Ecotourisme, Ecovillage en Afrique de l'Ouest: Mythe ou réalité


UNIVERSITE D'ABOBO-ADJAME

Centre de Recherche en Ecologie (CRE)
MAB/UNESCO BUREAU REGIONAL DE DAKAR (BREDA)
Atelier Sous- Régional AFRIMAB

" ECOTOURISME, ECOVILLAGE, EN AFRIQUE DE L'OUEST :
MYTHE OU REALITE ? "

 

PROBLEMATIQUE

Le tourisme constitue, en ce début du XXIe siècle, l'un des secteurs les plus florissants de l'économie à l'échelle mondiale. De 592 millions en 1996, le nombre de voyages internationaux est passé à 702 millions en 2000. L'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) prévoit, pour les années 2010 et 2020, respectivement plus de 1 milliard et 1,6 milliards de voyages internationaux. Selon la revue "Tourism 2020 Vision ", les voyageurs du XXIe siècle, iront de plus en plus loin et en 2020, un voyage sur trois sera un déplacement de longue durée à destination d'un autre pays.

Le principal atout des destinations touristiques les plus prisées est le milieu naturel. Qu'il s'agisse d'une plage, d'une forêt tropicale humide, de la faune et de la flore d'un parc national ou d'une réserve, les conditions à réunir pour attirer les touristes sont la beauté et le fonctionnement de la nature, un climat agréable, l'intérêt historique du lieu visité et la sécurité.

Dans ce cadre, l'écotourisme revêt toute son importance. On comprend dès lors, pourquoi l'Organisation des Nations Unies a proclamé l'An 2002, Année internationale de l'Ecotourisme. Quel regard porter sur ce nouveau concept ? Quel peut être l'apport de l'Afrique de l'Ouest dans cette nouvelle vision ?

Un constat est à faire. La situation de notre Continent se présente de manière contrastée selon les régions. En effet, l'Afrique de l'Est (exemple le Kenya), du Sud et du Nord tirent des revenus substantiels de l'exploitation touristique de leurs parcs nationaux, sites historiques et autres potentialités naturelles. Par contre en l'Afrique de l'Ouest où l'on dispose d'importants sites naturels attrayants (Parcs nationaux du W, du Pendjari au Bénin, parc national d'Arli au Burkina Faso, parcs nationaux de la Comoé, de la Marahoué ou de Taï en Côte d'Ivoire…), l'écotourisme est mal connu et sous-exploité. De plus, s'ajoutent l'insécurité, la pollution sous toutes ses formes et le gaspillage des ressources écologiques.

Quels sont les facteurs qui expliquent cette situation ? Le tourisme écologique peut être pourtant très bénéfique au plan économique et social. A l'instar du Kenya où il représente la première richesse nationale. Mais, mal géré, il peut être dévastateur pour l'environnement et la population locale. En effet, l'arrivée de millions de touristes pèse lourdement sur les ressources en eau et les ressources marines, la terre et le paysage, la faune et la flore, l'habitat.

Conscients de la fragilité du milieu naturel, les organisateurs de voyages dans le monde sont de plus en plus sensibles au besoin de nouveaux comportements, car le tourisme ne peut être durable que si l'intégrité écologique et l'environnement sont sauvegardés. Ce besoin, en conformité avec l'objectif du programme MAB qui est de favoriser le développement des économies de qualité dans les réserves de biosphère, vient à point nommé. Par conséquent, il nécessite une action d'éducation, de sensibilisation et d'information des acteurs de développement de l'Ecotourisme: Décideurs politiques, Investisseurs dans le domaine du tourisme, Responsables scientifiques, autres opérateurs économiques, ONGs, le grand public.

Le tourisme écologique ne peut être facteur de développement économique et social que s'il :

- tient compte des capacités naturelles pour garantir la reconstitution et la productivité future des ressources naturelles ;

- reconnaît que l'apport des peuples, des communautés riveraines, leurs coutumes, leurs mœurs et leur mode de vie peuvent être des éléments essentiels dans le développement de l'écotourisme en Afrique ; d'où l'importance du concept d'écovillage dans le processus de développement.

- est attentif aux besoins des personnes qui habitent dans les lieux touristiques et tient compte des potentialités locales.

Au regard des enjeux économiques et écologiques que suscite l'écotourisme, il convient de s'interroger sur le positionnement de l'Afrique de l'Ouest. Que doit-on entendre par écotourisme et écovillage ? Comment intégrer ou amener tous les acteurs du secteur du tourisme et de la conservation à œuvrer en synergie? Comment valoriser et intégrer les nombreuses expériences d'écovillage et pratiques écotouristiques enrichissantes dont regorge l'Afrique de l'ouest et les inscrire dans la problématique du développement durable? Quels sont les facteurs de blocage ou de promotion de ces valeurs écotouristiques? Quelle synergie établir entre le tourisme naturel et le tourisme culturel, social et économique?

C'est pour répondre à ces préoccupations que l'atelier sous régional est organisé sur le thème " écotourisme, écovillage en Afrique de l'Ouest : mythe ou réalité ? ".

Cet atelier vise à: - susciter une prise de conscience réelle des enjeux de l'écotourisme ; - intégrer l'écotourisme ou tourisme "intelligent" qui se cultive actuellement dans le monde dans nos politiques de développement; - accroître l'intérêt didactique et scientifique des sites naturels auprès d'un large public.

OBJECTIFS DE L'ATELIER

- définir et caractériser les concepts d'écotourisme et d'écovillage en relation avec

- la gestion et la conservation des ressources naturelles ;

- les activités socio-économiques ;

- la recherche scientifique ;

· le cadre juridique et institutionnel ;

- harmoniser et partager les points de vue sur les stratégies à utiliser pour promouvoir l'écotourisme à l'échelle sous régionale;

- sensibiliser et former les Décideurs politiques, les Opérateurs socio-économiques, les Acteurs scientifiques, les Conservateurs et les Populations locales sur l'importance de l'écotourisme et l'écovillage.

ORGANISATION DE L'ATELIER

PARTICIPANTS

1. Institutions participantes Centre de Recherche en Ecologie de l'Université d'Abobo-Adjamé, Côte d'Ivoire Direction de la Protection de la Nature, Côte d'Ivoire Laboratoire d'Ethnobiologie-Biogéographie du Museum d'Histoire Naturelle de Paris

2. Pays participants (huit pays) Bénin, Burkina Faso, Ghana, Guinée, Niger, Sénégal, France et Côte d'Ivoire

3. Nombre de participants Nombre global : 80 personnes Nombre pris en charge par l'atelier (avec perdiem) : 40 personnes

4. Financement UNESCO/MAB Paris et BREDA

Année internationale du Tourisme, quels enjeux pour les Etats de l'Afrique de l'Ouest selon la vision de l'UNESCO

par Dr Samy MANKOTO MA MBAELELE.,
Spécialiste du Programme, Division des Sciences Ecologiques, UNESCO.

Ecotourisme et Ecovillage s'insèrent dans le cadre du thème général " Ecotourisme, Environnement et Développement durable " qui est le thème défini par l'UNESCO à l'occasion de l'Année Internationale de l'Ecotourisme. Monsieur MANKOTO a donné les lignes de base de cette année internationale. Elle est issue de la résolution 1998/ 40 à l'Assemblée générale de l'ONU. Elle est coordonnée par l'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT). Elle se base sur les Initiatives de Tours Opérateurs, sur la Convention sur la Diversité Biologique et sur le prochain Congrès Mondial sur l'Ecotourisme.

L'UNESCO/MAB est impliquée directement à cette rencontre et présentera une communication sur " Ecotourisme et Réserve de Biosphère " au Congrès Mondial de QUEBEC. Ce Congrès a donc des enjeux pour l'Afrique. C'est pourquoi il est nécessaire, selon Monsieur MANKOTO, de développer une stratégie régionale à l'exemple de la Côte d'Ivoire qui a adopté une loi sur la question des parcs, réserves et leur gestion. Il faut harmoniser les législations sur la gestion des aires protégées entre pays, car la faune par exemple migre sans frontière.

La 5è Conférence des Parties de la CDB en 2000 a pris une résolution de développer un Tourisme Durable. Dans ce tourisme durable, l'Ecotourisme est défini par 3 " win " c'est à dire " gains ".

Win 1: Biodiversité; il faut rendre autonome la gestion des parcs nationaux à l'image de ce qui se passe en RDC et où l'Etat n'intervient qu'en Conseiller sur le plan administratif et où par contre les populations sont fortement impliquées.

