Contribution au renforcement de la forêt sacrée en vue de la gestion durable des ressources naturelles:
cas de la forêt sacrée de Zaïpobly dans le Sud-Ouest de la Côte-d'Ivoire.


CONTRIBUTION AU RENFORCEMENT DE LA CONSERVATION DES FORETS SACREES EN VUE DE LA GESTION DURABLE DES RESSOURCES NATURELLES:
Cas de la forêt sacrée de Zaïpobly dans le Sud-Ouest de la Côte-d'Ivoire.
Par Dr Martine TAHOUX TOUAO, Directrice du CRE Point Focal du MAB-CI et du Patrimoine Mondial


PROBLEMATIQUE DE L'ETUDE

La protection de l'environnement en général et des ressources naturelles en particulier est une préoccupation constante chez tous les peuples mais elle diffère de forme et de finalité d'une civilisation à une autre, principalement en fonction de la perception de la nature et des rapports qui en découlent. Dans les sociétés traditionnelles africaines, la protection de l'environnement résulte de l'ensemble des croyances des populations en rapport avec Dieu et le monde.

En effet, dans ces sociétés où selon les formes religieuses longtemps en vigueur tous les êtres (minéraux, plantes, animaux, humains) sont dotés de substance universelle positive et éternelle, Dieu, Etre Suprême, est lointain. Il ne peut être atteint que par l'intermédiaire des divinités, génies et ancêtres disparus(mais considérés comme toujours vivants) vivant à certains endroits précis de la nature, des montagnes, des forêts, des eaux. Ces endroits craints, vénérés et de gestion réglementée sont appelés aires sacrées et font partie intégrante de ces sociétés dont elles ordonnent, structurent et reproduisent la vie.

Au plan écologique, les sociétés traditionnelles africaines, de par leurs rapports à la nature ont contribué de manière significative à la protection des ressources naturelles : " A Madagascar, les îlots forestiers relictuels, qui contrastent avec les immenses étendues déboisées des plateaux centraux ou de la côte Est, sont épargnés en vertu du caractère " fady " (sacré) que leur confère la présence d'un tombeau en leur sein. Les crocodiles du Nil se sont raréfiés partout en Afrique de l'Ouest sauf dans les "mares sacrées " où ils doivent la vie sauve à leur signification symbolique d'ancêtres réincarnés. Sur la lagune littorale béninoise, la mangrove a été entièrement coupée, à l'exception de quelques " bosquets fétiches " de palétuviers près de certains villages.... (BOUSQUET B)

La Côte d'Ivoire possède 5549 forêts classées d'une superficie totale de 36 434 hectares et reparties sur l'ensemble du territoire. Pendant longtemps, l'exploitation de ces forêts a été le fait exclusif des communautés traditionnelles qui s'adressaient à cette fin aux devins, seuls intermédiaires autorisés par les divinités et les ancêtres disparus. Cette exploitation qui obéissait à des règles et hiérarchies complexes où maîtres de terre, de la parole, du silence jouent des rôles prédominants par rapport à la communauté de profanes, était d'ordre culturel et avait pour objectif principal la reproduction de la société traditionnelle à travers soit le maintien de l'ordre social, la consolidation ou la restauration de l'ordre social. L'exploitation culturelle des forêts sacrées ne constituait pas une menace pour l'intégrité de l'espace ni pour ses composantes naturelles.

Les forêts sacrées, véritables richesses culturelles mais aussi réserves fauniques et floristiques, subissent aujourd'hui partout en Côte d'Ivoire des pressions anthropiques qui mettent en péril leur existence. En effet, les menaces socioculturelles et les pressions économiques et démographiques constituent les premiers facteurs de désacralisation et d'exploitation des ressources de ces écosystèmes. Si des mesures adaptées à chacun des contextes locaux ne sont prises, l'important Savoir Ecologique Traditionnel ivoirien et les ressources naturelles qu'il a permis de conserver risquent d'être perdus à jamais pour l'humanité. Il convient dès lors, en vue de pérenniser les forêts sacrées, d'améliorer leur gestion actuelle en favorisant l'adhésion de l'ensemble des communautés locales à cet objectif. D'où l'intérêt de la présente étude consacrée à la forêt sacrée de Zaïpobly dans la sous préfecture de Taï, au Sud-Ouest de la Côte d'Ivoire.

