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| Stratégie de préservation du Lac rose et de son bassin versant: élément de contribution. | ||||||||
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Direction :
Coordination
scientifique : Avec la collaboration
de : Introduction Le Lac Retba plus connu sous le nom de Lac Rose fait partie de l'échantillon de lacs côtiers qui s'alignent le long de la Côte Nord du Sénégal également appelée Grande Côte ou Zone des Niayes, du Gandiolais à la Presqu'île du Cap-Vert, sur une extension linéaire d'environ 253 km. Limité au nord par l'Océan Atlantique, au sud par une ligne passant par Kounoun, Ndiékhirate et Diacksaw, à l'ouest par une ligne Niaga, Médina Thioub, Ngalap et à l'est par Kaniak, Gorom I et Mbeute, le bassin versant du Lac Rose s'étend sur une superficie d'environ 155 km2 (fig.1). Les contours ainsi définis recoupent approximativement ceux du découpage administratif circonscrit à la Communauté Rurale de Sangalcam, dans le département de Rufisque ; la communauté rurale regroupant 28 villages avec un effectif d' un peu moins de 50000 habitants. Dans le système côtier de la Grande Côte, le Lac Rose se distingue des autres formations lacustres (Mbaouane, Tanma, Mékhé, etc.) par certaines particularités tant naturelles que socio-économiques, marquées par une coloration rose de ses eaux, une forte expansion touristique, de fortes activités d'extraction et de commercialisation du sel, une imposante couverture arboriculturale ainsi que des problèmes liés à l'intensification de l'élevage (adaptation du cheptel local). Comme on peut s'en apercevoir, le Lac Rose et son bassin versant concentrent de nombreuses ressources et opportunités mais restent aussi particulièrement exposés aux nuisances et dégradations résultant de l'activité humaine (forte pression sur les ressources, implantation anarchique et incontrôlée, démantèlement des terrasses et amas coquilliers, défrichements, etc.) et dont les effets sont d'autant plus préjudiciables que le potentiel et le poids économiques de la Communauté Rurale de Sangalcam sont grands. A cet égard, la densification des usages des ressources, de l'espace lacustre et des terroirs villageois engendre un nombre croissant d'interactions, d'externalités et de conflits dont les modes de gestion doivent s'appuyer sur un ensemble d'outils informatifs et conceptuels, utiles à une politique de développement durable des activités et sur l'application de bases réglementaires adaptées à la régulation des problèmes locaux et globaux posés par le développement intégré de la communauté rurale. Aussi, l'esquisse cartographique mise en œuvre ici, participe-t-elle, avec l'effort des différents partenaires (communautés de base, organismes de développement, structures de formation et de recherche, autorités étatiques et locales, associations et organisations non gouvernementales, etc.), à la recherche de définition d'une politique de développement durable adaptée aux enjeux et potentialités naturelles et humaines du Lac Rose et de son bassin versant. Héritage morpho-climatique et Evolution du Lac Rose et de son bassin versant L'héritage morpho-climatique du Lac Rose et de son bassin versant L'actuel Lac Rose correspond à une lagune fermée transformée en bassin évaporatoire sur-salé. Si on se réfère aux formations anciennes, l'environnement physique du lac s'intègre dans le bassin sédimentaire sénégalo-mauritanien d'âge méso-cénozoïque. Parmi ces formations, celles du Paléogène -en particulier l'Eocène inférieur argileux et marneux, substrat imperméable du bassin versant- nous intéressent. Les conditions de mise en place des formations affleurantes du lac et de son bassin versant relèvent de la sédimentation quaternaire à actuelle. Ces formations ont fait l'objet de nombreux travaux parmi lesquels ceux de L. Hébrard (1973), P. Elouard et al. (1975), P. Michel (1969), P. Elouard et al. (1977), J.M. Garnier (1978), P. Carbonel et J. Pinson (1979), M.M. Sall (1982), A.T. Diaw (1997). A cet égard, le Lac Rose s'allonge entre les dunes vives littorales - objet d'un reboisement renforcé depuis 1988 - et les dunes intérieures émoussées de l'Ogolien, mises en place lors d'un épisode régressif -100 à -120 m sous le niveau actuel, avec l'installation d'un climat aride et une intensification des alizés. Cet épisode aride de bas niveau marin correspond à un maximum de la glaciation du Würm, vers 20000 ans BP. Ces cordons ogoliens ainsi établis ont subi au cours du Tchadien une évolution pédologique conduisant à une rubéfaction par ferruginisation et une stabilisation du matériau sédimentaire par une végétation suffisamment couvrante. En effet, la phase du Tchadien (11000-6800 ans BP) est marquée par un climat humide -avec une petite phase sèche autour de 7000ans BP à la base du remaniement de dunes ogoliennes comme l'erg de Sangalcam- et une remontée de la mer mais avec un niveau encore bas de -10 à -50 m. Au cours de cette période, les rivières descendant du plateau imperméable de Bargny forment d'abord, selon L. Hébrard (1973), des lacs de barrages dunaires et finissent par atteindre la mer. Cette dernière, en remontant, envahit les vallées et les inter-dunes ; l'embouchure de la rivière de Sangalcam est remblayée et forme un delta. Par ailleurs, c'est au cours du Tchadien que s' installent les niayes faites d'une flore et d'une faune guinéenne dont il reste quelques reliques. Au cours de la transgression du Nouakchottien (6800 à 4500 ans BP), notamment à son maximum à 5500 ans BP, il reste une terrasse sableuse avec des niveaux coquilliers faits de Arca, Dosinia, Tympanotonus, Semifusus. Cette terrasse marine forme une plaine, partiellement inondable, qui ceinture le lac. On note aussi sur les rives nord-est, sud-est et sud du lac l'existence de grands cordons coquilliers qui font l'objet d'une intense exploitation sous forme de carrières (nord du lac) ou démantelés comme au sud. Les séries post-nouakchotiennes, de 4500 ans BP à l'Actuelle, sont plus spécifiquement marquées par la phase humide du Dakarien (2800-2000 ans BP) encadrées par deux périodes sèches datées de 4500 à 2800 ans BP (Tafolien) et de 2000 à 1100 ans BP . A cet égard, une houle de nord-ouest établie lors du retrait de la mer, probablement à partir de 4000 ans, et du fait de son incidence oblique à la côte, engendre une dérive littorale dirigée vers le sud ; celle-ci préside à l'accumulation de cordons