Win 2 : Touristes ; ils gagnent en loisirs, en contacts relationnels

Win 3 : Etat; Il est représenté par les populations locales.

La CDB collabore avec des projets pilotes comme les Réserves de Biosphère, Les sites de Patrimoine Naturel, les Sites Ramsar. Elle a défini des lignes directrices de l'élaboration de projets. Ces lignes directrices comprennent 10 points : les informations de base; la vision et le but; la revue, la législation; le contrôle; les études d'impact; la gestion; la mise en œuvre; le monitoring; la gestion adaptative (vue globale) basée sur l'écosystème approche et le "learning by doing"

Le Congrès Mondial sur l'Ecotourisme a défini 5 thèmes qui seront traités :

. Ecotourisme, développement et défi de durabilité

. Monitoring/ régulation de l'Ecotourisme .Marketing/ promotion de l'Ecotourisme

Les enjeux de l'Ecotourisme pour l'Afrique de l'Ouest

Atouts de l'Afrique de l'ouest

Espaces vierges à découvrir

Existence de réserves de Biosphère, de Sites Ramsar, de Sites de Patrimoine Mondial

Mise en œuvre de la CDB.

L'existence de l'UEMOA L'instauration de visas inter- Etats via le Conseil de l'Entente

Réseaux de communications développés

Contraintes

Manque de promotion (foires)

Insuffisance de personnel qualifié

Faiblesse en infrastructures d'accueil Manque de stratégie régionale

Faible développement du secteur privé

 

Valeur économique de l'Ecotourisme

par P. TAGRO du BNETD (C.I.)

L'Ecotourisme a une valeur économique, et Monsieur TAGRO a donné des valeurs au niveau régional et mondial. Ainsi, l'Ecotourisme constitue la 2è Industrie du monde, 7% des échanges mondiaux et fournit 195 milliards de dollars. L'Ecotourisme a constitué 10% de la part du marché du tourisme en 1989. Le Taux de croissance du voyage est de 30% dans le monde. En Afrique, le Kenya tire 350 milliards du tourisme grâce à sa faune.

Selon Monsieur TAGRO, l'Ecotourisme pratiqué intelligemment représente un remède durable pour allier développement Economique et Protection Ecologique. Il subsiste si les zones sur lesquelles il est basé sont protégées. Après avoir brossé la situation dans le monde, l'orateur a porté un regard sur le cas de l'Afrique de l'ouest.

Valeur de l'Ecotourisme en Afrique de l'Ouest

La Rentabilité de l'Ecotourisme peut être évaluée par analyse financière, prenant en compte tous les biens marchands et ignorant la diversité biologique.

Elle peut être évaluée également par analyse économique ou sociale qui prend en compte tous les biens, marchands ou non marchands ; cette analyse permet une meilleure préservation des zones protégées.

Avantages de l'Ecotourisme

1. protection des bassins hydrographiques

2. processus écologiques protégés

3. biodiversité (protection des ressources génétiques, des espèces, des écosystèmes, processus évolutifs)

4. enseignement et recherche

5. bénéfices des biens de consommation (produits divers des forêts)

6. bénéfices sans rapport avec la consommation (esthétique, culture, spiritualité, valeur intrinsèque)

7. liberté d'action future (option d'utilisation future, quasi possibilité d'adopter d'autres choix)

La Répartition géographique des avantages se fait sur les échelles locales, nationale, régionale ou sur l'échelle mondiale. L'échelle d'analyse des projets est importante pour le développement de l'Ecotourisme. Les bénéfices privés ou sociaux, primaires ou secondaires, lorsqu'ils sont raisonnablement gérés, les fonds générés par l'Ecotourisme peuvent aider à aménager les zones concernées.

Les coûts de l'Ecotourisme

Ils sont définis en termes de coûts directs, de coûts indirects, de coûts d'opportunité et d'autres Coûts. Les Coûts directs concernent la création et l'entretien des ouvrages ; les aménagements supplémentaires (hébergement), la gestion des déchets solides et liquides ; il faut penser toujours à l'entretien des infrastructures dans l'élaboration des projets. Les Coûts indirects sont représentés par les dommages créés par les animaux ; manque de dédommagement peut nuire au développement de l'Ecotourisme.

Le Coût d'opportunité doit être évalué avant de développer l'Ecotourisme. L'analyse financière ignore le coût d'opportunité. Autres coûts : bouleversements culturels, flambées des prix, pénuries des denrées, pratiques de la prostitution, drogue, surplus de la fréquentation. Il est important de planifier et gérer les activités pour le succès dans le développement de l'Ecotourisme.

Ecotourisme et développement économique :

Il stimule l'économie, crée des emplois, concilie défense de la nature et le développement durable. Il permet de maximiser les revenus du gouvernement par les droits d'entrée et d'accès aux sites, par les Redevances sur les activités et les produits, les taxes hôtelières ou taxe spéciale près des sites

L'Ecotourisme doit maximiser les bénéfices sociaux. Pour cela, on doit s'assurer que les populations locales retirent des avantages. Il faut que les populations soient conscientes de l'intérêt de l'Ecotourisme.

. L'Ecotourisme n'est pas pour autant une solution à tous les problèmes écologiques. Cependant, il peut être une solution de remplacement quand les investissements sont limités, les infrastructures peu onéreuses, les installations simples. L'analyse économique des options est utile pour cerner les coûts et les rendements probables privés et sociaux de l'Ecotourisme.

L'exposé a fait l'objet d'interventions portant plus sur des contributions que des questions. L'Ecotourisme étant vu comme un thème transversal, des suggestions d'organiser des formations de spécialistes capables de défendre les intérêts de l'Ecotourisme ont été faites ; cette formation peut aussi intéresser les éco-gardes en tant que formateurs de formateurs Cela leur permettra de faire des commentaires sur la faune, la flore aux touristes.

A la question de comment évaluer la valeur économique d'une ressource, l'orateur a Répondu que c'est le temps de travail qui est pris en compte dans le calcul de la valeur des ressources.

A la question quel type d'Ecotourisme pour la Côte d'Ivoire? l'orateur précise qu'on ne peut pas choisir un seul type d'Ecotourisme en CI : chaque cas doit être étudié en particulier ; le Centre de floristique peut être mieux valorisé et les revenus utilisés pour entretenir le centre.

Pour répondre au souci d'implication de l'extérieur au développement de l'Ecotourisme en Afrique de l'Ouest, les gouvernements doivent négocier pour pouvoir bénéficier des systèmes de compensation existants ; exemple : échanges de dettes contre nature. Les ressources doivent être utilisées pour aménager les parcs. Il faut une collaboration étroite entre les ministères impliqués pour parvenir à un consensus national, préalable au développement de l'Ecotourisme.

ECOTOURISME ET ECOVILLAGE

Les études de cas ont concerné :

- La Réserve de Biosphère Transfrontière du W du Burkina Faso

- Le Parc National de Taï de Côte d'Ivoire : Patrimoine Mondial, Réserve de Biosphère

- Le Parc National de la Comoé de Côte d'Ivoire : Patrimoine Mondial, réserve de Biosphère;

- Le Parc National de la Marahoué de Côte d'Ivoire:

- Le Parc National de la Pendjari Bénin - Le Parc National des Monts Nimba : cas de la Guinée

- Les Parcs Nationaux du Sénégal

Les présentations ont été faites selon le plan suivant :
1. Présentation du cas
2. Analyse des aspects économiques, juridiques et institutionnels
3. Implication des populations locales dans la gestion de l'écotourisme, le voir écologique traditionnel, prise en compte de l'approche genre (femmes, jeunes)
4. Stratégies d'action à mettre en œuvre pour une prise en compte de l'écotourisme dans le développement
5. Recommandations

PRESENTATION DES ETUDES DE CAS

Après la situation géographique de chaque cas, il a été brossé le tableau des atouts et des contraintes des parcs et réserves.

Atouts

- Grande diversité biologique (flore, faune, écosystèmes)

- Diversité de paysages - Enormes potentialités floristiques

-Existence de Répertoire de patrimoine culture

-Existence d'énormes potentialités touristiques(naturelles, culturelles, économiques)

- Pluralité culturelle - Grande richesse des connaissances écologiques (sites sacrés)

- Existence d'énormes potentialités pour la médecine traditionnelle (plantes, animaux, pratiques etc.)

