acteurs sociaux de la sous région sont capables d'articuler leurs contributions de façon efficace et d'influencer les débats relatifs aux politiques de gestion.

- Les décisions des politiques de gestion orientées par les contributions des acteurs sociaux sur-mentionnés sont en faveur de l'équité sociale et de la durabilité des ressources naturelles.

- Les propositions issues des tables de concertation/ négociation des sites pilotes du réseau RAMAO sont prises en compte dans les textes réglementaires à échelle locale, nationale et régionale.

- Les politiques nationales et régionales par rapport aux AMPs et aux ressources pour lesquelles ces AMPs jouent un rôle clé de conservation et ravitaillement soutiennent et renforcent les accords et institutions de cogestion de chaque site pilote.

Les activités à développer

1. Confirmer l'engagement des sites d'AMPs dans la sous région qui désirent faire partie du réseau RAMAO avec signature d'une Lettre d'Accord avec Termes de Référence annexés (les Termes de Références prévoient l'identification et mise à disposition d'un " point focale " de l'initiative dans chaque site pilote).

2. Appuyer les sites de réseau RAMAO dans leurs diagnostics écologique et socio-économiques de base par rapport à la gestion (y compris l'analyse des parties prenantes et la création des équipes de démarrage/ appui).

3. Etudier de façon comparative les résultats des diagnostics de base des sites pilotes.

4. Développer un Centre de Ressources sous régional, le mettre à la disposition des acteurs sociaux des sites pilotes, et assurer la diffusion d'informations et d'outils selon leurs demandes.

5. Accompagner les sites pilotes dans la mise en oeuvre des processus de gestion participative selon les besoins et opportunités spécifiques identifiées.

6. Assister les sites pilotes dans leurs processus locaux de recherche action participative (y inclus des initiatives de distillation, articulation et diffusion des leçons apprises selon des méthodes et produits de communication sociale appropriés pour les différentes parties prenantes en jeu).

7. Organiser de façon régulière (une fois chaque six mois) des rencontres d'échange, de formation et d'appui mutuel entre les représentants des parties prenantes les plus importantes et actives des sites du réseau RAMAO.

8. Organiser et faciliter des visites d'échange entre des sites surtout par rapport aux moments forts et aux questions clés des processus locaux de gestion participative.

9. Assister les acteurs sociaux de la sous région à articuler leurs contributions aux politiques de gestion et à promouvoir leur présence et synergie au sein des débats et des mécanismes des décisions des politiques.

10. Promouvoir le dialogue et la collaboration entre acteurs institutionnels et avec les autres composantes du PRCM pour la mise en oeuvre des systèmes de gestion des ressources équitables, durables et cohérents à l'échelle sous régionale.

Echéancier

L'initiative RAMAO est conçue pour être mise en opération avec les autres composantes de la stratégie sous régionale PRCM en 2004-2008. Cela n'empêche qu'une phase préliminaire de l'initiative puisse se prévoir pendant l'année 2003, en tant que connexion entre la situation présente et le démarrage d'une initiative d'envergure en 2004. Cette initiative de connexion pourrait viser spécifiquement la continuation du travail de la Réserve de Biosphère de Bolama Bijagos, un appui aux initiatives de terrain du Park National du Delta Saloum, et un appui au Cap Vert et à la Guinée vers l'officialisation de l'état de protection des aires marines identifiés et décrites parmi les sites pilotes possibles.

( Pour plus d'informations, prendre contact avec l'Unité des Sciences Exactes et Naturelles du Bureau de l'UNESCO à Dakar.

Prendre contact avec le Docteur Achille OLLOY pour les observations et les échanges d'informations )


 
 

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