littoraux sableux (dunes jaunes partiellement fixées). Le remodelage des cordons conduit à la fin de cette phase à une fermeture progressive du lac. Les dunes vives blanches mises en place au Subactuel à l'Actuel, continuent de s'engraisser par des apports sableux provenant de la haute plage ; ces cordons récents notamment dans la partie sud-ouest du lac, reposent localement sur un niveau argileux (montmorillonite) qui crée une zone de sources et de vasques au-dessus de la cote du lac (J.M. Garnier, 1978). La fermeture définitive du Lac Rose se serait opéré vers le XIV-XVème siècle (J.M. Garnier, 1978) ou à la fin du XVIIème siècle (P. Carbonel et J. Pinson, 1979). Le fond du lac est constitué d'une couche de vase reposant sur les formations nouakchottiennes, sables et coquilles, localement recouvertes d'une croûte de sel formée de gypse et de halite. Evolution du lac Rose et de son bassin versant La fermeture de la lagune originelle effective, le lac fonctionne comme un bassin évaporatoire avec une concentration de ses eaux et la réduction de sa surface. La régression des rives du lac constitue -avec le développement des formes vives éoliennes, la pression foncière, l'abaissement des nappes phréatiques, la modification du couvert végétal- quelques-unes des formes majeures d'évolution du paysage de la région. Ces modifications qui vont dans le sens d'une dégradation et d'une transformation accélérée des paysages antérieurs, procèdent des conditions environnementales, d'aménagement et d'exploitation de la région. A cet égard, le déclenchement de la phase sèche de la décennie 1970 a contribué à amplifier le processus de dégradation, largement enclenché par la mise en valeur agricole généralisée des Niayes. A cela s'ajoutent les effets des pompages effectués par le Service d'exploitation des eaux dans les aquifères locaux mal ré-alimentés par les déficits pluviométriques successifs ; l'abaissement des nappes qui s'ensuivit est le résultat d'une situation qui combine l'utilisation agricole de l'espace et le prélèvement excessif de la ressource fondant l'hydromorphie des paysages des Niayes. Dans cet ordre d'idées, l'étude comparative de l'hydrographie générale du bassin versant du Lac Rose (fig.2) montre en l'espace de quelques décennies la forte altération de l'humidité de la zone. En effet, la physionomie hydrographique observée en 1941 par exemple laisse apparaître un fort taux d'humidité du bassin versant. Cette situation se traduit par l'existence de petites dépressions sur la frange littorale du Lac Rose. Le bassin de 1941 intègre de nombreuses mares aujourd'hui disparues ; ces mares, d'après de nombreux témoignages étaient poissonneuses. Elles occupaient des dépressions dont certaines, avant la sécheresse des années 70, étaient plantées en riz par la colonie diola qui alternait cette activité avec la récolte du vin de palme. Avec l'enfoncement de la nappe, ces mares se sont asséchées et, malgré une reviviscence intermittente (en année particulièrement pluvieuse), leur mise en culture nécessitera à partir de 1976, un arrosage systématique. Les marigots de Sangalcam et de Wayambam alors compétentes le sont restés jusqu'en 1965 pour devenir complétement secs entre 1973 et 1975. L'Occupation du sol du Lac Rose et de son bassin versant Cette partie du travail est constitué par les éléments relatifs à l'occupation et à l'utilisation du sol du Lac Rose et de son bassin versant ; ces éléments se fondent sur l'imagerie spatiale (Landsat Enhanced Thematic Mapper de 1999) et les contrôles-terrains (second semestre 2002). Ils peuvent être synthétiser comme suit : Maraîchage/arboriculture autour du Lac Cette composante de la végétation de la zone rencontrée entre la prairie à halophytes et la dune au niveau du Lac Rose est une formation ligneuse dominée par des espèces introduites. L'activité maraîchère est très développée dans cette zone. Les spéculations maraîchères cultivées varient en fonction des saisons. Les plus abondantes sont le chou pommé, la salade, la tomate, le poivron, le piment, le persil, le concombre (tabl.1). Les espèces ligneuses du couvert végétal originel ont été remplacées par de nouvelles espèces introduites pour les besoins de l'arboriculture. Les défrichements, le maraîchage, la plantation d'arbres exotiques et la salinisation des terres ont été à l'origine d'une modification profonde de la flore et de la végétation originelle de cette partie inondable du lac. Plantations de Filao (Casuarina equisetifolia) Ces plantations massives qui bordent la plage occupent les dunes blanches littorales encore actives. Elles sont essentiellement constituées par Casuarina equisetifolia qui est l'espèce qui a le mieux résisté aux conditions édaphiques et climatiques difficiles de cette zone. Ces plantations ont permis de limiter la progression des dunes vives vers les cuvettes maraîchères. L'arrière plan de la bande de filao est occupé par une steppe littorale qui s'est installée sur les dunes jaune-orangé de transition. Les espèces qui y poussent sont des espèces succulentes et des herbacées non graminéennes pérennes. Parmi elles on note Cyperus maritimus, Sporobolus spicatus, Ipomoea brasiliensis, Alternanthera maritima, Opuntia tuna, Philoxerus vermicularis. La plupart de ces espèces sont des halophytes et des psamophytes capables de survivre dans des conditions édaphiques et climatiques difficiles. Les quelques espèces ligneuses qu'on y rencontre sont Maytenus senegalensis, Chrysobalanus orbicularis, Calotropis procera et Casuarina equisetifolia. Dunes vives/sol nu Cette unité constituée de dunes vives présente un couvert végétal peu fourni. Les conditions édaphiques de ces dunes ne sont pas favorables au développement d'une végétation spontanée. Les quelques rares espèces rencontrées sur ces dunes sont Sporobolus spicatus, Cyperus maritimus, Leptadenia hastata, Calotropis procera, Dodonea viscosa. Zones de cultures Cette zone est occupée par une végétation clairsemée du fait des défrichements pour les besoins agricoles. Les individus ligneux y sont généralement assez espacés et laissent nettement le sol à découvert. La plupart des espèces ligneuses natives sont éliminées pour laisser la place à de nouvelles espèces introduites qui présentent par endroit un recouvrement relativement important. Parmi les espèces natives qu'on peut encore y retrouver on peut citer Acacia albida, Adansonia digitata, Borassus aethiopum, Aphania