- Création d'emplois

- Création de recettes

Contraintes

- Potentialités touristiques mal et peu connues, peu valorisées

- Répertoire de patrimoine culturel peu exploité

- Sites sacrés mal connus

- Médecine traditionnelle peu valorisée

- Mauvaise exploitation des plantes médicinales

- Manque de moyens matériels et financiers

- Absence de collaboration entre les acteurs impliqués

- Faible promotion nationale et internationale

ANALYSE DES ASPECTS ECONOMIQUES, JURIDIQUES ET INSTITUTIONNELS

L'analyse des aspects économiques, juridiques et institutionnels fait ressortir pour l'ensemble des cas présentés les points ci-après : le développement de l'écotourisme aura de nombreuses incidences socio-économiques et pourra apporter des changements induits aux populations riveraines notamment:

- Le renforcement de la protection et de la conservation des sites -

- La création d'emplois numérateurs

- L'augmentation à des prix compétitifs des produits agricoles et artisanaux.

- La valorisation des ressources socioculturelles et artistiques.

Quant aux incidences financIères, elles seront énormes pour l'Etat et les populations riveraines, le Projet bien géré sera une source inépuisable de recettes en devises étrangères, il pourrait couvrir un certain taux des recettes de l'Etat dans les secteurs du transport aériens et terrestres.

Au niveau national, l'Ecotourisme doit impliquer tous les Ministères intéressés et juridiquement sous la responsabilité du Ministère chargé du Tourisme et de ses services déconcentrés pour la réglementation de son statut administratif et juridique.

IMPLICATION DES POPULATIONS LOCALES DANS LA GESTION DE L'ECOTOURISME, LE SAVOIR ECOLOGIQUE TRADITIONNEL, PRISE EN COMPTE DE L'APPROCHE GENRE (FEMMES, JEUNES)

Les populations concernées seront impliquées au Projet, avant, pendant et après.

Quelques aspects du savoir écologique traditionnel

La prise en compte et la valorisation du savoir écologique traditionnel des populations riveraines est une nécessité impérieuse pour la gestion rationnelle des ressources naturelles. En effet, au cours des siècles les populations riveraines des AP ont exploité leurs ressources naturelles sans les détruire par ce que leurs méthodologies étaient fondées sur une parfaite adaptation au milieu et une éthique de conservation, à ces époques reculées, la demande était en équilibre avec la capacité de leur terrain et le droit coutumier en matière d'utilisation des terres, avait force de loi.

Les aires protégées ont existé de nos jours grâce au savoir écologique traditionnel des populations riveraines qui ont vécu auprès de celles-ci sans porter préjudice à certaines parties jugées sacrées, ce sont ces mythes autour de ces lieux qui ont rendu la zone inviolable par celles-ci, qui disposait des commissions traditionnelles de surveillance et de gestion des ressources naturelles. Ainsi la liste des lieux et des plantes à protéger par la communauté était élaborée. De nombreuses traditions dans la localité ont été bâties sur la protection du milieu naturel, il s agit de les redécouvrir et de les mettre au goût du jour afin de renforcer le sens profond de l'identité culturelle

Prise en compte de l'approche genre (les femmes et jeunes)

Les femmes et les jeunes auront un rôle primordial à jouer, étant nombreuses, les femmes seront regroupées en coopératives de maraîchages, teinture et artisanat, elles seront impliquées dans toutes les phases du Projet et pourront jouer les rôles de cuisinières, laveuses, guides, agents de liaison, accueil, secrétaires, assistantes financières et autres rôles importants telles que la sensibilisation et l'éducation environnementale (mères de familles. Quant aux jeunes, ils seront guides, domestiques, agents, gardiens et joueront plusieurs rôles dans l'éducation environnementale, ce volet sera introduit au Primaire et à toute association de jeunesse.

STRATEGIES D'ACTION A METTRE EN ŒUVRE POUR UNE PRISE EN COMPTE DE L'ECOTOURISME DANS LE DEVELOPPEMENT

Approche participative pour l'auto promotion Animation rurale

Collaboration avec les autres structures intervenant autour des sites Coopération avec des entreprises touristiques et des agences de voyage internationales
Diversifier les attractions: excursions plusieurs journées,
construire un "Canopy Walk", construction de musée dans les sites etc.
Développer le tourisme culturel avec la population (visite des villages, musique et danse, artisanat); Améliorer le confort pour les visiteurs de longue durée (électricité solaire, aires de repos, etc.).
L'ouverture d'autres sites touristiques

Participer aux expositions internationales
Contacter la presse (voyages, nature, Ecotourisme, etc.)
Développer et distribuer du matériel publicitaire (brochure, poster, site web, CD Rom, etc.)

Activités artisanales, culturelles, sites historiques et évènements culturels religieux à fort potentiel touristique;

-Présence de villes historiques pouvant être utilisée comme circuit (route des esclaves). -Sites naturels à-e grande valeur culturelle (faune, flore, lieux sacrés) : singes de Soko, rivière sacrée de Silakoro, etc.; -Phénomène et activité traditionnels exploitables ( Dozo, cérémonies d'initiation, etc.); -Possibilité d'élaborer des produits sous régionaux; -Activités culturelles et religieuses transfrontalières (Festival des eaux, fête des ignames); -Valorisations du patrimoine historique (royaume Ashanti, Sawi, Kong, etc.); -Potentiel pour un tourisme culturel et d'affaire : FESPACO, MASA, SIAO, DAKAR, etc.; -Des institutions internationales impliquées dans des activités relatives au tourisme d'affaire; -Opportunité pour la promotion du tourisme vert au cours de ces salons.

Contraintes

Les contraintes ont été abordées sous divers angles :

Contraintes socio-économiques :
- Zones Soumises à de fortes pressions (démographique, pollutions, urbanisation poussée)
Pauvreté;
- Absence d'information, éducation et communication;
- Non implication des populations locales.

Contraintes réglementaires et institutionnelles
- Manque de coordination entre les autorités gouvernementales (Ministères du Tourisme, de l'Urbanisme) et entre institutions gouvernementales et autorités locale (prévalence des droits coutumiers);
-Textes réglementaires inadaptés;
-Absence de plate forme de concertation;
-Coordination insuffisante avec les conventions internationales;

Contraintes financières
-Insuffisance de financement
-Mobilisation difficile
-Faible rentabilité

Contraintes logistiques-techniques
-Infrastructures insuffisantes (voies d'accès - réceptifs)
-Personnel et équipements insuffisants
-Faible connaissance des ressources

ACTIVITES MAJEURES

Conservation de la biodiversité · Sensibilisation · Révision et renforcement des textes · Recherche scientifique Inventaire des sites et évènements culturels majeurs à potentiel écotouristique

Développement. socio-économique · Implication des populations locales · Développement d'activités alternatives · valoriser les activités alternatives · Infrastructures à créer · Formation · Développement et promotion de l'offre touristique

RECOMMANDATIONS

Considérant le rôle important que joue l'écotourisme dans la promotion de la protection de la biodiversité et dans le développement local, les participants de l'atelier de Lamto ont décidé à l'unanimité de faire quelques recommandations pour une meilleure prise en compte de l'écotourisme dans les politiques nationales de développement et de coopération sous-régionales:

- la mise en place d'un cadre de concertation pour le développement de l'écotourisme;

- la création d'un comité sous-régional sur l'écotourisme, cadre de concertation des comités nationaux;

- le renforcement des capacités scientifiques institutionnelles et techniques;

- la mise en place d' un Fonds national pour le développement de l'écotourisme;

- une plus grande implication des populations (Femmes-Hommes-Jeunes…) dans la conception et la gestion des activités relatives à l'écotourisme;

- mandater l'UNESCO pour assurer la promotion de projets pilotes d'écotourisme à l'échelle régionale.

Vu l'immense richesse touristique que recèlent les Monts Nimba, nous suggérons auprès du Gouvernement Guinéen, des bailleurs de fonds et des Institutions spécialisées les propositions ci-après:

- l'élargissement ou l'extension du réseau des aires protégées par l'intégration des zones sensibles (littoral, mer, montagnes…) dans l'optique d'atteindre à l'horizon 2015 le taux de 10% de la superficie nationale;

- l'instauration d'une journée nationale de l'écotourisme dans les pays africains;

- la prise en compte des aspects recherches et d'éducation scientifique dans les activités éco- touristiques;

- la mobilisation des moyens financiers, humains et de communication;

- l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communications;

- l'instauration de campagne de sensibilisation des populations, des pouvoirs publics, des élèves et étudiants à l'échelle nationale;

- l'implication de tous les acteurs concernés dont le secteur privé, les autorités locales, les pouvoirs public et les institutions sous-régionales (UEMOA, Conseil de l'Entente, CEDEAO, CEMAC, etc.)