Objectifs de l'étude

Objectif général

L'objectif général de cette étude est de contribuer à la conservation de la forêt sacrée de Zaïpobly.

Objectifs spécifiques

Six objectifs spécifiques sont assignés à la présente étude :

Faire un inventaire systématique de la flore et de la faune ;

Faire une étude ethnobotanique sur l'utilité des plantes et ethnozoologique sur les différents usages de la faune ;

Etudier le fonctionnement du Kwi, autorité de gestion et de conservation de la forêt sacrée de Zaïpobly ;

Identifier les pressions anthropiques exercées sur la forêt sacrée de Zaïpobly ;

Analyser la perception de la forêt sacrée et son mode actuel de gestion par les populations de Zaïpobly ;

Identifier avec les populations de Zaïpobly les actions prioritaires à entreprendre en vue d'une gestion durable de cette forêt.

METHODOLOGIE DE L'ETUDE

Méthodologie de collecte des données

Etude ethnobotanique, ethnozoologique et de la faune de la forêt sacrée de Zaïpobly

Inventaire faunique et floristique

Nous avons fait un inventaire faunique diurne. Cet inventaire s'est fait par des visites de la forêt à l'effet d'observer les traces d'animaux, leurs fientes et les restes de leurs produits de consommation. Cette enquête s'est avérée insuffisante du fait de la brièveté de notre temps de séjour au village. Aussi, avons-nous complété les données obtenues par les enquêtes auprès des personnes ayant une bonne connaissance de la diversité biologique de la forêt sacrée. Elles ont inventorié les différents animaux qu'elles ont rencontrés ou dont elles ont vu les traces dans cette forêt. Nous avons interrogé dix personnes et confronté les informations qu'elles ont fournies. L'inventaire floristique a été plus complet ; en effet, lors de nos missions antérieures, nous avons eu suffisamment de temps pour parcourir la forêt.

Enquêtes ethnobotaniques et ethnozoologiques auprès des populations

Les enquêtes ethnobotaniques et ethnozoologiques avaient pour but d'interroger les populations sur l'utilisation de la faune et la flore identifiées dans la forêt sacrée de Zaïpobly.

Etude socioéconomique

Les entretiens semi-structurés

La méthodologie adoptée dans le cadre de cette mission est une combinaison du " diagnostic rapide en milieu rural " et des enquêtes conventionnelles par questionnaire. Le " diagnostic rapide en milieu rural " permet une évaluation du milieu rural tout en alliant rapidité et fiabilité. Dans ce cadre, nous avons eu recours à des interviews semi-structurées avec les notables, les jeunes et les communautés allochtones du village alors que par le questionnaire, nous avons cherché à obtenir des informations à caractère individuel.

Selon les résultats du dernier recensement de la population et de l'habitat (1998), Zaïpobly compte 478 habitants. Dans cette population de base, les autochtones représentent 335 personnes, soit environ 70% de la population totale. Nous avons constitué un échantillon stratifié représentant 10% de cette population, soit 50 personnes (30 autochtones et 20 allochtones). Le choix des personnes interrogées s'est fait selon la méthode dite aléatoire ou probabiliste.

L'observation directe des comportements

Il s'est agit pour nous d'observer de façon neutre les comportements des populations en interaction avec la forêt sacrée du village en général et avec les ressources naturelles de cette forêt en particulier. Cette observation fournit des preuves directes des étapes du comportement, ses antécédents et ses conséquences et complète les données recueillies par les entretiens semi-directifs et le questionnaire précédents.

Les réunions communautaires

Nous avons eu deux réunions communautaires rassemblant d'une part les notables et d'autres part les jeunes en leur qualité respective de dépositaires des traditions et de groupe social le plus confronté aux contraintes socio-économiques et soumis aux mutations culturelles. Les jeunes constituent la frange de la population dont le devenir de la forêt sacrée dépend en grande partie.