senegalensis, Fagara leprieurii, Ficus ovata, Calotropis procera, Capparis tomentosa, Maytenus senegalensis, Annona glauca, Chrysobalanus orbicularis, Opuntia tuna, Leptadenia hastata, Borreria verticilata. Certaines des espèces ligneuses sont devenues rares voire menacées. Les espèces introduites les plus abondantes sont Mangifera indica, Anacardium occidentale, Cocos nucifera, Annona muricata, Carica papaya, Manihot esculenta, Eucalyptus sp., Azadirachta indica, Leucaena leucocephala, Euphorbia balsamifera, Euphorbia turicalli. Ces espèces sont soit associées aux cultures, soit plantées en haies vives ou en brise-vent. La physionomie de la végétation originelle de cette zone et sa composition floristique ont connu une profonde modification essentiellement liée aux activités agricoles. Prairies Cette formation borde le plan d'eau du lac Rose, notamment dans sa partie nord. Elle est essentiellement composée d'espèces herbacées halophytes à ras de sol dont les principales sont (tabl. ) : Philoxerus vermicularis, Sporobolus robustus, Sesuvium portulacastrum, Paspalum vaginatum. A certains endroits, on rencontre des espèces plus hautes comme Phragmites vulgaris, Typha australis, Cyperus sp. Terrasses (steppe herbeuse) Cette unité morphologique présente une végétation essentiellement herbacée qui ne couvre pas entièrement le sol à la fin de la saison des pluies. Les espèces les plus communes sont Schoenefeldia gracilis, Andropogon pinguipes, Cenchrus biflorus, Aristida stipoides, Pennisetum pedicellatum, Leptadenia hastata, Borreria verticillata, Waltheria indica, Centaurea perrottetii, Indigofera secundiflora, Indigofera linearis. Végétation 1 (Steppe arbustive) Ce type de végétation présente pratiquement les mêmes espèces herbacées que celles rencontrées au niveau de la terrasse. La composante ligneuse est dominée par des arbustes dont la hauteur est comprise entre 2 et 5 mètres. Les espèces les plus représentées sont Boscia senegalensis, Euphorbia balsamifera, Maytenus senegalensis, Ziziphus mauritiana, Calotropis procera, Opuntia tuna, Acacia seyal. Parmi les rares espèces arborées rencontrées on note Acacia albida, Adansonia digitata et Casuarina equisetifolia qui est introduite. Cette formation végétale est relativement riche et présente de nombreuses espèces soudaniennes et guinéennes peu fréquentes confinées dans les zones dépressionnaires (tabl. ). Au niveau des dunes littorales encore soumises à une géodynamique relativement intense (partie nord du lac), cette formation caractérisée de pseudo-steppe par Trochain (1940) est considérée comme une formation pionnière d'origine édaphique. A l'intérieur des terres (partie sud du lac), elle est plutôt considérée comme une formation secondaire d'origine anthropique. Il est fort probable qu'elle dérive d'une savane suite à la fréquence des activités agricoles et à la pression du bétail. Végétation 2 (Savane arbustive / arborée) Ce type de végétation est caractérisé par une strate herbacée qui forme un tapis presque continu en fin de saison des pluies. Cette formation aurait une origine essentiellement anthropique (défrichements culturaux, plantations). Les espèces dominantes de la strate herbacée sont Eragrostis tremula, Cenchrus biflorus, Leptadenia hastata, Waltheria indica (tabl. ). La strate arbustive qui couvre 5 à 15 % du sol est dominée par Maytenus senegalensis, Piliostigma reticulatum, Annona senegalensis, Guiera senegalensis, Neocarya macrophylla, Balanites aegyptiaca, Ziziphus mauritiana, Commiphora africana. La strate arborée qui ne couvre que 1 à 5% du sol est clairsemée et essentiellement composée de Acacia albida, Elaeis guineensis, Adansonia digitata, Ficus elasticoides, Mangifera indica, Casuarina equisetifolia. Végétation 3 (Complexe fourrés humides / palmeraies, plantations d'arbres fruitiers) Dans certaines dépressions situées en dessous du niveau de la mer comme le Lac Mbawane, cette formation est un complexe formé d'une succession de plusieurs types de végétations. Du centre des dépressions au pied des dunes, on retrouve successivement un tapis herbacé formé d'espèces hydrophytes, des vestiges d'une palmeraie à Elaeis guineensis et un fourré témoignant la présence dans le passé d'une forêt humide. Les espèces principales du couvert herbacé au niveau du tapis sont Cyperus sp., Imperata cylindrica, Philoxerus vermicularis, Sporobolus robustus, Sesuvium portulacastrum, Paspalum vaginatum, Leersia hexandra, Cynodon dactylon (tabl. ). Dans la palmeraie et les vestiges de la forêt humide dégradée on retrouve Elaeis guineensis, Cocos nucifera, Ficus sp., Detarium senegalense, Syzygium guineense, Landolphia heudelotti, Cassia sieberiana, Prosopis africana, Entada africana, Celtis integrifolia, Acacia raddiana, Neocarya macrophylla, Dalbergia ecastaphyllum, Alchornea cordifolia, Fagara xanthoxyloides. Ce type de végétation a été sévèrement affecté par la sécheresse, en dépit de la présence à faible profondeur de la nappe phréatique. La salinité croissante a causé la mort de plusieurs hydrophytes et en particulier de Elaeis guineensis. L'intensification des cultures maraîchères et fruitières a aussi réduit l'extension des communautés reliques. A l'intérieur des terres, cette formation végétale est souvent représentée par des plantations de manguiers et d'anacardiers et par des lambeaux de savanes arbustives à arborées relativement conservées et dominées par Acacia albida. Comme pour la zone inondable, la flore et la végétation originelle de ces zones ont été profondément modifiées au cours de ces dernières décennies. Les principaux facteurs de cette modification sont la salinisation des terres, la surexploitation de certaines espèces, les défrichements, le maraîchage, la plantation d'arbres fruitiers. Réserve de Noflaye Cette Réserve Botanique de 15,9 hectares créée en 1957 présente une géomorphologie constituée de bas-fonds à sols hydromorphes semi-tourbeux bordés par des dunes peu élevées. Sa végétation est relativement dense sur les versants des bas-fonds et clairsemée sur les dunes. Sa flore présente un fond soudanien dominant avec une affinité guinéenne marquée. Elle est composée de 192 espèces dont 131 ont une affinité soudanienne et 43 une affinité guinéenne. Les résultats d'une étude publiée en 1992 montrent que la flore de cette réserve s'est appauvrie de près 57 % entre 1957 et 1992. La majorité des espèces disparues sont des espèces à affinité guinéenne.