- la recherche d'appui auprès des institutions internationales (UNESCO, MAB, WHC, OMT, UNEP, PNUD,…)

- la réalisation d'un suivi-évaluation des sites éco-touristiques pour assurer la pérennité des patrimoines exploités;

- le partage des bénéfices avec les populations locales.

 

LA RESERVE DE BIOSPHERE DU W BURKINA FASO

INTRODUCTION

Le Burkina Faso est un pays enclavé d'une superficie de 274 000 km2. Sa population en 1999 est estimée à 11 millions d'habitants comprenant une soixantaine d'ethnies. Le taux de croissance démographique est très élevé. Les migrations internes et l'urbanisation concourent à une dégradation accélérée de milieux déjà fragiles. L'économie est essentiellement basée sur le secteur agricole. oLe secteur primaire (agriculture, élevage, forêt, faune, pêche ; etc.) occupe près de 80% de la population active et contribue à peu près à 35% du PIB et 60% des exportations. Les ressources minières participent à 0,1% dans le PIB et le tourisme essentiellement tourné vers l'extérieur occupe 1,7% du PIB.

 

Les potentialités touristiques sont représentées par les sites naturels :

les pics de Sindou, la Guinguette et la Mare aux Hippopotames à Bobo-Dioulasso, les sites culturels de tradition, de faune/chasse et safari (Parc d'Arly, ranch de gibier de Nazinga, zones de chasse de Pama), d'artisanat (salon international de l'artisanat de Ouagadougou) etc.

La superficie de la zone centrale du parc est de 235 000 ha. Elle assure les fonctions de conservation, de surveillance écologique et de recherche scientifique. oDans la zone tampon de 111 000 ha est pratiquée la chasse sportive de la Kourtiagou ou de Kondio (51.000 ha), de Tapoa Djerma (30.000 ha) et de Koakrana (30.000 ha). La zone de transition regroupe les territoires des départements de Logobou, Tambaaga, Tansarga, Namounou et Diapaga ainsi que les zones villageoises d'intérêt cynégétique à la périphérie des concessions de chasse sportive.

CARACTERISTIQUES

Le relief de la réserve de Biosphère du W détermine des paysages diversifiés qui sont des attraits touristiques de cette région.On distingue sept (7) grands types d'habitats :les zones humides (mares, fleuves, rivières, cascades) avec prairies aquatiques; les forêts galeries; les formations boisées (forêts claires sèches); les formations arborées et arbustives; les formations herbacées graminéennes; les formations anthropisées (jachères, friches, anciennes vestiges) et les bowé.

LES TROIS FONCTIONS DE LA RESERVE DE BIOSPHERE

FONCTION DE CONSERVATION

Conservation à caractère transfrontalier (B,N)o la conservation in situ des ressources génétiques d'espèces rares, endémiques, menacées.ola réhabilitation et la réintroduction d'espèces végétales. o la conservation des paysages et de la diversité biologique des Zones humides (site Ramsar).

FONCTION DE DEVELOPPEMENT

L'Aire centrale fait l'objet d'une activité soutenue de promotion grâce au projet régional ECOPAS qui développe à court terme des activités de tourisme de vision.oLa Zone tampon fait l'objet de chasse sportive organisée par les concessionnaires privés en association avec les communautés villageoises.oLa Zone de transition englobe les terroirs villageois où sont conduites des activités agro-sylvo-pastorales (zones villageoises d'intérêt cynégétiques directement gérées par les populations, gestion des terroirs, etc)

Les potentialités de développement Le tourisme : il faut développer :
- les structures d'accueil (villages touristiques, petite restauration),
- les produits valorisant le patrimoine touristique (éléphant, lions au niveau des points d'eau, …) les produits valorisant le patrimoine culturel (danses, musique, vie traditionnelle, masques).

Les autres activités: - diversifier l'élevage en créant des élevages de faune sauvage;
- diversifier l'agriculture : arboriculture fruitière, maraîchage;
- exploiter des produits forestiers autres que le bois;développer l'artisanat (vannerie, sparterie, maroquinerie, etc);développer la pêche (pisciculture);
- développer la chasse (sportive et villageoise) qui contribue déjà de façon significative au développement socio-économique de la région par ses retombées financières.

FONCTION D'APPUI LOGISTIQUE

Potentialités
Projet ECOPAS
Les Universités de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso
Les Instituts de recherche nationaux et extérieurs avec des moyens prévus pour:
- les Centres communautaires;
- l'Ecomusée, herbier;les sentiers écologiques;les supports audio visuels;les campement touristique;

- les station de rechercheMoyens existants :

2 campements de chasse (Tapoa-Djerma et Kondio)

Recherche et surveillance oImportant volet de recherche scientifique :

La Recherche et surveillance abiotiques (climatologie, hydrologie, géomorphologie, etc.)

La Recherche socio-économique (démographie, économie, savoir traditionnel, etc.)

La Recherche et surveillance biotiques (flore, faune), le SIG Education et sensibilisation de la population et Formation de spécialistes Conférences, Causeries- débats, Voyages d'étude

STRATEGIES D'ACTION A METTRE EN ŒUVRE POUR UNE PRISE EN COMPTE DE L'ECOTOURISME DANS LE DEVELOPPEMENT

Selon l'Organisation Mondiale du Tourisme (1999), toute politique de développement du tourisme doit oeuvrer à ce que le tourisme soit une activité bénéfique pour le pays et pour les communautés d'accueil. Cela est aussi valable pour l'écotourisme. Les politiques touristiques doivent être conduites de sorte qu'elles contribuent à l'amélioration des conditions de vie des populations des régions visitées et répondent à leurs besoins. Le mode d'exploitation des stations et hébergements doivent viser à leur meilleure intégration possible dans le tissu économique et social local. A compétence égale, l'emploi de la main d'œuvre locale doit être recherché en priorité

RECOMMANDATIONS:

CREER DES ECOLES COMMUNAUTAIRES

But : développer chez les jeunes l'esprit scientifique pour les préparer à résoudre les problèmes de leur environnement local et développer en eux les attitudes et compétences nécessaires au maintien de la santé et à la vie dans le village.

Approche : éducation relative à l'environnement, basée sur les besoins locaux et l'environnement villageois, y compris l'hygiène, la géographie et l'histoire, les sciences, la formation professionnelle s, les activités artisanales, touristiques et les techniques de construction.

INSTAURER L'ENSEIGNEMENT DE L'ECOLOGIE DANS LES ECOLES PRIMAIRES

L'écologie = " Relation entre le monde vivant, Homme compris, et l'Environnement ".

But : Son enseignement indispensable car nombre de problèmes de l'Afrique aujourd'hui et demain sont de nature écologique ( la surpopulation, la production alimentaire, la dégradation de l'habitat et la pollution de l'air, de l'eau et du sol).oApproche : apprendre aux élèves à comprendre, apprécier, protéger et utiliser l'environnement naturel en tenant compte de leurs connaissances scientifiques et technologiques.

INSTAURER L'ENSEIGNEMENT DE LA CULTURE DANS LES ECOLES PRIMAIRES

 

But : formaliser l'enseignement des aspects culturels dans le cadre du développement de l'écotourisme

Approche : permettre aux élèves d'acquérir le sens des valeurs culturelles, morales et spirituelles de la vie.

Enseigner les coutumes et les traditions à l'occasion des différents événements de la vie.

L'éducation culturelle se fait en étudiant, jouant, mangeant et travaillant ensemble.

STRATEGIE D'ACTIONS A METTRE EN OEUVRE POUR UNE PRISE EN COMPTE DE L'ECOTOURISME DANS LE DEVELOPPEMENT

En général la stratégie consiste à développer des formes de bénéfices accessibles pour un grand nombre de villageois ou bien pour les communautés entières. il faut d'abord clarifier les rôles des différents acteurs impliqués dans le développement et la gestion du tourisme.

PROGRAMME ECO-TOURISTIQUE DE LA RESEVE DE BIOSPHERE DU DELTA SALOUM (RBDS) - Sénégal

Configuration générale de la RBDS

La Réserve de Biosphère du Delta du Saloum (RBDS) est située sur les côtes de l'Afrique de l'Ouest, au centre ouest du Sénégal, à la frontière gambienne. Elle est localisée entre 13º35 et 14º15 de Latitude Nord et 16º03 et 16º50 de Longitude Ouest. Elle couvre une superficie de 334 000 hectares.