Les objectifs de ces réunions étaient les suivants : Saisir chez chacune des deux catégories sociales les perceptions de la forêt sacrée et évaluer avec elles son mode actuel de gestion ; Identifier avec ces deux groupes des actions prioritaires pour la conservation de la forêt sacrée de Zaïpobly.

Les matrices de tendances historiques

A partir des informations recueillies auprès des personnes âgées du village, nous avons constitué une tendance historique à moyen terme de l'utilisation des ressources naturelles et de la qualité environnementale de la forêt sacrée de Zaïpobly. Pour réaliser cette tendance historique, les informations obtenues ont été regroupées sous forme d'une matrice qui montre le degré de prise de conscience des problèmes environnementaux par les populations locales

Les matrices de classement prioritaire

Nous avons, avec les différentes populations, identifié les principaux aménagements qu'elles souhaiteraient voir réaliser au sein de la forêt sacrée et nous les avons comparées. Les informations obtenues nous ont permis de dresser une matrice de classement prioritaire par paires d'activités d'aménagement prioritaires.

Méthodologie d'analyse des données

Nous ferons, pour les données socio-économiques, deux types d'analyse de nos données recueillies : il s'agit de l'analyse statistique des données d'enquête traitées grâce à l'outil informatique en vue de dégager les grandes tendances relativement aux opinions individuelles ; nous ferons aussi l'analyse de contenu des documents collectés ; L'approche comparative pour mesurer l'évolution de la pression humaine sur la forêt sacrée ; il s'agit aussi de comparer les grandes tendances obtenues à l'échelle des différentes communautés du village.

RESULTATS DE L'ETUDE

Présentation de la forêt sacrée de Zaïpobly

Le village de Zaïpobly est situé au Sud-Ouest de la Côte d'Ivoire sur l'axe Guiglo-Taï, à environ 9 km de Taï, dans la périphérie Ouest du Parc National de Taï. Il possède une forêt sacrée appartenant au bloc occidental du centre d'endémisme floristique Guinéo-Congolais dont la végétation originelle est constituée de forêt dense humide sempervirente à Eremospatha macrocarpa et à Diospyros mannii (Guillaumet et Adjanohoun, 1971).

La forêt sacrée de Zaïpobly a une superficie de 12,30 hectares et est séparée en deux blocs par l'axe Guiglo-Taï. C'est une forêt secondaire bien conservée. On y distingue trois strates :
- Une haute strate, constituée de grands arbres. Les espèces dominantes sont entre autres, Piptadeniastrum africanum, Parinari excelsa, Erythropheum ivorense, Nauclea diderrichii, Samanea dinklagei. Certains de ces arbres (Piptadeniastrum africanum, Parkia bicolor) jouent un rôle écologique de premier plan pour l'écosystème forestier à cause de leurs larges couronnes et de leur relative facile dispersion (HAWTHORNE, 1995).
- Une strate moyenne constituée d'arbres de taille moyenne que dominent : Myrianthus arboreus, Monodora myristica, Maesobotria barteri etc.
- Une strate basse constituée de diverses Marantaceae et de jeunes plantes.
 


Localisation du Parc National de Taï et du village de Zaïpobly.


Le sous-bois est constitué de quelques Poaceae et Cyperaceae forestières (Guaduella oblonga, Mapania sp.) Les arbres portent de nombreuses espèces grimpantes ou épiphytes telles que Culcasia spp. Quelques espèces lianescentes (Calycobolus africanus, Manniophyton fulvum) s'enchevêtrent dans les basse et moyenne strates. A première vue, cette forêt abrite une diversité floristique assez intéressante. Elle contient plusieurs espèces endémiques du Sud-Ouest ivoirien dites Sassandriennes (Hunteria simii, Chrysophyllum taiense). En outre, elle abrite de nombreuses espèces menacées d'extinction telles que Garcinia afzelii, Milicia excelsa (AKE ASSI, 1998 ; CHATELAIN et al., 2001) ou rares telles que Uvariodendron occidentale, Drypetes pellegrinii (HAWTHORNE, 1995 ; BELIGNE, 2000). Elle abrite aussi des caféiers sauvages qui constituent au plan génétique, des ressources importantes pour l'agriculture : Coffea ebracteolata, C. canephora, et C. humilis qui est une espèce endémique stricte (LAUGINIE, 1992).