Stratégies pour la préservation du lac et son bassin versant Initiatives et actions des pouvoirs publics pour la préservation Le Ministère ayant en charge la gestion de l'environnement et des ressources naturelles a animé, à partir du début des années 80, une dynamique de réflexion et d'actions en faveur de la préservation du Lac Rose et de son bassin versant. Dans le but de sauvegarder le site, le Ministère de la Protection de la Nature, sous l'égide de la Direction de l'Environnement, avait initié une Journée de Réflexion le 3 février 1988 à l'Ecole Nationale Supérieure Universitaire de Technologie (ENSUT). Cette journée de réflexion avait abouti à un ensemble de recommandations et à la mise en place de groupes de travail thématiques coordonnés par la Direction de l'Environnement. Egalement, sur la demande du Président de la République, un Conseil Interministériel a été consacré à la gestion du lac Rose, en 1996. Le Ministère ayant en charge la gestion de l'environnement et des ressources naturelles a animé, à partir du début des années 80, une dynamique de réflexion et d'actions en faveur de la préservation du Lac Rose et de son bassin versant. Dans le but de sauvegarder le site, le Ministère de la Protection de la Nature, sous l'égide de la Direction de l'Environnement, avait initié une Journée de Réflexion le 3 février 1988 à l'Ecole Nationale Supérieure Universitaire de Technologie (ENSUT). Cette journée de réflexion avait abouti à un ensemble de recommandations et à la mise en place de groupes de travail thématiques coordonnés par la Direction de l'Environnement. Egalement, sur la demande du Président de la République, un Conseil Interministériel a été consacré à la gestion du lac Rose, en 1996. De quelques considérations majeures pour une stratégie de préservation du lac et de son bassin versant. Les tentatives de mettre en place une politique cohérente de conservation des caractéristiques naturelles et de gestion durable des ressources biologiques et abiotiques du lac et de son bassin versant ont mis en évidence beaucoup de contraintes, d'ordre : Naturel - Sécheresse et salinisation
des terres (dégradation du réseau hydrographique ; menace sur certaines
espèces caractéristiques et par conséquent risque de diminution de la
biodiversité) ; Foncier - Champs de fonctionnaires
et de chefs religieux ; Extractions - L'exploitation
du sel est l'activité économique dominante qui met en jeu des intérêts
antagonistes et des filières de relations commerciales informelles et
très complexes. Son impact sur la couleur du lac pourrait avoir des incidences
limitatives sur le développement des activités touristiques ; Agricole - L'intensification
des défrichements, du maraîchage et de l'arboriculture peut conduire à
la disparition ou la raréfaction de certaines espèces caractéristiques;
Touristique - L'exploitation
touristique connaît une évolution non structurée et disproportionnée,
les réceptifs touristiques y poussent comme des champignons sans aucune
considération de sauvegarde de la qualité du site, absence de circuits
organisés et d'un service de guide adéquat ; Enjeux et opportunités relatifs au contexte de la décentralisation Au cours de ces dernières années, notamment dans la dynamique qui a suivi le Sommet de Rio de Janeiro (juin 1992) sur l'Environnement et le Développement, l'Etat a défini et mis en œuvre une politique environnementale dont une des orientations stratégiques consiste à impliquer davantage les populations dans la planification et la gestion des paysages et des ressources naturelles, les fondements des économies dans les terroirs villageois et communautaires. Cette volonté des pouvoirs publics s'est traduite effectivement par la création d'un cadre législatif et réglementaire qui responsabilise les communautés à la base. Code des Collectivités Locales et Transfert de Compétences Les lois n° 96-06 et 96-07 du 22/03/96 portant respectivement Code des Collectivités Locales et Transfert des Compétences aux Régions, aux Communes et aux Communautés Rurales confèrent aux nouvelles entités décentralisées les prérogatives institutionnelles, administratives et foncières de la planification du développement économique et social dans les territoires de leur ressort. Du fait que l'essentiel des économies locales, notamment en milieu rural, est tributaire de la vitalité des écosystèmes et de la productivité des ressources naturelles, les Collectivités Locales sont entièrement responsabilisées dans la gestion de l'environnement dans leur territoire. Compétence en matière de planification environnementale et de gestion des Ressources Naturelles Le décret n° 96-1130 du 27/12/1996 portant application de la loi sur le transfert des compétences en matière de gestion et d'utilisation du Domaine National, du Domaine Privé de l'Etat et du Domaine Public, et le décret n° 96-1134 du 27/12/96 sur les compétences de gestion environnementale transférées, confèrent aux Collectivités Locales les responsabilités institutionnelles de la création de parcs et réserves d'intérêt régional, communal ou communautaire. Cependant les aires protégées, déjà en place avant l'entrée en vigueur desdites lois et qui sont administrées par la Direction des Parcs Nationaux, ne sont pas concernées par les domaines des compétences transférées. Les forêts classées par contre, peuvent faire l'objet d'une co-gestion entre l'administration compétente et les collectivités concernées, sur la base d'un plan d'aménagement et d'un protocole d'accord approuvé par le ministère de tutelle. L'émergence d'un Réseau National de Réserves Naturelles Communautaires La Direction des Parcs Nationaux, dans le cadre de sa politique de conservation et de développement intégré et participatif des aires protégées et de leurs périphéries, notamment au profit des économies locales, avait initié au niveau de la Réserve Naturelle de Poponguine le concept Espace Naturel Communautaire (ENC). Ce projet, appuyé par le Réseau Afrique 2000 (1994 et 1997), Union Européenne (1996-1999), Biodiversity Support Program (1997) et d'autres partenaires au développement, avait pour finalité de développer un modèle d'une gestion intégrée d'une aire protégée par une approche participative et inclusive. Le projet Espace Naturel Communautaire Kër Maam Kumba Cupaam, du nom du génie tutélaire local auquel les populations sérères et lébous des 8 villages limitrophes s'identifient, comprend en plus de la Réserve, les villages et leurs terroirs, la frange maritime correspondante et des sites d'intérêt pour la conservation/restauration de la biodiversité (lagune de Somone, lagune de Toubab Dialaw, Forêt Classée de Poponguine Nord, etc.) En août et septembre 1995, les volontaires de Kër Cupaam et l'Alliance Sénégalaise des Volontaires pour la Conservation de la Biodiversité (BIOSEN) avaient organisé des chantiers expérimentaux d'apprentissage par l'action, portant principalement sur la restauration de l'écosystème de mangrove de la Lagune de la Somone. L'impact des opérations sur la productivité des ressources de cueillette traditionnelle (crevettes, moules, langoustes, etc.) ont persuadé les populations de la pertinence économique et sociale d'une telle entreprise. Pendant les années qui ont suivi, des dizaines d'hectares de mangrove ont été replantées, ce fut la première expérience au Sénégal. Dans le but de consolider durablement les acquis de la restauration, le Conseil Rural de Sindia a procédé au classement du site (délibération n° 003/CRS du 19/07/1999, approuvé par le Sous-Préfet de Mbour le 25/10/1999) comme le préconise le décret n° 96-1134 du 27/12/02 portant application de la loi sur les transferts de compétence en matière de gestion de l'environnement et des Ressources Naturelles. Sur la base de cette délibération, le Ministre de l'Environnement sur proposition du Directeur des Parcs Nationaux a pris un arrêté (n° 003706 du 09/05/02), portant Règlement Intérieur de la Réserve Naturelle d'Intérêt Communautaire de la Somone (RNICS). Ce fut le démarrage du processus de mise en place du réseau des Réserves Naturelles Communautaires et l'émergence d'une nouvelle catégorie d'aires protégées. La Communauté Rurale de Palmarin a emboîté le pas et a établi, par délibération n° 10/CRP du 10/05/2001, la Réserve Naturelle Communautaire de Palmarin sur une superficie de 10430 hectares. La Communauté Rurale de Diokoul (Département de Kébémer) a saisi la Direction des Parcs Nationaux pour l'établissement d'une Réserve Naturelle Communautaire dans la Niayes de Lompoul. De même que la Communauté Rurale de Toubacouta (Département de Foundiougne) a amorcé le processus de la création d'une Réserve dans le cadre du projet Naru Heuleuk (Oceanium) pour la sauvegarde, entre autres, des derniers lamantins du Delta du Saloum. Plusieurs autres sites d'intérêt pour la conservation/restauration/valorisation de la biodiversité sont identifiés, particulièrement dans le domaine du littoral (parmi lesquels le Lac Rose et le Lac Tanma) en vue de la mise en place de corridors écologiques de Réserves Communautaires. La coopération scientifique et technique pour l'aménagement et la gestion intégrée du lac et de son bassin versant Les acquis de la recherche scientifique Au cours de ces dernières années, notamment par et pour l'intérêt réel porté sur le site du Lac Rose quelques travaux de recherche, des concertations et consultations ont été animées autour de la problématique de sa connaissance et de sa conservation. Les travaux entrepris par le Laboratoire d'Enseignement et de Recherche en Géomatique (LERG), à partir de juillet 2002, constituent une amorce de mise à jour notamment cartographique du milieu physique et de sa dynamique. La Constitution d'une base de données, pour éclairer les processus des prises de décision et déterminer les options d'aménagement et de gestion du site, devient dés lors une nécessité. L'implication des ONG et des partenaires au développement Une multitude d'acteurs intervient sous des formes diverses autour des questions relatives à la problématique de la préservation, aux activités d'exploitation du sel et à celles des amas coquilliers, à la santé des populations qui s'adonnent aux activités d'extraction du sel, l'exploitation touristique, culturelle et architecturale, etc. L'UNESCO, par lettre du Directeur du Bureau Régional de Dakar en date du 09 août 2002, a saisi le Président du Conseil Rural de Sangalcam sur une proposition d'une Stratégie de Préservation du Lac Rose et de son Bassin Versant. Le document de projet soumis à l'appréciation du Conseil Rural est un processus entamé depuis……et qui épouse parfaitement les préoccupations des populations locales et des pouvoirs publics. Statuts réglementaires pour la protection et la valorisation du lac et son bassin versant Le taux de couverture des aires protégées représente environ 8% du territoire national et le Sénégal souhaite atteindre la norme de 12%, ce qui équivaut à un classement supplémentaire de 850 000 hectares. Depuis l'entrée en vigueur, le 1er janvier 1997, des lois sur la décentralisation, notamment à travers les décrets d'application 1130 et 1134 du 27/12/1996 les prérogatives de la création d'aires protégées sont dévolues aux Collectivités Locales. Réserve Naturelle Communautaire Le processus d'établissement d'une Réserve Naturelle Communautaire comprend principalement trois niveaux d'exécution : Premier niveau : Institutionnel La Collectivité Locale concernée identifie le site relevant du territoire de son ressort et procède au classement en Réserve par délibération du Conseil Local (région, commune ou communauté rurale). La Collectivité Locale identifie et définit une réglementation communautaire et fixe les règles qui régissent l'accès et l'utilisation de l'espace et des ressources dans l'emprise de la Réserve et sa périphérie. La Direction des Parcs Nationaux, après contrôle de conformité par rapport aux politiques de l'Etat et vis-à-vis des conventions internationales en la matière, transmet au Ministre de tutelle la proposition de réglementation communautaire sous la forme d'un projet d'arrêté Ministériel. Sur la base de l'arrêté portant Règlement Intérieur de la Réserve Communautaire, la Direction des Parcs Nationaux, à l'instar de la Somone et de Palmarin, pourrait mettre à la disposition du Conseil Rural un personnel technique d'appui (travaux d'aménagement, expertise, repeuplement, suivi scientifique et technique, respect des règlements communautaires, etc.). Deuxième niveau : organisationnel Des organes consultatifs et de mise en œuvre seront constitués pour assurer la supervision, l'exécution et le suivi des programmes de gestion de la Réserve Communautaire. Comité de Concertation et d'Orientation : Conseil exécutif qui doit approuver et valider toutes les propositions de programmes d'aménagement et de gestion de la Réserve avant leur mise en œuvre. Il regroupe, en plus des membres du Conseil Rural, les représentants de l'administration locale, des organisations communautaires de base, des partenaires au développement et des différents groupes d'intérêt qui interviennent directement ou indirectement dans les activités de gestion du site : promoteurs privés, professionnels du tourisme, commerçants, agriculteurs, etc. La composition et les modalités de fonctionnement du Comité de Concertation et d'Orientation relèvent des compétences du Conseil Rural. Comité Scientifique et Technique : organe consultatif qui donne des avis sur les propositions de programmes et d'activités soumises à son appréciation par le Comité de Concertation et d'Orientation. Il est constitué d'institutions et personnes ressources cooptées à partir de leurs compétences avérées dans les aspects relatifs au développement intégré de l'espace et des ressources naturelles. La cooptation des membres, le mandat et les modalités de fonctionnement du Comité Scientifique et Technique relèvent du Conseil Rural. Fonds d'appui et de promotion des initiatives locales : la Réserve Communautaire pourrait bénéficier d'un soutien financier qui sera forcément limité dans le temps et dans l'espace. Et par rapport à la nécessité d'inscrire toutes les initiatives et toutes les actions dans la durée, il importe de prévoir la mise en place d'un mécanisme de financement autonome des activités de gestion qui devront comprendre la prise en charge des préoccupations de survie immédiate et à long terme des populations des villages environnants de la Réserve. Le Fonds pourrait être alimenté de différentes façons : dotation spéciale, legs, contributions volontaires, prélèvements sur les activités rémunératrices (tourisme, sel, extraction d'amas coquilliers, taxes sur les barques de sel,…), subventions, etc. L'organisation et la gestion du fonds incombent au Conseil Rural et aux partenaires impliqués par sa mise en place. Troisième niveau : opérationnel Les deux premiers niveaux d'exécution concernent le statut réglementaire (classement et règlement intérieur), la constitution et l'organisation des instances de mise en œuvre (exécutif, coordination, supervision, suivi scientifique et technique, etc.). Le niveau opérationnel concerne l'organisation de l'exécution des programmes de gestion communautaire des activités d'aménagement et de valorisation des paysages naturels et culturels. Ce qui suppose la réalisation d'infrastructures et la mise en place des équipements de gestion. Un protocole-cadre de mise en œuvre des programmes d'aménagement et de gestion de l'aire protégée sera défini par le Conseil Rural et ses partenaires au développement. Une unité de coordination, représentative des intérêts locaux et légitimée par le Conseil Rural, sera mise en place. Le mandat précis de l'unité de coordination sera déduit des objectifs prioritaires et des plans d'opération sectoriels, approuvés et validés par le Comité de Concertation et d'Orientation et par le Comité Scientifique et Technique. Espace Naturel Communautaire Les activités de préservation du lac ne doivent pas se restreindre aux seules limites de la Réserve Communautaire. Les économies traditionnelles des terroirs riverains de la Réserve sont essentiellement tributaires de la vitalité de l'environnement naturel (fertilité des sols, couvert végétal, qualité des eaux et des paysages, etc.). A l'instar du modèle du projet Espace Naturel Communautaire - Kër Cupaam, conçu autour de la Réserve Naturelle de Poponguine, une formule similaire adaptée au contexte local serait envisageable. Mais cela suppose que le Conseil Rural puisse saisir les opportunités offertes par la coopération avec l'UNESCO et l'Université afin de faire réaliser un Plan d'Aménagement et d'Occupation des Sols (PAOS) du territoire de la Communauté Rurale (exemple de la Communauté Rurale de Ross-Béthio avec l'Université Gaston Berger de Saint Louis). Réserve de Biosphère (UNESCO) Suivant la définition des écologistes, la biosphère est une portion du globe terrestre hébergeant l'ensemble des êtres vivants et dans laquelle la vie est possible en permanence. Elle comprend également les substances produites sur les êtres vivants. Le Programme MAB, de l'anglais Man And Biosphere (l'Homme et la Biosphère), de l'UNESCO a été conçu pour répondre à l'une des questions les plus essentielles qui se posent au monde aujourd'hui : comment concilier la conservation de la diversité biologique, la quête vers le développement économique et social et le maintien des valeurs culturelles associées ? Les Réserves de Biosphère sont des aires, portant sur des écosystèmes terrestres et côtiers/marins, reconnues au niveau international dans le cadre du Programme de l'UNESCO sur l'homme et la biosphère (MAB). Les Réserves de Biosphère sont destinées à remplir trois fonctions complémentaires : 1. fonction de conservation, pour préserver les ressources génétiques, les espèces, les écosystèmes et les paysages ; 2. fonction de développement, pour encourager un développement économique et humain ; et 3. fonction de support logistique, pour soutenir et encourager les activités de recherche, d'éducation, de formation et surveillance continue, en relation avec les activités d'intérêt local, national et global, visant à la conservation et au développement durable. Une Réserve de Biosphère doit contenir ces trois éléments : 1. une ou plusieurs Aire(s) Centrale(s) bénéficiant d'une protection à long terme et permettant de conserver la diversité biologique, de surveiller les écosystèmes les moins perturbés, et de mener des recherches et autres activités peu perturbantes (éducation, par exemple) ; 2. une Zone Tampon, bien identifiée, qui normalement entoure ou jouxte les aires centrales, utilisée pour des activités de coopération compatibles avec des pratiques écologiquement viables, y compris l'éducation relative à l'environnement, les loisirs, l'écotourisme et la recherche appliquée et fondamentale ; et 3. une Zone de Transition flexible (ou aire de coopération), qui peut comprendre un certain nombre d'activités agricoles, d'établissements humains ou autres exploitations, et dans laquelle les communautés locales, agences de gestion, scientifiques, organisations non gouvernementales, groupes culturels, intérêts économiques et autres partenaires travaillent ensemble pour gérer et développer durablement les ressources de la région. Le Sénégal compte trois Réserves de Biosphère : Parc National du Niokolo-koba, Parc National du Delta du Saloum et Forêt Classée de Samba Dia. Site du Patrimoine Mondial (UNESCO) La Convention concernant la protection du patrimoine mondial (adoptée le 17/11/1972 à Paris, entrée en vigueur 17/12/1975 et dont le Secrétariat est assuré par UNESCO), après que la Communauté internationale eut considéré que la dégradation ou la disparition d'un bien du patrimoine culturel et naturel constitue un appauvrissement néfaste du patrimoine de tous les peuples du monde ; et que certains biens du patrimoine culturel et naturel présentent un intérêt exceptionnel qui nécessite leur préservation en tant que patrimoine mondial de l'humanité tout entière, et que par l'ampleur et la gravité des dangers nouveaux qui le menacent, il incombe à la collectivité internationale tout entière de participer à la protection du patrimoine culturel et naturel de valeur universelle exceptionnelle, par l'octroi d'une assistance collective qui sans se substituer à l'action de l'Etat intéressé la complétera efficacement. La convention considère comme "patrimoine culturel" : - les monuments :