Elle se caractérise par la présence de trois principaux milieux écologiques : un domaine continental riche en forêts et limité dans sa partie basse par la mangrove et les tannes ; un domaine amphibie composé de trois grands groupes d'îles bordés par un réseau dense de chenaux entourés de mangroves ; et un domaine maritime. Ces trois milieux ont des fonctions relativement différentes et sont fortement dépendants du point de vue de leur fonctionnement, leur dynamique et leur évolution.

Le domaine continental est l'habitat principal de la grande et moyenne faune sauvage, il est la principale source trophique (eau et constituants organiques et minérales) des cours d'eau estuariens et de son écosystème mangrove. C'est aussi la zone la plus dégradée de la RBDS, plus de 80% de la superficie est défrichée, l'avancée de la langue salée et des tanns et, la dégradation de la mangrove est très remarquable à ce niveau. L'érosion hydrique drainant une forte proportion de particules sableuses est une menace à long terme pour les écosystèmes vasière-mangrove d'une part, et les galeries forestières d'autre part.

Le domaine amphibie qui constitue l'estuaire et est le milieu principal de reproduction, de nourrissage et de repos des espèces halieutiques et les oiseaux d'eau. Cette richesse est maintenue grâce aux nombreuses vasières, chenaux ou bolons bordés de mangrove. Les îles et îlots inhabités constituant les derniers refuges de la grande et moyenne faune sauvage.

Le domaine maritime renferme une série d'îlots, de banc de sable et d'importants herbiers. C'est la principale zone de reproduction des oiseaux, les Laridea en particulier. L'île aux oiseaux étant le principal site. Grâce à son herbier, il est le domaine maritime de nourrissage de tortues marines, de crevettes et lieu de convergences de plusieurs espèces halieutiques. Quoique zone de haute importance conservation, il est le premier site de pêche de la RBDS.

Le Climat

Le climat se caractérise par des régimes thermiques et hydriques de type tropical subissant la double influence de la pluviométrie et des effets océaniques en particulier dans les marges maritimes de l'estuaire. Les températures moyennes annuelles se maintiennent autour de 26-31° C. Les normales pluviométriques accusent une nette régression passant de 800-950 mm en 1931-59 à 600-750 mm pour la normale 1960-1989, soit une baisse comprise entre 18% et 24%. Cette baisse de pluviosité est l'un des principaux facteurs de dégradation du paysage de la RBDS et de la perte de biodiversité.

La végétation

Trois types de biotopes sont à distinguer au niveau de la RBDS :

L'écosystème mangrove le long des chenaux dans le domaine amphibie. Les trois principales espèces qui composent cet écosystème sont Rhizphora racemosa, Rhizophora mangle et Avicennia africana. Cet écosystème est le trait de paysage le plus dominant de la RBDS. La mangrove est très dégradée en amont du cours d'eau Saloum et relativement bien conservée dans la zone du delta. Le second biotope est une savane arbustive à arborée, dominée par quelques espèces ligneuses d'affinité soudanienne. Les galeries forestières avec une canopée plus dense et une composition floristique d'affinité guinéenne.

Au total 188 espèces ligneuses (9% des espèces végétales ligneuses et herbacées du Sénégal) regroupées dans 50 familles (30% des familles des plantes supérieures du Sénégal) ont été identifié au niveau de ces deux derniers biotopes.

La grande et moyenne faune sauvage

le Parc National du Delta du Saloum (PNDS) présente la plus importante figure en matière de biodiversité.

la Forêt classée de Sangako abrite la population la plus septentrionale de Colobes bais. Les îles non habitées abritant souvent les espèces menacées comme l'île Léba, l'Ile aux Hyènes, l'Ile Yassa, l'Ile Toubacouta, sont parmi les sites de protection des animaux sauvages.

Depuis un certain temps, tous ces habitats subissent une forte dégradation et nécessitent des mesures urgentes pour la conservation de la biodiversité. Les espèces particulièrement menacées sont : le Sitatunga, le Cobe des roseaux , le Céphalophe de Grimm et le Céphalophe à flancs roux pour les antilopes et le Colobe bai d'Afrique occidentale. Cette dernière (Colobe bai) est classée "en danger d'extinction " par l'UICN sur l'ensemble de son aire de répartition en Afrique, et ne survivant pas en captivité, est l'espèce la plus dépendante de la conservation de son habitat (arbres guinéens).

Les oiseaux d'eau

Un total de 122 000 oiseaux d'eau répartie en 95 espèces a été dénombré. Les Limicoles constituaient 65% des oiseaux comptés, les Larideae 27% et les Ardeideae 3,5%. Les espèces les plus abondantes sont le bécasseau cocorli (16%), le bécasseau minute (14%), le géoland brun (11%), le géoland railleur (7%), le gravelot (7%), l'huîtrier pie (3,8%) et l'avocette (3,5%).

La RBDS reçoit plus de 1% de la population du total mondial de 21 espèces oiseaux d'eau et à ce titre remplit largement les critères de zone humide d'importance internationale. Par ailleurs, elle est considérée comme le premier site mondial de reproduction de sternes.

Répartition des oiseaux par groupe

Les ressources halieutiques

Cent quatorze (114) espèces de poissons appartenant à cinquante-deux (52) familles ont été répertoriées dans l'estuaire du Sine Saloum. Il s'agit essentiellement de formes estuariennes d'origine marine et marine estuarienne.

Les invertébrés marins (mollusques et crustacés) sont représentés par des espèces de grande importance économique, essentiellement destinées à l'exportation. Les mollusques comprennent près de 40 familles et une centaine d'espèces de bivalves, de gastéropodes et de céphalopodes. Les crustacés sont constitués d'une cinquantaine d'espèces de homards, de langoustes, de crevettes, de crabes et de stomatopodes.

Parmi les cent quatorze espèces de poissons répertoriées dans l'estuaire du Sine-Saloum, trente-six (36) s'y reproduisent régulièrement et huit (8) autres exceptionnellement. Quatorze espèces (dont les huit qui se reproduisent de façon exceptionnelle) effectuent leur maturation sexuelle dans l'estuaire et vont se reproduire en mer. Au total donc, cinquante espèces (44% ) au moins se reproduisent ou commencent leur maturation sexuelle dans l'estuaire (voir volume 1).

Comme beaucoup d'estuaires à travers le monde, l'estuaire du Saloum joue le rôle de nurseries pour plusieurs espèces côtières dont certaines ont une très grande importance halieutique au Sénégal. Concernant les espèces en danger, les études n'ont pas encore confirmé des espèces menacées de disparition. Toutefois, une attention particulière devrait être portée sur certaines espèces d'origine marine qui sont fortement exploitées par les pêcheries en mer. Ces espèces sont représentées pour l'essentiel par les sardinelles, les ethmaloses, les mérous, les barracudas et les requins.

L'augmentation de l'effort de pêche lié à l'accroissement de la population de pêcheurs et à l'intensité de pêche peut constituer à terme une menace pour les ressources en présence et par conséquent, cela nécessitera des mesures d'accompagnement.

Les ressources archéologiques

Sur le plan des richesses archéologiques, les fouilles effectuées par DESCAMPS et al. (1977) font état de 96 sites d'amas coquilliers recensés. Actuellement, l'inventaire comprend 218 amas dans les îles du Saloum dont 28 (12,8%) sont porteurs de tumulus.

Malgré leur importance au plan archéologique, les amas connaissent des problèmes de conservation du fait de leur exploitation intensive en carrières par les populations riveraines. Les coquillages font partie des matériaux utilisés dans la construction des routes et des bâtiments.

Les activités socio-économiques dans la RBDS

L'économie de la zone est caractérisée par des activités liées essentiellement aux ressources naturelles. Il s'agit de l'agriculture, la pêche, l'élevage, la cueillette de produits forestiers, le tourisme, l'exploitation du sel et l'extraction du sel et des coquillages. La prédominance de certaines activités est fonction de l'ethnie et du genre.

Depuis l'indépendance, on note une intensification des productions. Ainsi, durant les années 1960 et 1970, le programme agricole a facilité le défrichement de toutes les terres du domaine continental non classé. Le parc piroguier motorisé est estimé entre 500 et 1200 pirogues suivant les années alors qu'il était inexistant à l'indépendance.

La description faite ci-dessus de la RBDS constitue l'état de référence que le plan d'action tentera de maintenir et d'améliorer selon les cas et situations présentes.