La forêt sacrée de Zaïpobly, réservoir de ressources génétiques. Ici, un pied de caféier sauvage, Coffea humilis, espèce endémique stricte de la zone de Taï.
La forêt sacrée de Zaïpobly a été longtemps préservée grâce à l'autorité du Kwi, instrument efficace de police et de justice coutumières. Aujourd'hui, sous l'effet conjugué de la pression démographique, la pauvreté, la rareté des bonnes terres cultivables et de la mutation progressive des mentalités, l'autorité du Kwi, sans être remise en cause, montre ses limites dans la conservation de la forêt sacrée de Zaïpobly. Les communautés villageoises de Zaïpobly sont de plus en plus sensibles aux contraintes qui pèsent sur la conservation de leur forêt sacrée.  


La faune de la forêt sacrée de Zaïpobly

En attendant un inventaire plus complet (qualitatif et quantitatif) de la forêt sacrée, nous avons pu avoir cette liste non exhaustive.

Le daman d'arbre est l'animal totem des Wè de Zaïpobly. Son cri, la journée, est présage d'un malheur. Souvent il sort de la forêt sacrée et entre au village. Les villageois lui offrent alors du riz et de l'huile rouge en signe d'adoration.

   
La forêt sacrée de Zaïpobly, abrite une forte biodiversité animale. Ici, la genette (Genetta genetta) agile prédateur des rongeurs et des oiseaux (Photo Petretti)
 
Nid d'un Daman d'arbre. La forêt sacrée de Zaïpobly en abrite un grand nombre.
 
Le Céphalophe zébrée : espèce endémique stricte de la zone de Taï. (photo Lauginie)

La phytodiversité de la forêt sacrée de Zaïpobly

Les habitants de Zaïpobly, comme tous les peuples forestiers, utilisent les plantes pour leurs besoins : l'alimentation (nourriture et boisson), la construction des habitations, la chasse, la pêche, l'artisanat et surtout la médecine traditionnelle.

   
La forêt sacrée de Zaïpobly, riches en plantes caractéristiques. Ici, un jeune pied de Xylopia villosa, arbre aux feuilles aromatiques
 
Le bas fond de la forêt sacrée de Zaïpobly, riche en Raphia, espèce sous la double protection du Kwi et des masques.
 
Utilisation du Papo (folioles de Raphia tressé). pour la toiture des maisons

Plantes utilisées comme matériaux de chasse et de pêche et présentes dans la forêt sacrée de Zaïpobly.

Liste des plantes présentes dans la forêt sacrée de Zaïpobly et utilisées comme matériaux de pêche et de chasse.

Plantes
Nom Wè
Utilisations
Calycobolus africanus
Plo loubou
Nœud coulissant
Microdesmis keayana
Ndoloè
Ressort de piège
Diospyros sanza-minika
Poison de flèche
Napoleonaea leonensis
Djinlo
Poison
Ancistrophyllum secundiflorum
Digba
Poison
Strychnos aculeata
Za lobou
Poison
Treculia africana
Yourou tou
Appât
Trema guineensis
Banglouyon
Poison

Plantes de la pharmacopée traditionnelle présente dans la forêt sacrée de Zaïpobly

Les plantes de la médecine traditionnelle peuvent se classer en deux grandes catégories :

Les plantes de la pharmacopée ordinaire. Ce sont les plantes utilisées pour guérir les affections courantes (paludisme, diarrhée etc.)

Les plantes du domaine mystérieux et des croyances. Ce sont des plantes dont les effets, réels ou fictifs, relèvent de l'extraordinaire : plantes pour se protéger des maléfices et celles faisant l'objet de croyances et de superstitions très répandues dans tous les domaines de la vie.

a) L'acquisition de la connaissance des plantes médicinales.