œuvres architecturales, de sculpture ou de peinture monumentales, éléments
de structure à caractère archéologique, inscriptions, grottes et éléments,
qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de l'histoire,
de l'art ou de la science. Et est considéré comme "patrimoine naturel" - Les monuments naturels
constitués par des formations physiques et biologiques ou par des groupes
de formations qui ont une valeur universelle exceptionnelle du point de
vue esthétique ou scientifique. Le Sénégal a inscrit quatre sites sur la liste des Sites du Patrimoine Mondial : - Deux sites culturels
: Ile de Gorée ; ville de Saint Louis. Zone Humide d'Importance Internationale (Convention de Ramsar) La Convention de Ramsar du 2 février 1971 relative aux zones humides d'importance internationale, ratifié par l'Etat du Sénégal le 11 novembre 1977, a pour objectif de protéger les zones humides, c'est-à-dire les marais, les mangroves, les lagunes et d'une manière générale les étendues d'eau peu profondes, naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires ; les zones peuvent aussi être des étendues d'eau marine dont la profondeur n'excède pas six mètres. La Convention de Ramsar s'applique à tous les cours d'eau, à tout les lacs, qu'elle que soit la surface, et à tous les rivages marins. L'objectif de la Convention est d'enrayer, pour le présent et pour l'avenir, les empiétements progressifs sur les zones humides et leur disparition. Le Sénégal a inscrit sur la Liste des Sites Ramsar le Parc National des Oiseaux du Djoudj, le Parc National du Delta du Saloum, la Réserve Spéciale de Faune de Guembeul et la Réserve de Ndiaël. Plan d'action d'urgence pour la création et la gestion de la réserve Le Lac Retba communément appelé "Lac Rose" d'un statut approprié qui fait du site un écosystème unique au monde, remplit suffisamment de critères d'éligibilité pour acquérir les différents statuts communautaires, nationaux et internationaux qui militent pour sa protection. Les lois et règlements en vigueur au Sénégal, notamment ceux relatifs à la décentralisation et à la déconcentration administrative, ont créé des conditions favorables, voire très stimulantes, pour susciter la participation de tous les citoyens aux initiatives de gestion durable de la biodiversité et des paysages naturels et culturels. Le Plan National d'Action pour l'Environnement (PNAE), la Monographie Nationale de la Biodiversité du Sénégal et la Stratégie Nationale et Plan National d'Actions pour la Conservation de la Biodiversité ont mis en évidence les orientations politiques nationales en matière d'environnement et de gestion des ressources naturelles, conformément aux objectifs et directives des Conventions internationales. La Communauté internationale, notamment les institutions des Nations Unies comme l'UNESCO ou le Programme des Nations Unies pour l'Environnement et les mécanismes de soutien pour une meilleure gestion de l'environnement et des ressources naturelles, a le devoir d'assister les initiatives locales relatives à la préservation des valeurs naturelles, économiques et socio-écologiques qui caractérisent le sanctuaire. Il importe cependant que les institutions locales compétentes, les organisations communautaires de base et tous ceux qui sont soucieux de la préservation du site, s'assument, chaque acteur local en fonction de ses prérogatives et de ses capacités. Les autres partenaires ne doivent intervenir que pour renforcer les capacités des acteurs de base à réaliser correctement les programmes d'aménagement et d'éco-gestion de la biodiversité et des paysages naturels et culturels du lac et de sa région. Eu égard notamment aux engagements du Sénégal auprès des conventions internationales, les initiatives locales de gestion de la biodiversité et des paysages doivent se conformer aux orientations politiques, aux stratégies mises en œuvre et au cadre législatif et réglementaire en vigueur. Les institutions locales sont compétentes en matière de classement et d'affectation des sols, le territoire du domaine national qui relève de leur ressort, et aussi de la planification et de la réalisation des programmes de développement économique et social de leurs communautés. Elles ont les contraintes de créer des conditions institutionnelles favorables et prendre les mesures appropriées pour attirer et organiser la participation des partenaires d'appui potentiels, au profit de l'émancipation socio-économique des communautés de leur territoire. Plan d'action prioritaire L'acte de classement officiel, qui confère au site un statut et une vocation de préservation, est le préalable et la condition indispensable, avant que des actions pertinentes soient entreprises en vue de la préservation du lac Retba et de son bassin versant. Cet acte, qui doit traduire un engagement concret des institutions nationales (Etat et Collectivités Locales), notamment la reconnaissance nationale et internationale, est à la dimension de la réputation et de l'image du site. Ensuite, en s'inspirant de l'expertise nationale en matière de classement et d'organisation de la gestion du réseau national des aires protégées (Parc National, Réserve Naturelle, Réserve Naturelle Communautaire, Réserve Privée, Sites Naturels du Patrimoine Mondial, Réserve Mondiale de Biosphère, Zones Humides d'Importance Internationale, etc.), les organes de mise en œuvre des programmes d'aménagement et de gestion du site pourront être mis en place. L'identification et l'élaboration d'un Plan d'Aménagement et de Gestion (PAG) du lac et de son bassin versant, permettront de faire un état des lieux, d'actualiser les listes des inventaires des ressources et la description du contexte, de mettre en évidence les problèmes liés à la conservation du site et le développement économique et social dans les territoires adjacents. Le PAG est un cadre de référence et de mise en cohérence pour la planification et la programmation des activités à court et long termes, et constitue pour les acteurs locaux, notamment le Conseil Rural et les Organisations Communautaires de base, un outil efficace de négociation partenariale et de mobilisation des appuis techniques, scientifiques et financiers. Organisation d'un Cadre Réglementaire et Institutionnel approprié pour la préservation du lac et son bassin versant - Concertation, consultation,