L'importance de la biodiversité et des activités humaines implique pour ce plan d'action d'inclure cette double dimension. Ceci est réalisé grâce à un zonage qui définit les fonctions et attribution de chaque site conformément aux principes d'une réserve de Biosphère : aire centrale, zone tampon et zone de transition suivant le niveaux d'anthropisation.

LE ZONAGE DE LA RBDS

En se fondant sur la stratégie de Séville, et sur les études biophysiques et socio-économiques menées dans le delta du Saloum, un zonage a été adopté d'une manière participative.

Conformément à la stratégie de Séville et suivant l'intensité des activités humaines et la nécesité de conservation, 3 principales zones ont été identifiées, il s'agit d'une aire centrale, d'une zone tampon de zone de transition et une zone périphérique. Pour ces zones de transitions et tampon, des aires des noyaux de conservation seront identifiés d'une manière participative.

Une aire centrale ou aires prioritaires pour la conservation de la nature. Il s'agit d'espaces stratégiques essentiels pour la conservation biologique, le contrôle d'écosystèmes à faible turbulence, la recherche non destructive et d'autres activités à faible impact (telles que l'éducation et l'écotourisme).

Pour la RBDS, cette aire englobe : le parc National du delta du Saloum avec comme sites constitutifs les îles Djinack et Léba ; les îles de l'océan et Sangomar ; l'embouchure du Diomboss y compris Fadiong ; Poutak et Gouk et la forêt de Fathala.

L'importance des formations forestières de Léba et Fathala pour la survie des espèces menacées (Sitatunga, Colobes bais) a été largement démontrée. Par ailleurs, l'ensemble des îles (îlots de l'océan, îles aux oiseaux, Sangomar ...) constituent des sites importants pour l'avifaune. Enfin, les nombreux bolons (Bandiala, Bakadadji) constituent des sites de reproduction et de nourrisserie pour la faune aquatique.

Cette zone centrale fera l'objet de mesures de conservation particulières

   

 

Une zone tampon : aire de développement durable soumise à des restrictions quant à l'ampleur et aux types d'activités. Cette zone est utilisée pour des activités de coopération compatibles avec les principes écologiques dont l'éducation environnementale, la récréation et la recherche fondamentale et appliquée.

Au niveau de la RBDS, les îles Bétenty (y compris le Bandiala et les passes de Fambine et Ndar), connues pour leur richesse spécifique en habitat et biomasse et qui se distinguent par l'importance de la diversité de la végétation (avec la présence de peuplements de Prosopis africana, de Lophira lanceolata ) et de la grande faune (mammifères dont des singes, des guibs, cobes des roseaux) constituent la zone tampon.

A noter que les passes de Fambine et Ndar très riches en ressources halieutiques constituent pour la zone un important site de reproduction d'Ardeidés.

Sur le plan archéologique, 33 amas coquilliers dont 7 porteurs de tumulus sont relevés sur les rives du Bandiala et de ses affluents (1977).

Les principaux problèmes à résoudre sont : la destruction de la végétation naturelle due aux défrichements abusifs et les feux de brousse.

Une zone de transition : aire offrant le plus grand potentiel de développement durable. Cette zone de coopération peut se prêter à une variété d'activités agricoles, à des campements et à d'autres fins, et dans laquelle les communautés locales, les ONG, les GIE, les groupements culturels et d'autres bailleurs de fonds travaillent ensemble pour la gestion et le développement de la zone. Les îles Gandoul (y compris le Saloum), les îles Mar au Nord, les vasières de Fimela-Palmarin et Joal à l'ouest, les tannes de Fayil-Faoye au nord et l'interface estuaire-continent, de l'Est de Foundiougne à Missira constituent pour la RBDS la zone de transition.

L'aire de transition au niveau de la RBDS est caractérisée par l'importance des parcs arborés (à Detarium senegalense et à Neocarya macrophylla. Syn. Parinari macrophylla), la présence de rôneraies et de mangrove, l'existence d'un certain nombre de vasières, et d'amas coquilliers. Des sites de reproduction de la tortue verte sont rencontrés (Palmarin, Fandion). La zone de transition est également marquée par l'importance du peuplement humain avec la présence d'importants villages. Les activités agricoles, la pêche, le tourisme de découverte y sont développées.

En fonction de l'importance de ces activités humaines, trois sous-zones sont distinguées : une zone faiblement anthropisée, constituée par les îles du Saloum ; une zone moyennement anthropisée correspondant au domaine fluvio- marin compris entre Palmarin, Faoye et Fayil et une zone forte anthropisée qui comprend la façade continentale de l'estuaire allant de Foundiougne à Missira.

Les contraintes majeures qui pèsent sur cette zone sont liées à la salinisation des terres, au manque d'eau douce, au passage fréquent de feux de brousse, à la forte pression du bétail et aux défrichements.

Un plan de gestion réalisé d'une manière participative et devant être mis en œuvre suivant le même principe a été réalisé. Il est basé sur les recommandations prioritaires des diagnostics participatifs. Il sera réalisé avec tous les acteurs concernés grâce aux cadres de concertation mis en place (Comité d'Orientation, Comité Scientifique, Comité de gestion, Comité de Partenariat et Comité Exécutif). Il permettra l'élaboration de codes de conduite environnementale et La participation des populations à la gestion des sites de conservation.

Les objectifs 1 et 2 du plan devront permettre de renforcer les capacités de gestion du réseau actuel d'aires protégées de créer de nouvelles aires (4 sites de protection de la faune,9 sites d'oiseaux d'eau, le dôme piezométrique), de mettre en place des programmes de protection d'espèces spécifiques (requins, tortues, lamantins, etc.) de protéger les frayères, de vulgariser le principe de repos biologique des pêcheries.

Dans son objectif 1 et 3, Il devra donner l'opportunité de développement économique et social de la RBDS par la réalisation d'un certain nombre d'infrastructures, la vulgarisation de techniques modernes de production, la lutte contre la pauvreté et le renforcement des capacités des acteurs locaux par l'éducation et l'alphabétisation.

Il est aussi un plan de croissance par la mise en place d'activités génératrices de revenus à haute valeur ajoutée (banque villageoises, apiculture, nouvelles techniques de transformation des produits halieutiques, écotourisme etc.).

Le Programme écotouristique

La promotion de l'écotourisme est une composante du plan de gestion. Il correspond à l'objectif 3 et au résultat 3 qui est de favoriser l'émergence d'une évolution positive des mentalités et des comportements face à l'environnement.

Dans le cadre de la phase IV du programme de renforcement des capacités de gestion des zones humides en Afrique de l'Ouest (financement Royaume des Pays Bas). Le programme écotouristique est lié à la création d'aires protégées communautaires dans la réserve de Biosphère du Delta du Saloum.

La mise en œuvre du plan de gestion de la RBDS a permis la création de aires protégées communautaires : à Palmarin, Fandion, Fambine et Bamboung en plus du Parc National du Delta du Saloum.

Le programme éco-touristique se met en place autour de ces sites protégés de la RBDS. Dans ce cadre, il est envisagé de construire un réseau de 8 campements villageois, 4 écomusées villageois couvrant toute la zone, la formation de guides, l'exploitation d'un réseau de circuits éco-touristiques. Les campements villageois aussi appelés " Eco-VillagesTouristiques " sont répartis pour occuper toute la RBDS. Ces sites seront construits à Palmarin, Falia, Bétenti, Bakadadji, Fambine, Soucouta, Niodor et Bassoul. Pour Chaque site il est prévu un circuit éco-touristique.

Le circuit éco-touristique de Palmarin comprend les vasières d'oiseaux Matamata, Akoulé, les dortoirs et sites de gagnage de flamants, pélicans, l'île aux oiseaux " de Pata Ngoussé et le site de débarquement de Djiffère.

Le circuit éco-touristique de Falia comprend la visite des tumulus et sites archéologique de Thioupane, la participation à la récolte d'huitre et d'arche avec les femmes de Falia et de Diogane, la visite des vasières du bolon de Falia, la promenade en calèche dans le groupe de 5 villages (Moundé, Diogane, Thialane, Falia et Siwo). Ce circuit comprend aussi, une promenade en pirogue ou en canoë de Falia à Diogane. Des dégustations de mulets braisés seront proposées aux visiteurs. Des boutiques artisanales seront implantées dans les circuits

Le circuit de Bétenti comprend la promenade en marée basse, l'accompagnement des femmes pour la récolte des coquillages, la visite des îlots autour de Bétenti et la promenade en calèche dans la brousse de l'île Bétenti et en pirogue jusqu'à Bossinkang.

