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| Préservation du Lamantin Ouest Africain Trichechus Senegalensis et sensibilisation, le long du littoral Ouest Africain | ||||||||
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1. Introduction Le lamantin Trichechus senehgalensis est un mammifère aquatique endémique dans l'Ouest et le Centre-Ouest de l'Afrique. Il appartient à l'ordre des Sirenia, qui a autres représentants dans la Caraïbe, l'Amazonie et la région du Pacifique indien. La distribution du lamantin ouest africain est à la fois vaste mais morcelée en Mauritanie et au Sénégal, dans le Nord-Ouest, à travers la zone Sahélienne (Mali, Niger), au Tchad et le long de la zone côtière (Guinée, Ghana, etc.) jusqu'en Angola. Ainsi, il est capable de vivre dans une large variété de zones humides, des écosystèmes marins côtiers aux plaines d'inondations de l'intérieur, lacs et fleuves. Sa présence a été confirmée dans la région littorale ouest africaine (de la Mauritanie à la Guinée) dans tous les pays excepté le Cap Vert. Toute variété confondue, le lamantin semble générer un intérêt local et souvent national, et il est célèbre dans le folklore et la culture des communautés ouest africaines vivant à proximité des fleuves et dans les zones humides. L'utilisation traditionnelle du lamantin inclut le piégeage pour l'alimentation et pour des raisons médicinales, alors que dans certaines régions, le lamantin est vénéré comme un mystique "dieu du fleuve". Aujourd'hui, le lamantin est communément pris par accident dans les filets de pêche. Le lamantin existe dans beaucoup zones humides transfrontalières et se déplace entre les pays, bien que les voies migratoires ne soient pas bien connues. Le lamantin est sur la Liste rouge des animaux menacés et est répertoriée sous CITES. Bien qu'il soit répandu, la distribution actuelle et le statut du lamantin sont loin d'être clairs. La recherche récente en Guinée-Bissau et en Côte d'Ivoire a révélé des éléments importants. La conservation, l'éducation et le tourisme fructueux entrepris, se sont développés autour du lamantin caribéen Trichechus manatus surtout en Floride, aux Etat-Unis d'Amériques, où les menaces principales sur le lamantin sont les blessures causées par les vedette rapides et les effets industriels. 2. La justification a.Statut International et manque d'information Le lamantin ouest africain est le moins connu de l'ordre des Sirenia, et n'a jamais fait l'objet d'enquêtes exhaustives le long du littoral ouest africain. Il est répertorié comme "Vulnérable" dans la Liste rouge de l'UICN des animaux menacés, et paraît sur l'Annexe II de la CITES (Convention sur le Commerce international des Espèces menacées de la Flore et de la Faune sauvage). Sous l'article IV de la CITES, Commerce international dans l'Annexe II animaux est limité. Une tentative récente de transférer le lamantin à l'Annexe I de la CITES n'a pas aboutie à cause du manque d'information sur le commerce. Deux mises en perspectives régionales intéressantes sur les lamantins ont été faites. Nishiwaki et al. (1982) ont présenté un tableau régional du lamantin, basé sur des voyages et des interviews faits par les auteurs en 1980 et 1981 en Afrique de l'Ouest. Ils recommandaient fortement le besoin pour une approche régionale pour la conservation des lamantins, énonçant que "si la conservation du lamantin ouest africain devrait être planifiée, la stratégie de conservation par un seul pays ne serait pas effective." Plus récemment, Powell (1996) a produit un rapport préliminaire sur le statut pour le PNUE sur la diffusion et la biologie des lamantins, basé sur des entretiens et enquêtes directes dans sept pays, appuyé par de l'information supplémentaire. Ce rapport contient peut-être la meilleure présentation actuelle d'information régionale, quoiqu'il ne soit pas cité ici à cause de son statut préliminaire, sauf à mentionner sa proposition qu'une agence seule devrait assister le développement et la coordination d'une recherche sur les lamantins et un programme de conservation Tous les rapports et articles mettent l'accent sur le besoin de davantage recherche, et soulignent les écarts d'information. De plus il n'y a jamais eu un programme coordonné à l'échelle régional sur les lamantins, ni une enquête ou projet sur les lamantins au niveau régional dans lesquels toutes les agences nationales pertinentes ont été impliquées. Ainsi, malgré