La connaissance des secrets des plantes peut se transmettre de deux façons : par le songe ou par acquisition auprès d'un ami, d'un parent. Les recettes médicamenteuses acquises en songe ne se transmettent jamais au risque de perdre la puissance du remède.

b) Le prélèvement des plantes de la forêt sacrée.

Pour les habitants de Zaïpobly, la forêt sacrée est une véritable " pharmacie " naturelle, vu l'état de dégradation avancée de la forêt environnante. Aussi, les guérisseurs et les personnes connaissant les plantes remèdes accordent-ils une importance vitale à cette forêt. Pour éviter le gaspillage des richesses qu'elle contient, tout prélèvement de plantes dans la forêt sacrée est soumis à l'approbation préalable du Kwi. Nous définirons dans les chapitres suivants le Kwi et ses attributions. Deux procédures de demande d'autorisation sont observées : la procédure " normale " et la procédure dite " d'urgence ".

 
Séance de libation à Zaïpobly. Tournés vers l'est, les Sages demandent l'autorisation, la protection et la bénédiction du Kwi avant toute activité dans la forêt sacrée.   La forêt sacrée de Zaïpobly, une " pharmacie naturelle ". Ici, le Zè tou (Klainodoxa gabonensis), utilisé pour guérir l'impuissance sexuelle.

La procédure normale

Lorsqu'un guérisseur a en charge un patient qui ne nécessite pas d'interventions d'urgence, il vient trouver les gestionnaires de la forêt sacrée et le chef du village. Il vient avec une bouteille de liqueur. Selon les sages, on ne parle pas au Kwi et aux ancêtres les mains vides.

En Afrique, l'on se réunit autour de la boisson pour raffermir les liens ou pour régler ses comptes. Aussi, pour unir les ancêtres à nous, est-il indiqué de faire une libation. La liqueur (Gin ou Rhum) est la boisson indiquée pour appeler les ancêtres et contenter le Kwi. Tourné vers le soleil levant, provenance du bonheur, le notable le plus élevé en dignité procède à la libation (figure 4). Il demande en substance la bienveillante autorisation et la protection du Kwi pour accéder à la forêt sacrée. Il promet en contre-partie de respecter scrupuleusement les interdits fixés par celui-ci. Après la libation, le récolteur est admis à entrer dans la forêt. Généralement les guérisseurs allogènes savent récolter de manière rationnelle ce dont ils ont besoin.

La procédure dite d'urgence

Lorsqu'un cas grave et inattendu de maladie (morsure de serpent, crise soudaine, etc.) se présente, le guérisseur vient informer le chef du village. Un gestionnaire de la forêt, désigné, entre seul ou accompagné du guérisseur dans la forêt sacrée pour récolter la plante remède. En cours de route, des prières sont dites pour expliquer la situation d'urgence au Kwi. Des jeunes aux vieux, tout le monde connaît et utilise les plantes pour les soins courants. Nous donnons ici, juste quelques exemples de l'exceptionnelle connaissance des populations de Zaïpobly en matière de plantes médicinales.

Comme l'attestent nos différentes investigations, la forêt sacrée de Zaïpobly, en dépit de son exiguïté, est très riche en ressources naturelles. Outre cette biodiversité exceptionnelle, cette forêt sacrée joue diverses fonctions socioculturelles importantes dans la vie du village. Cependant, quoiqu'elle semble bien conservée, la forêt sacrée de Zaïpobly est l'objet de pressions anthropiques insidieuses qui, si l'on n'y prend garde dès maintenant, pourraient menacer à moyen terme son existence.

L'important brassage de populations que connaît aujourd'hui Zaïpobly et les multiples mutations socioculturelles dont il fait l'objet constituent des donnes nouvelles dont il convient de tenir compte dans la mise en œuvre de politique de conservation efficiente et durable de la forêt sacrée. C'est dans cette perspective qu'après avoir identifié les agressions dont cette forêt est l'objet, nous avons analysé sa perception et son mode de gestion par les populations ; nous avons enfin identifié avec ces populations les actions prioritaires à entreprendre en vue d'une gestion durable de cette forêt.