Le site de Bakadadji est à l'intérieur du PNDS devra permettre la mise en place d'une alternative à la chasse, en créant un circuit week-end : pour le premier jour promenade en pirogue ou en canoë dans les bolons allant de Bakadadji à Djinack en passant par l'amazonie ; pour le deuxième jour, un camping à l'île aux hyènes et une promenade en VTT dans la foret de Fathala, le long de la vallée de Mansarinko seront programmés.

Le site de Fambine comprend la promenade en pirogue dans les bolons vers Ngadior, Djirnda et Diamniadio, la visite de dortoirs, de vasières, la dégustation de mulets braisés et la participation à la récolte d'arches.

Le site de Soucouta est un site terrestre qui permettra valoriser les ressources archéologiques de la zone à savoir les amas et tumulus de Diorom boumack et Diorom boundaw, les constructions coloniales de Toubacouta, la promenade en calèche dans la foret de Sangako, la promenade en pirogue pour visiter l'aire marine protégée de Bamboung, l'observation des dauphins du Diomboss.

Le site de Niodior valorisera les sites protégées de Fandion, d'Assanga, d'Isofna et la vasière de Poutak. Le circuit comprend une promenade terrestre du village à Fandion, une promenade en pirogue ou canoë et des plongées sous-marines autour de la pointe de Sangomar.

Le site de Bassoul sera exploité par les détenteurs des connaissances sur les lamantins. Un écomusée montrant les connaissances traditionnelles sur le lamantin sera implanté. Un circuit de visite des anciens miradors de chasse et d'observation de lamantin sera mis en place par les acteurs. Un centre de formation sur les connaissances traditionnelles sera mis en place.

Outre ces circuits locaux, de grands circuits reliant ces campements sont prévus. C'est ainsi qu'il est envisagé de mettre en place 4 routes.

- Une route allant de Joal-Fadiouth-Palmarin à Fambine, traversant le Diomboss et se terminant à Soucouta ;

- Une Route partant de Joal-Fadiouth-Palmarin à Niodior-Bétenti-Djinack et Bakadaddji ;

- Une route valorisant la culture mandingue joignant Missirah, Bossinkang, Bétenti, Djinack, et Bakadadji.

- Un circuit allant de Soucouta à Bakadaddji par pirogue en passant par Sipo et par voie terrestre en passant par Bani, Sourou, Dassilamé, Némaba et Missirah.

Cadre logique du projet

Conformément aux objectifs visés par les Réserves de Biosphère, le but du plan de gestion et du projet est de promouvoir des mécanismes participatifs de gestion intégrée et d'utilisation rationnelle des ressources naturelles de la Réserve de la Biosphère du Delta du Saloum (RBDS), de manière à maintenir les processus écologiques fondamentaux et à conserver la diversité biologique.

L'objectif du projet est de renforcer les capacités de gestion éco-touristques autour des sites protégées de la RBDS et faire émerger de méthodes non destructives d'utilisation des ressources biologiques. Il a quatre objectifs spécifiques :

OS1 : Organiser ces circuits :

- Illustration et marquage des sentiers et circuits :

Les sentiers et circuits seront aménagés. Le routing sera illustré et marqué. Des cartes, textes et images explicatifs seront illustrés le long des circuits et des aires de repos seront aménagées. La cartographie de ces circuits sera produite et publiée. Le mode d'utilisation sera établi et la gérance sera confiée aux structures liées aux campements.

- La publication de brochures expliquant les valeurs écologiques et culturelles de ces sites :

Auparavant une étude sera faite pour identifier les circuits, mettre en exergue les faits et actes de la région et la diversité biologique. Ces études seront publiées sous forme illustrative à l'attention des touristes, des tours opérators, des éco-guides et des écoles.

OS2 : Promouvoir le programme éco-touristique de la RBDS :

- Le marketing des circuits RBDS dans les hôtels, tours opérateurs, sites WEB et dans les festivals :

Une étude exhaustive du marché sera faite et une approche permettant d'atteindre la clientèle la plus large possible sera mise en place. Les différents véhicules de communication seront utilisés à cette fin. Le programme disposera d'un service commercial à Dakar. Une collaboration avec les centres touristiques de Saly, Banjul sera envisagée.

- La production de matériels audiovisuels,

OS3 : Renforcer les capacités de gestion éco-touristique des populations :

- La formation de guides éco-touristiques,

L'objectif est de promouvoir 5 guides professionnels originaires de la zone sur chaque circuit. Ces guides seront formés aux techniques de guidage, à la connaissance des circuits, à l'histoire, la botanique et l'ornithologie. Ils devront disposer d'outils didactiques (brochures et revues) et s'équiperont à partir des fonds éco-touristiques en matériels de guidage (jumelles, canoes, pirogues, VTT, calèches, etc.).

- Le renforcement des capacités de gestion des populations d'un programme éco-touristique (formation en gestion hôtelière, gestion de circuits, marketing, etc.) :

Le principe étant une gestion intégrée des campements, les populations locales bénéficieront de formation à différentes échelles pour assurer la gestion du programme. Les femmes et jeunes seront aussi formés en techniques de teintures et de gestion de structures d'approvisionnement des campements (aviculture, horticulture, embouche, etc.).

- L'Education environnementale :

Outre la formation des professionnels chargés de gérer les structures, le programme met en place un programme d'éducation environnementale à deux niveaux : Au niveau des écoles pour faire partager les connaissances par divers approches (visites sites, connaissance de la signification des circuits, jeux concours, etc.). Pour les adultes, il s'agira de mettre en place un programme d'affichage sur le tourisme, l'écotourisme et les enjeux et d'assurer un programme d'alphabétisation incluant les thèmes éco-toursime, aires marines protégées et conservation.

- Le Programme d'hygiène et salubrité :

C'est l'un des aspects important de ce programme. D'une part, le programme actuel du projet phase IV d'hygiène et de salubrité de l'environnement marqué par des opérations de nettoiement des villages, de latrinisation et de recyclage des déchets sera renforcé. D'autre part un programme de gestion des déchets issus des campements sera mis en place. L'un des indicateurs les plus pertinents de ce programme sera l'amélioration de l'hygiène publique dans les villages et la bonne gestion des déchets des campements. Une implication des services publics pour un strict respect des normes d'hygiène et de salubrité est requise dans le cadre de ce programme.

Appuyer l'équipement en matériel éco-touristique :

- L'équipement et l'organisation des écomusées villageois et, de l'écomusée de Joal-Fadiouth :

L'écomusée de Falia a pour objectif de valoriser le patrimoine archéologique du tumulus de Thiopuapane, de retracer l'histoire des îles, l'importance de la mangrove et la richesse biologique de la zone du Gandoune.

L'écomusée de Soucouta mettra en valeur les sites archéologique de Diorom boumag et Diorom boundaw, il mettra en valeur l'aire marine protégée de Bamboug et retracera l'importance culturelles des infrastructures coloniales de la région. Cet écomusée retracera l'histoire des villages du moyen Bandiala qui ont migré des îles.

L'écomusée de Bassoul sera un centre de connaissance sur le lamantin.

L'écomusée de Bakadadji illustrera la diversité biologique de la RBDS par l'empaillage et la collection d'espèces animales et végétales. Il permettra aussi de retracer la richesse histoire et la culture mandingue.

Tous ces écomusées auront des illustrations ornithologiques et audio-visuelles.

Le projet permettra de collecter cette masse d'information, de mettre en place les équipements nécessaires à la bonne organisation des musées, de former le personnel de gestion et d'organiser le fonctionnement du site. Le projet travaillera en collaboration avec l'IFAN et la West African Museum Program (WAMP).

- La construction d'équipements secondaires comme des buvettes relais et les boutiques artisanales le long des circuits écotouristiques

- La création d'un fonds de promotion de l'écotourisme :

Le programme nécessite des infrastructures, des équipements et des outils de travail. Le programme envisage de former des professionnels de l'éco-tourisme à différents niveaux ; la disponibilité d'équipements leur rendra opérationnels. Il sera mis en place des fonds d'appui à l'écotourisme à l'intention de ces personnes formées. Un manuel de procédure et des critères de sélection seront établis. Le fonds sera destiné à l'équipement des éco-guides, des boutiques et buvettes, des Eco-village-touristiques et des pirogues aménagées pour l'éco-tourisme. Les Groupements d'Epargne et de Crédit crées par le projet phase IV seront mis à contribution pour la gestion de ces fonds.