sa grande taille, sa large diffusion et le haut niveau d'intérêt qui lui est accordé, le lamantin reste l'un des grands mammifères africain les moins connus. b. Le statut de la conservation et l'intérêt régional Dans beaucoup de pays, les lamantins sont complètement protégés par la loi. Cependant, à travers la région, l'application d'une telle législation n'a pas été efficace, et il y a eu peu de condamnations. Nombre d'agences nationales de protection de la nature se sont récemment sentis concernés par le statut des lamantins dans leurs pays. Au Sénégal, la capture puis le transfert de deux lamantins depuis des mares asséchées à proximité du fleuve Sénégal vers le lit principal du fleuve lui-même a fait la une des journaux (quotidien Le Soleil), alors qu'en Guinée - Bissau, l'exportation de deux lamantins au Japon a suscité des articles dans des journaux internationaux. Cependant, malgré tout l'intérêt aucune action concertée n'a été entreprise dans la région. c. Les menaces Alors que les lamantins suscitent un fort intérêt, ils sont aussi très susceptibles d'avoir un certain nombre d'impacts dans les zones humides, surtout par la capture occasionnée par les filets de pêche, les pressions directes de la chasse et les modifications de l'habitat, tels que la construction de barrages et les projets d'irrigation. En Guinée -Bissau, l'enchevêtrement fortuit dans les filets de pêche se trouve être la menace la plus immédiate à la population (Silva et al., 1999). Il y a aussi le cas de lamantins échoués dans des mares lorsque le niveau de l'eau baisse (par exemple Ali, 1999), conséquences directes des conditions de sécheresse. Des menaces similaires sont données pour d'autres pays, surtout l'exploitation directe et les conséquences des activités de pêche (par exemple Nishiwaki et al., 1982). Comme l'ensemble des espèces souffre clairement de menaces diverses, il y a là une justification forte pour le développement d'un plan d'action de conservation. d. La signification locale Comme le lamantin est bien plus connu par les riverains locaux et les communautés des zones humides, il est impératif que ce projet ait une "composante communautaire", (reflété dans les enquêtes nationales et les supports de sensibilisation produits). Il y a de nombreux exemples à travers la région sur la signification culturelle du lamantin en Afrique de l'Ouest et du Centre. Dans certains villages du Congo, par exemple, le lamantin, connu sous le nom de Mami Watta, est crû comme étant un "génie" des ancêtres vivant dans les lagunes, son apparition mythique étant celle d'une sirène (Akoi, 1994). Traditionnellement, les Peul d'Afrique sahélienne croient que l'ancêtre du lamantin est une femme peule, qui s'est elle-même transformée en lamantin alors qu'elle lavait dans un fleuve (Bessac & Villiers, 1948). Il y a ainsi une forte justification culturelle ainsi que l'intérêt de la communauté locale à sauvegarder le lamantin. e. Utilisation et importance écologique des lamantins Les lamantins sont importants pour leur signification culturelle, comme sources alternatives de protéine, huile et autres produits, et comme composants importants de la biodiversité des zones humides. Aussi, lamantins et dugongs sont les seuls mammifères adaptés à se nourrir exclusivement de plantes aquatiques (Domning, 1978). La nourriture et les taux de consommation de nourriture des lamantins et dugongs les rendent extrêmement utiles dans le contrôle de la croissance des plantes dans des fleuves et dans les autres voies navigables (par exemple Bertram & Bertram, 1966; Lowe, 1992). Ajayi (1971) a proposé que le lamantin pourrait faciliter le contrôle des plantes aquatiques envahissantes au Nigeria, alors que populations excédentaires pourraient aussi être récoltées pour leur chair. Alors que de telles propositions n'ont pas été testées, il est sans nul doute vraisemblable que le lamantin joue un rôle important dans l'écologie d'une variété zones humides en Afrique de l'Ouest. 3. Le but Phase 1: Développer un plan d'action pour le lamantin ouest africain et une campagne de sensibilisation sur les zones humides autour de lui, alors que seront établis de solides réseaux à travers la région pour la future mise en œuvre du plan d'action. Phase 2: Exécuter le plan d'action développé pendant la première phase. 