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| VERS UNE PÊCHE DURABLE DANS LE PARC NATIONAL DU BAN D'ARGUIN, MAURITANIE | ||||||||
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Concept de projet Rédigé par: Le Parc national du Banc d'Arguin (PNBA) La Fondation internationale du Banc d'Arguin (FIBA) L 'Union mondiale pour la nature (UICN) En collaboration avec : Les populations résidentes du PNBA Le Centre National de Recherche Océanographique et des Pêches (CNROP) La Direction des Etudes et de l'Aménagement des Ressources Halieutiques (DEARH) La Fédération Nationale des Pêcheurs (FNP) La Mairie de Mamghar 1. Introduction Le Parc National du Banc d'Arguin joue un rôle capital pour le maintien de la biodiversité marine et la protection de l'écosystème du Golfe d'Arguin, pièce maîtresse du renouvellement des ressources halieutiques à l'échelle de la ZEE Mauritanienne, et sans doute plus largement à une échelle sous-régionale. Les populations résidentes des villages du PNBA, essentiellement Imraguen, vivent dans des conditions difficiles d'enclavement géographique et de pauvreté due à une maîtrise trop partielle de leur activité de pêche. L'influence de certains marchés rémunérateurs les a orientés vers des systèmes de production non-durables tels que la pêche aux raies et aux requins, faisant peser sur le PNBA et les pêcheurs des menaces aussi bien écologiques qu'économiques. Ces nouveaux systèmes ont eu par ailleurs pour conséquence la suspension de la quasi totalité des activités féminines à caractère économique. La motorisation des embarcations est interdite dans le Parc National du Banc d'Arguin et la pêche est pratiquée à partir d'embarcations en bois et à voile, les lanches, héritées des canariens qui fréquentaient la côte mauritanienne jusqu'à la moitié du XX° siècle. Un projet FIBA-UICN, soutenu par la Coopération néerlandaise (DGIS), a permis d'établir un chantier naval pour la fabrication et la réparation de lanches, un atelier de voilerie ainsi qu'une coopérative, l'ensemble étant géré par les pêcheurs qui disposent aujourd'hui d'une flottille restaurée matérialisant un droit d'accès exclusif des Imraguen aux ressources halieutiques du PNBA. Le PNBA doit désormais parvenir à définir, avec les pêcheurs et avec ses partenaires institutionnels, les règles d'une exploitation durable et sélective des ressources offrant à la fois des conditions de développement favorables et une protection sécurisée de la biodiversité marine. Des actions d'appui aux coopératives villageoises devront contribuer à accompagner les pêcheurs dans cet effort de reconversion vers une pêche durable, afin de compenser les répercussions économiques négatives qui ne manqueront pas d'intervenir sur le court terme. Ces actions seront destinées à renforcer les villages dans la maîtrise de la filière pêche et de ses activités rémunératrices, notamment au travers de la valorisation des produits de la pêche qui compose une part importante du rôle économique des femmes dans la société Imraguen. 2. Situation du projet (septembre 2000) Le secteur de la pêche dans le PNBA a déjà fait l'objet, directement ou indirectement, de plusieurs interventions sous forme de projets de développement et de recherche. Ainsi, le projet lanche -FIBA-UICN a permis de 1988 à 2001 de restaurer 48 lanches à voiles et d'en construire 12 neuves. La flottille de pêche Imraguen compte aujourd'hui environ 85 unités en état de naviguer. La coopérative lanche, le chantier naval et l'atelier de voilerie sont aujourd'hui autogérés et le retrait progressif de l'assistance technique montre que les conditions sont réunies pour que les activités se poursuivent avec un minimum d'appui extérieur. Le projet de développement communautaire (FIDA) a encadré, jusqu'en 1999, la naissance de groupements coopératifs villageois dont la mission est la prise en charge de certaines activités de la filière pêche tels que l'approvisionnement en matériel, l'octroi de crédits, le transport et la commercialisation des produits de la pêche. Les projets ACGEBA (coordonnés par la Coopération Française, le CNROP et le PNBA) et Raies & Requins (FIBA) on débouché sur une meilleure compréhension de la pêcherie Imraguen et une connaissance partielle des ressources halieutiques du Banc d'Arguin. Une concertation permanente avec les pêcheurs est conduite par les agents de terrain et des ateliers annuels sont organisés depuis 1998 permettant la restitution des résultats de la recherche aux pêcheurs, l'aménagement progressif de la pêcherie sur un mode participatif et la définition des actions d'appui attendues par les coopératives villageoises pour favoriser une évolution de la pêcherie vers un système d'exploitation et de gestion durables. Les institutions nationales chargées de la recherche halieutique (CNROP), de l'aménagement et de la surveillance des pêches ( respectivement DEARH et DSPCM) sont associées à cette concertation et leur collaboration avec le PNBA doit aboutir à une reconnaissance officielle des options d'aménagement déjà appliquées. Pour la période 2000-2001, une phase préliminaire du projet qui fait l'objet du présent document, intitulé "Projet d'Appui à la Reconversion