information et sensibilisation sur les raisons et les buts d'une stratégie
de préservation du lac et de son bassin versant, et identification des
limites de l'aire de conservation ; Identification des acteurs, organisation de la participation, mise en cohérence et coordination des programmes d'aménagement et de gestion - Conseil de concertation
et d'Orientation (Conseil Rural de Sangalcam, villages concernés, CERP,
promoteurs, partenaires au développement, services administratifs et techniques
concernés) ; Planification stratégique, programmation, exécution, suivi et évaluation des programmes et activités de gestion - Elaboration d'un plan d'aménagement et d'occupation des sols (état des connaissances et protocole de recherche complémentaire, cartographie et zonage des sites, enquêtes et bilan des activités socio-économiques, inventaires des ressources, évaluation des stocks, infrastructures et équipements sociaux, évolution du contexte législatif et réglementaire, atouts et contraintes pour les conditions de conservation et du développement intégré, planification et programmation opérationnelle, mécanisme de suivi et d'évaluation, etc.) - Identification
et estimation des besoins de renforcement des connaissances et des capacités
de réalisation des acteurs locaux, mobilisation des ressources humaines
et matérielles et réalisation des infrastructures et des équipements de
gestion. Conclusion La zone du Lac Rose et son bassin versant présentent une diversité de biotopes qui abritent des types de végétation assez variés et une composition floristique assez riche. Le maraîchage et l'arboriculture ont permis l'introduction de nouvelles espèces végétales dans ces zones et donc une augmentation de la diversité floristique et du taux de recouvrement du sol à certains endroits. Les plantations massives de filao ont eu un impact positif sur l'écologie et l'économie de la zone du lac et son bassin versant. La végétation et la flore originelle de cette zone ont été cependant fortement modifiées par la dégradation des facteurs éco-climatiques et les activités anthropiques pendant ces dernières décennies. Dans le détail et, en ce qui concerne les zones de dépressions, la sécheresse, la salinisation des terres, les défrichements et la surexploitation ont été à l'origine de la raréfaction voire d'une menace de disparition de nombreuses espèces caractéristiques. Les espèces d'affinité guinéenne ont été les plus affectées. L'utilisation massive des pesticides liée au maraîchage et à l'arboriculture n'est pas sans poser de problèmes. Dans les terres de l'intérieur, le couvert végétal a été plutôt affecté par les défrichements pour la culture pluviale et le pâturage. La modification de la composition floristique des pâturages n'est pas sans effet sur l'élevage. En somme, le développement important des activités de maraîchage et d'arboriculture, les formes d'occupation touristique (" explosifs " piétinements des dunes, constructions sur le domaine lacustre, nuisances, …), les modes d'exploitation et de prélèvement des ressources naturelles (eau, sel, coquillages, etc.) prolongent la question cruciale de la spéculation foncière dans la zone par celle des usages. Sous ce rapport, le Lac Rose -système d'interface nature/société- doit être perçu à la fois comme un système d'interactions et comme un ensemble de milieux naturels et sociaux dont les caractéristiques influent sur la répartition et la durabilité des usages présents. Dans cet ordre d'idées, les données ici produites nous ont permis, d'une part, de jeter un regard furtif sur les types d'espaces, leur qualification relative et la répartition spatiale des classes d'usages et, d'autre part, de nous interroger de manière encore plus furtive sur les dynamiques des usages qui, reprenant l'expression de J. Quensière et al. (2000) s'instaurent, se structurent, se transforment, et peuvent disparaître. Cette interrogation nous installe alors dans la permanente recomposition d'interactions entre nature et société dont parlent J. Catanzano et O. Thébaud (1995). A cet égard, la spécificité du contexte du Lac Rose fait que nous assistons, en milieu urbain ou péri-urbain, à l'émergence et/ou au renforcement de dynamiques associatives ou corporatistes aux intérêts divergents et inscrits dans des logiques -d'occupation, d'appropriation implicite et/ou d'accaparement du sol ou de la ressource- distinctes. Concomitamment, cet état de fait se trouve être accéléré par une absence de structuration de l'espace en termes de gestion et de schéma d'organisation des activités, tant par le pouvoir local que central. Ainsi, ces associations ou regroupements, quelque typologie qu'on emploie, s'apparentent à des créations plutôt opportunistes, souvent peu pertinentes et faiblement préoccupées par la dimension environnementale, la réduction de la pauvreté et le respect des mesures réglementaires et législatives existantes ; leurs activités visant davantage la génération de revenus et le profit d'individus ou petits groupes d'intérêts. Dès lors, une plus grande implication des acteurs (pouvoir central et local, techniciens, communautés de base, ONG, partenaires au développement, …) s'impose puisque conduisant au cœur même des principes de la gestion durable et du maintien de l'équilibre global (économique, social, biologique, écologique, etc.). Sous cet angle et, sur la base de normes et références, la gestion du Lac Rose et de son bassin versant conduira à la mise en cohérence et en synergie des initiatives hétérogènes, dispersées voire opposées qui s'y déroulent. A partir de ce moment, la notion de valeur de l'environnement et de patrimoine déclinera tout son sens parce que les coûts -objets de préoccupation dans un fort contexte de lutte contre la pauvreté, de décentralisation et de bonne gouvernance- ne seront plus ceux induits par l'absence de protection des écosystèmes de la communauté rurale de Sangalcam en général, ceux du Lac Rose en particulier. (
Pour plus d'informations, prendre contact avec
l'Unité des Sciences Exactes et Naturelles du Bureau de l'UNESCO
à Dakar.
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