Des pressions anthropiques réelles sur la forêt sacrée de Zaïpobly

La forêt sacrée de Zaïpobly est de type " ouvert " c'est-à-dire, accessible à tous les habitants du village sans restriction; seul l'accès des étrangers est conditionné par des cérémonies rituelles simplifiées. Bien que le prélèvement de plantes n'y soit permis qu'avec l'autorisation préalable des anciens et la chasse y soit interdite, les populations reconnaissent que ces prescriptions sont de moins en moins respectées. On y constate des prélèvements de plantes médicinales, des mutilations d'arbres et la raréfaction des animaux sauvages.

 
Une forme de dégradation de la forêt sacrée de Zaïpobly : ici, les marques prélèvements clandestins d'écorces.   Une autre forme de dégradation de la forêt sacrée de Zaïpobly : le grignotement de la forêt par les populations.

Place et rôle de la forêt sacrée dans la vie quotidienne du village

La forêt de Zaïpobly jouxte le village du même nom ; aussi, son existence et son caractère sacré sont-ils connus de l'ensemble de la communauté villageoise. En effet, à la question de savoir " savez-vous qu'il existe une forêt sacrée à Zaïpobly ? ", tous nos enquêtés ont répondu par " oui " et ont indiqué l'emplacement de cette forêt. 66 % de nos interlocuteurs ont affirmé l'avoir traversée au cours des deux dernières semaines.

La forêt sacrée de Zaïpobly a cinq fonctions spécifiques dans la vie du village : Sépulture des anciens et des gestionnaires du site ; Réserve de faune ; Réserve de plantes médicinales ; Ecole (lieu de formation et d'initiation) ; Lieu de réunions sécrètes. Les gestionnaires de la forêt, sous l'autorité du Kwi, veillent au respect des us et coutumes réglementant son exploitation par les populations du village et celles d'ailleurs. La forêt sacrée se présente ici comme un espace fermé dont l'accès et l'exploitation ne sont possibles qu'avec l'accord des gestionnaires.

L'importance de chacune des fonctions de la forêt sacrée de Zaïpobly varie d'un habitant à l'autre ; ainsi, au niveau de l'ensemble du village, 8 % de la population lui assigne la fonction de protection en qualité de barrière verte contre les intempéries, notamment les vents violents fréquents dans la région ; 44 % de la population lui attribue la fonction de réserve de faune et de flore alors pour les autres 48% , cette forêt est un sanctuaire où d'importantes cérémonies rituelles communautaires ou individuelles ont lieu (cérémonies d'initiation, conjuration de mauvais sort, bénédiction d'activités socioéconomiques etc.).

Lors de nos entretiens de groupes, les notables et les jeunes se sont dits fiers de leur forêt sacrée en ce qu'elle constitue l'élément distinctif de Zaïpobly des autres villages de la région. Pour eux, sans cette forêt, leur village serait anonyme, sans personnalité propre ; de plus, l'existence de cette forêt a permis à Zaïpobly d'être connu de la communauté scientifique nationale et internationale. Ils estiment également que cette forêt constitue un héritage qu'ils doivent conserver et transmettre aux générations futures.

De l'appropriation de la forêt sacrée de Zaïpobly par les populations

Les avis relatifs à la place et au rôle de la forêt sacrée montrent que cette forêt semble importante pour l'ensemble de la population. Toutefois, les avis exprimés plus ci-dessus détonnent avec certains comportements agressifs que nous avons observés vis à vis de cette forêt. Aussi, avons-nous évalué les dispositions individuelles et collectives des populations à protéger ou à contribuer à protéger cette forêt ; à cette fin, nous avons interrogé les différentes communautés sur les questions suivantes : " Selon vous, à qui appartient en premier cette forêt sacrée ? " " Contribuez-vous à la conservation de cette forêt sacrée ? Si oui, comment ? ; si non, pourquoi et à quelles conditions le feriez-cous ?