de la Pêcherie Imraguen" a été engagée par le Parc National du Banc d'Arguin avec le soutien de la FIBA. Cela a permis de mettre en place des appuis aux coopératives sous-forme de micro-financements pour l'acquisition de lanches, de véhicules pour le transport du matériel, de la glace et du poisson ainsi que d'équipements pour la conservation en frais des produits de la pêche. Le suivi de l'impact de ces actions est en cours, et la concertation à propos des choix à opérer pour guider l'évolution de la pêcherie est entretenue de façon permanente. Le PNBA dispose par ailleurs, depuis 1998, d'un système de surveillance maritime (WWF) permettant l'arraisonnement des embarcations pêchant frauduleusement à l'intérieur de ses limites. Enfin, une nouvelle loi sur le Parc National du Banc d'Arguin a été promulguée en janvier 2000, offrant un cadre juridique approprié aux activités de développement et de conservation que le présent projet cherche à promouvoir. 3. Buts et objectifs du projet Le but du projet est d'assurer la cogestion et l'exploitation durable des ressources halieutiques du PNBA, au bénéfice des populations Imraguen résidentes. Les objectifs du projet sont les suivants: Objectif 1 : Gérer durablement les ressources halieutiques du Parc, pour renforcer la sécurité environnementale, économique et culturelle des populations résidentes ; Objectif 2 : Favoriser la reconversion de la pêcherie et lutter contre la pauvreté par des actions d'appui au développement économique; Objectif 3 : Mettre en place des mécanismes institutionnels pérennes visant à résoudre les conflits d'usage et à gérer la ressource. 4. Résultats attendus Le PNBA dispose d'une politique de pêche élaborée en collaboration avec les institutions nationales concernées et d'un cadre national chargé de conseiller le Directeur du Parc sur les aspects relatifs à la pêche dans le PNBA. Les ressources halieutiques sont bien gérées et un système de suivi permet de disposer de données discutées par tous les partenaires (pêcheurs, administrations et autres groupes d'intérêts éventuels) pour parvenir à réguler annuellement l'exploitation des ressources. Les coopératives villageoises sont fortes, structurées et bien gérées ; elles permettent à la communauté Imraguen de prendre en charge elle-même plusieurs segments de la filière pêche, tels que la commercialisation, qu'elle ne maîtrise pas encore. Les femmes Imraguen retrouvent un rôle économique actif au travers d'activités rémunératrices. Les Imraguen, la Fédération Nationale de Pêche (section Pêche Artisanale) et l'administration centrale sont sensibilisés sur le rôle d'une aire marine protégée dans la gestion des ressources halieutiques à l'échelle locale et nationale. 5. Activités du projet Sur le plan de la recherche Sur le plan de la recherche : Développement d'outils de suivi des populations ichtyologiques, de la production pêche et des aspects socio-économiques, en collaboration avec les institutions de recherche compétentes, et mise en place d'un Observatoire Socio-écologique pour une Pêche Durable (OSPD) dans le PNBA.. Formulation des résultats du suivi, production de documents et restitution sous une forme vulgarisée aux différents groupes d'intérêt (pêcheurs et mareyeurs du PNBA, Fédération Nationale de Pêche Artisanale, administrations ). Identification et expérimentation de nouvelles techniques de pêche compatibles avec les impératifs de conservation dans le PNBA. Sur le plan de l'aménagement : Définition participative des principes d'aménagement de la pêcherie sur la base des résultats scientifiques. Formulation d'une politique pêche pour le PNBA. Concertation avec les communautés résidentes et les partenaires du PNBA, sous forme d'ateliers débouchant sur une régulation annuelle des activités de pêche dans le parc. Sur le plan du développement : Renforcement des coopératives villageoises pour une prise en charge optimale de la gestion de la filière pêche dans le PNBA. Dynamisation des activités des femmes dans les villages du PNBA, notamment en ce qui concerne la valorisation des produits de la pêche. Facilitation de l'approvisionnement en équipements pour la pêche et valorisation des produits de la pêche. Formation à la maintenance et l'utilisation du matériel et vulgarisation de nouvelles pratiques de pêche. Accompagnement des coopératives pour la formulation d'accords commerciaux (identification de marchés, de clients et partenaires commerciaux), aboutissant si possible à la mise en place d'une pêcherie éco-certifiée. Poursuite de l'appui à la coopérative lanches par des interventions ponctuelles en fonction des nécessités. Sur le plan de la sensibilisation-communication : Sensibilisation des populations résidentes du PNBA sur la gestion des ressources renouvelables. Préparation de modules d'information à destination des populations des villages du parc, de la FNP et d'autres groupes d'intérêt sur le thème de la pêche et du rôle d'une aire marine protégée dans la gestion des ressources halieutiques. (
Pour plus d'informations, prendre contact avec
l'Unité des Sciences Exactes et Naturelles du Bureau de l'UNESCO
à Dakar. |
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