4. Les objectifs La première phase a six objectifs clé: a. Mener des enquêtes de base sur le lamantin ouest africain le long du littoral ouest africain en complément avec une étude de la littérature; b. Développer un réseau régional pour la gestion de la conservation du lamantin ouest africain; c. Promouvoir le lamantin comme espèce phare pour les zones humides, en vertu du haut niveau haut d'intérêt qu'il génère, et pour son importance dans les coutumes locales et les traditions; d. Développer un plan d'action pour le lamantin ouest africain le long du littoral ouest africain, en utilisant les résultats des enquêtes et un Atelier régional; e. Déployer la sensibilisation sur le lamantin ouest africain et les zones humides le long du littoral ouest africain. Durant la deuxième phase, le plan d'action développé lors de la première phase sera mis en oeuvre. Cette structure en deux phases a été choisie parce qu'il y a des écarts significatifs de connaissance sur la distribution et comportement du lamantin ouest africain le long de la côte. Dans plusieurs de pays (comme la Guinée Bissau), des étude exhaustives ont été menées, mais la connaissance est insuffisante dans la plupart des autres zones. Pendant la première phase une revue exhaustive de la littérature complétée par des enquêtes de terrain sera conduite, ce qui formera la base pour le plan d'action à exécuter dans la deuxième phase. Cela assurera que la deuxième phase prendra en compte les priorités régionales et pas seulement celles nationales. 5. Les produits de la phase 1 a. Réseau renforcé sur les zones humides / lamantins b. Base de données régional de contacts c. Points focaux nationaux pour le lamantin d. Rapports nationaux d'enquêtes sur le lamantin e. Cartographie avec la distribution actuelle des espèces dans la région f. Plan d'action régional pour le lamantin ouest africain g. Proposition régional de projet pour le lamantin h. Matériel de sensibilisation sur le lamantin (affiche, T-shirt, dépliant) i. Planification en cours pour un film sur le lamantin Produits de la phase 2 à déterminer. 6. Les activités de la phase 1 a. Développement de réseau Wetlands International et les autres organisations ont déjà développé nombre de contacts et plusieurs agences sont intéressées à la conservation des lamantins. Ceci sera consolidé pendant cette première phase, quand une base de données de contacts sera mise en place et l'information rapidement diffusée grâce à un petit dépliant de projet. Un questionnaire régional sera aussi développé et largement diffusé dans le but pour récolter l'information fondamentale sur les lamantins et les agences qui sont impliqués, ou qui pourraient être intéressés à s'impliquer, dans la conservation du lamantin. b. Etudes Bien que certaines enquêtes sur le lamantin ouest africain aient eu lieu par le passé, il n'y a jamais eu une approche régionale pleine par la participation de tous partenaires nationaux pertinents. Pendant cette première phase, les points focaux nationaux seront identifiés pour chaque pays dans lequel le lamantin existe (Annexe I). Ces agences dirigeront alors les enquêtes de base sur le lamantin dans leur pays, à inclure: · Revue de la littérature
Ceci résultera d'une série de rapports nationaux, qui seront compilés par le coordinateur du projet. On prévoit que les enquêtes produiront des images raisonnables de la présence / absence des lamantins et mettront en évidence certaines zones potentielles de haute concentrations en lamantins, c'est-à-dire des sites clefs / prioritaires et zones de conflits entre les activités de pêche et les lamantins. Des cartes nationales sur la distribution et le statut seront produites avec les données fournies par les enquêtes. c. Un Atelier régional Un atelier régional sur les lamantins sera tenu, avec des représentants de tous pays dans lesquels le lamantin existe. Les objectifs de l'atelier seront de : · Consolider le développement