Conclusion

Le projet permettra de valoriser la diversité biologique et culturelle de la Réserve de Biosphère du Delta du Saloum. Il créera une utilisation alternative des aires marines protégées crée dans le cadre du plan de gestion. Après 3 ans le projet édifiera 8 campements d'une capacité de réception de 160 lits, formera plus de 200 professionnels locaux du tourisme, mettra en place 8 circuits 4 routes éco-touristiques, créera 5 écomusées et centre de ressources.

 

EXPERIENCE DE LA RESERVE DE BIOSPHERE DE LA PENDJARI- BENIN
Par M. Soulémanou LEACICI,
Chef service infrastructures Direction du Parc National Pendjari Bénin

PLAN DE PRESENTATION

· Présentation du cas
· Aspects économiques, juridiques et institutionnels
·Implication des populations locales dans la l'écotourisme, le savoir pratique traditionnel ? prendre en compte l'approche genre? gestion de et comment
· Stratégie d'actions à mettre en oeuvre pour une prise en compte de l'écotourisme dans le développement
· Recommandations

PRESENTATION DU CAS

Le site < Pendjari " est situé à l'extrême pointe nord-ouest de la République du Bénin. Ses limites sont comprises entre 10°30 et 11°30 latitude Nord et 0°50' et 2°00 de longitude Est. Le site a une superficie de 4711,44 km² dont 2750km² pour le parc national de la Pendjari, 1 800km² pour la zone cynégétique de la Pendjari et 251 km² pour la zone de Konkombri.

La faune est incontestablement le principal attrait touristique du site ; il est possible d'observer une grande variété d'espèces de mammifères et d'oiseaux au bord des mares et il existe une bonne probabilité d'observer des lions. des buffles ou des éléphants (trois des " big five "). Ces atouts permettent de classer le Parc National de la Pendjari parmi les meilleurs parcs de vision de l'Afrique de l'Ouest.

CONDITIONS DE GESTION SUR LE SITE

APPUI DES PARTENAIRES

Atouts

Danger de l'impact. négatif limité
Retombées financières importantes
Système de redevance simplifié

Problèmes

Infrastructures touristique ,l' information et réglementation rudimentaire
Paysage banalisé par le feu Quotas d'abattage arbitraire

SITUATION DES ACTEURS SUR LE SITE

Atouts

Appui des partenaires
Retombées directes pour la population locale (pisteurs. hôtels, viande etc.)
Présence des organisations de cogestion (AVIGREF, CVD)
Guides de chasse professionnels

Problèmes

Absence des ressources humaines affectées pour le tourisme
Infrastructures d'hébergement absente dans les villages
Peu de motivation des opérateurs actuels pour l'écotourisme
Capacité limité de ARDET

Le potentiel touristique est élevé, les revenus et bénéfices des locaux peuvent être augmentés. Aucun problème de compatibilité entre le développement du tourisme et les objectifs de conservation de la diversité biologique ne se pose.

ASPECTS ECONOMIQUES, JURIDIQUES ET INSTITUTIONNELS

Principales retombées économiques pour la saison 2000 - 20001

- Tourisme de vision
- Licences de guide de chasse
- Les permis de chasse
- Les d'abattage.

Cadre juridique

Une nouvelle législation relative à la faune visant une plus grande participation des populations dans la gestion de cette ressource est en cours d'adoption à l'Assemblée nationale béninoise. De façon globale, les textes régissant l'exploitation touristique de la faune traduisent une volonté des autorités du Bénin de veiller à une gestion rationnelle des ressources fauniques. Cependant, malgré ces acquis des textes législatifs et réglementaires, force est de reconnaître que certaines insuffisances sont à relever. C'est le cas par exemple de l'interdiction de circuler la nuit dans le parc national aloi-s que de nouvelles activités comme les safaris prédestinés et nocturnes devraient être développées.

Cadre institutionnel

Le Centre National de Gestion des Réserves de Faune (CENAGREF), institution a caractère social, scientifique et culturel et dotée d'une personnalité morale et d'une autonomie administrative et financière est amené a intervenir sur la réserve en général et en particulier dans le développement touristique.

L'Agence Régionale de Développement du Tourisme de l'Atacora (ARDET) crée à l'aide de l'Agence Française de Développement (AFD) en vertu des dispositions de la loi du 1er juillet 1901 sur les associations a pour objectifs la conception, la planification, l'organisation, l'exploitation et la supervision au nom et pour le compte de l'Etat de toutes les activités touristiques.

Une convention de partenariat a été établie entre le CENAGREF et I'ARDET afin d'assurer une gestion harmonieuse de la réserve tout en conservant aux signataires leurs fonctions spécifiques respectives.

Ainsi, le CENAGREF assure les fonctions de conservation de la réserve à travers un contrôle de la conformité des activités touristiques aux impératifs de conservation et de gestion de la faune. L'ARDET quant à elle, assure les fonctions d'exploitation touristique de la réserve de la faune de la Pendjairi. Cette convention n'a malheureusement pas permis de lever les principaux goulots d'étranglement liés aux conflits institutionnelle.

La répartition légale confère au CENAGREF la responsabilité qui devra prendre les décisions d'aménagement. Dans ce contexte il est l'acteur central chargé entièrement de la gestion du tourisme, bien sûr en collaboration avec ARDET et autres acteurs dans le domaine.

STRATEGIE D'ACTIONS A METTRE EN OEUVRE POUR UNE PRISE EN COMPTE DE L'ECOTOURISME DANS LE DEVELOPPEMENT

En général la stratégie consiste à développer des formes de bénéfices accessibles pour un grand nombre de villageois ou bien pour les communautés entières. il faut d'abord clarifier les rôles des différents acteurs impliqués dans le développement et la gestion du tourisme.

RECOMMANDATIONS

Tenir compte des exigences des différents segments de la demande écotouristique Cogestion (participation politique) Par rapport au tourisme de vision et surtout au développement du tourisme culturel, Un effort devra être fait afin que les groupes touristiques villageois soient organisés et impliqués. Les représentants de ces groupes devront développer de bons rapports. On pourrait envisager la mise en place d'un comité consultatif en matière de tourisme avec des membres locaux représentant ces différents groupes comme organe de coordination des connaissances en ce domaine et faire des propositions concrètes pour le développement du tourisme. La création d'autres groupes (par exemple, des pécheurs pour offrir des promenades en pirogue) devra être stimulée.

Répartition des redevances Il est indispensable de prévoir une répartition des recettes du tourisme et la soutenu. Ces recettes représenteront probablement le profil le plus important que les villages peuvent tirer du tourisme. En outre la population locale peut profiter de ce type de bénéfice par des projets sociaux, tandis que d'autres types favoriseront les individus les plus actifs.

Engagement de guides locaux Avec la croissance attendue du tourisme et le développement de produits interprétatifs, il y aura une plus grande demande de guides. Des guides engagés devraient être formés et passer Lin examen pour recevoir une licence et servir prioritairement dans des centres d'accueil avec matériel d'information et de promotion. Par contre, il n'est pas recommandable de rendre obligatoires les services des guides (sauf pour les safari nocturnes et pedestes et les tours dans les villages.

Création d'emplois directs Ce type de bénéfice touristique devra permettre aux villageois utilisés par l'administration du parc (gardes, manœuvres pour l'entretien des infrastructures, billetterie…) les guides de chasse et par les hôtels de la région d'avoir des revenus substantiels et d'améliorer les revenus au niveau des ménages.

Vente de produits agricoles et artisanaux le potentiel de vendre des produits locaux aux touristes, aux hôtels et éventuellement aux tours opérateurs devra être suffisamment exploité. Par exemple, des chapeaux en paille, de petits vases en terre, des flûtes en tiges de sorgho, de petites corbeilles en herbe, pourraient être vendus dans les centres locaux de qualité est également à envisager.

Projets autonomes : contrairement à des formes de participation mentionnées plut haut, des projets autonomes offriraient tous les services touristiques (hébergement. restauration tous guidés, représentation musicales et danses..) et serait exécutés entièrement par les villageois eux-mêmes.

Coopération avec le secteur privé des investissement privés ayant des expérience en écotourisme et étant intéressés à coopérer avec des groupements villageois pourraient mettre en œuvre des projets autonomes évoqués plus haut.

 

( Pour plus d'informations, prendre contact avec l'Unité des Sciences Exactes et Naturelles du Bureau de l'UNESCO à Dakar.

Prendre contact avec le Docteur Achille OLLOY pour les observations et les échanges d'informations )


 
 

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