du réseau régional d. Plan d'action et proposition pour le projet Le principal produit des enquêtes et de l'atelier, sera un plan d'action pour les lamantins. Cela résumera la distribution et le statut actuel du lamantin, incluant ses menaces, les activités de conservation en cours et les réseaux impliqués. Il proposera alors des étapes pour l'action de conservation et de gestion, qui aura été développée par le processus susmentionné (Activités a-c), d'une manière véritablement consultative. Le plan d'action sera développé par le coordinateur du projet. Les propositions nationales de projet disponibles sur le lamantin seront revus et intégrées en un projet régional complet. Ainsi, une nouvelle proposition de phase 2, à plus long - terme (3-5 années) sera développée autour la mise en œuvre du plan d'action. Les services d'un consultant seront mis à contribution pour le développement de cette proposition. e. Activer la sensibilisation Partout dans le monde, les lamantins et dugong constituent d'excellentes espèces phares pour les zones humides, reflétant l'enthousiasme avec lequel le public souvent s'intéresse aux questions qui leur sont liés (Reynolds, 1994). Il y a particulièrement de bonnes possibilités de promouvoir le lamantin ouest africain comme espèce phare des zones humides par son existence virtuelle dans tous les pays de la région. Pendant cette phase 2, l'utilisation rationnelle des zones humides et la conservation des lamantins seront reliées grâce à l'approche par les "espèces phares", exploitant le haut l'intérêt porté aux lamantins pour mettre en lumière l'importance des zones humides. Les matériels de sensibilisation seront développés, principalement une affiche régionale et un T-shirt, qui seront distribués gratuitement. Wetlands International a aussi été approché par deux entreprises de film/télévision basées en Europe, qui sont intéressées à développer un documentaire sur le lamantin ouest africain. Pendant cette première phase, des avances seront faites pour le développement de ce film, ce qui serait un excellent outil de sensibilisation à travers la région. 7. La mise en œuvre, le partenariat, et le chronogramme a. La mise en œuvre Cette première phase du projet sera gérée par Wetlands International Bureau Afrique de l'Ouest à Dakar, Sénégal. Suite à la large variété de lamantins et au manque d'informations de base pour la plupart des pays, la phase 1 nécessitera une intense coordination et une supervision rapprochée, et un certain nombre de voyages étendus à la sous région. Ainsi, un coordinateur de projet à plein temps sera employé, il sera supervisé par le Chargé de Programme de Wetlands International Afrique de l'Ouest basé à Dakar. La base de données sur le lamantin et les informations sur les zones humides et les lamantins sera établie et gérée à Dakar. b. Partenariat Les partenaires clé pour cette phase 1 seront les agences nationales de conservation, et les organisations non gouvernementales et autres organisations internationales, en particulier le Fonds mondial pour la Nature (WWF), l'IUCN, et la FIBA. Tous les partenaires seront pleinement impliqués dans le développement de la phase 2. c. Le chronogramme La première phase devrait démarrer début 2004, pour achèvement dans les 12 mois. L'Atelier régional devra avoir lieu durant le second semestre de la phase 1. Un planning synthétique est proposé ci-après: Mois 1:
Mois 2-3:
Mois 4: Mois 5-6: Mois 7-8: Mois 9: Mois 10: Mois 11: Mois 12: Le chronogramme de la phase 2 est à déterminer 8. Références Ajayi, S.S. 1971. Wildlife as a source of protein in Nigeria: some priorities for development. Niger. Fld. 36:115-117. Akoi, K. 1994. Une enquête préliminaire sur les Lamantins dans les eaux de la Réserve de la Conkouati au sud du Congo. Canopée 4:10. Ali, A.E. 1999. West African manatee rescued in Northern Senegal. Wetlands International. Fadama 1:7. Bertram, C. & Bertram, K. 1996. Dugongs in Australia Waters. Oryx 7:221-222. Bessac, H. & Villiers, A. 1948. Le Lamantin du Sénégal. La Nature 3158: 188-189. Domning, D.P. 1978. Sirenia. In: Maglio, V.J. & Cooke, H.B.S. (Eds). Evolution of African Mammals. Cambridge: Harvard University Press. Lowe, R.G. 1992. Book Review: Nigeria's Threatened Environment - a National Profile. NEST. Niger. Fld. 57:75-78. Nishiwaki, M., Yamaguchi, M., Shokita, S., Uchida, S. & Kataoka, T. 1982. Recent Survey of the Distribution of the African Manatee. Sci. Rep. Whales Res. Inst. 34:137-147. Powell, J.A. 1996. The Distribution and Biology of the West African Manatee (Trichechus senegalensis Link, 1795). UNEP unpublished report. Reynolds III, J. E. 1994. Sirenia Specialist Group. Species: 90. Silva, M.A., Araújo, A., Djedjó, F., Gomes, L. & Monteiro, H. 1999. Plano Nacional de Conservação do Manatim Africano (Trichechus senegalensis) na Guiné-Bissau. UICN/ICN report. (
Pour plus d'informations, prendre contact avec
l'Unité des Sciences Exactes et Naturelles du Bureau de l'UNESCO
à Dakar.
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