Les données d'enquêtes montrent que 42 % de la population ne se sentent pas concernés en propre par cette forêt sacrée. Elles affirment cette forêt appartient en particulier à des personnes précises du village et ne pas sont pas concernées directement ou indirectement par sa protection ; 58 % de la population interrogée pensent que cette forêt est patrimoine important pour la communauté et en tant que tel, elles contribuent à sa protection par le rôle de police qu'elles jouent pour la protéger, c'est-à-dire en informant les notables au cas où elles seraient témoins de prélèvements clandestins de plantes médicinales, de mutilations d'arbres ou de braconnage dans la forêt sacrée.

A l'échelle de la communauté, il apparaît que la proportion de la population qui se déclare non attachée à la protection de la forêt sacrée de Zaïpobly est très importante et pourrait constituer à moyen et si des mesures appropriées ne sont prises maintenant, un obstacle à la conservation de cette forêt ; en effet, 42 % da la population seraient d'après ces données, indifférentes de la dégradation de cette forêt sacrée, voire de sa disparition.

La proportion des habitants de Zaïpobly attachés à la conservation de la forêt sacrée du village selon l'origine ethnique ou la nationalité est : communauté Wè : 95% ; communauté Baoulé : 40% ; communauté Burkinabé : 40% ; communauté Guinéenne : 20% ; communauté Malienne 20%. On observe que les Wè, autochtones du village, constituent la seule communauté parmi les six qui composent le village à s'engager majoritairement (95%) dans les actions de protection de la forêt sacrée. Les autres 5% de la communauté Wè sont constitués essentiellement de monothéistes (musulmans et chrétiens). L'enquête relative à l'avis des monothéistes de Zaïpobly sur l'existence et la conservation de la forêt sacrée donne les résultats suivants : proportion de personnes attachées à l'existence de la forêt sacrée et à sa conservation : 18% contre 82%.

Les différents résultats obtenus montrent que les populations qui ont adopté des cultes monothéistes, indépendamment de leur origine, attachent peu d'importance à la protection de la forêt sacrée ; les allogènes quoique ayant une forte proportion d'animiste en leur sein, accordent également très peu d'importance à la conservation de cette forêt. Le déplacement des allogènes animistes de leurs terres natales à Zaïpobly ne s'accompagne pas de l'adoption par eux des pratiques religieuses Wè.

La conservation de la forêt sacrée de Zaïpobly ne peut être durable que si, en plus des valeurs traditionnelles qui régissent cette forêt, elle prend en compte d'autres valeurs qui fédèrent les différentes communautés du village, indépendamment de leur origine et leur pratique religieuse. La mise en œuvre et la promotion d'activités d'intérêt communautaire liées à la protection de cette forêt pourraient contribuer à atteindre cet objectif.

Les résultats relatifs à la place et au rôle assignés à la forêt sacrée de Zaîpobly par les populations locales montrent que ces populations ont acquis des connaissances importantes sur la forêt en général : rôle de barrière verte (8 %) et réserve de flore (44%). Cependant ces connaissances écologiques ne sont pas suivies d'acquisition de comportements appropriés en matière de protection de cette forêt sacrée par une frange importante de la communauté de Zaïpobly ; cela traduit le manque d'identification de cette population à la forêt sacrée.

La gestion de la forêt sacrée de Zaïpobly

La gestion de la forêt sacrée de Zaïpobly est le fait du Kwi ; à l'origine, le Kwi était une institution juridictionnelle et policière dont la compétence s'étendait sur tout le complexe ethnique.

Rôle et organisation du Kwi de Zaïpobly

Rôle et organisation du Kwi de Zaïpobly

En deuxième position se situe le " Séan-lé ". c'est le porte de parole de Yiré-ba. Il sert d'intermédiaire entre celui-ci et les Kwi-Agnourou ;

En troisième lieu, le groupe des " Kwi angnonou " ou enfants du Kwi, groupe d'initiés chargés d'exécuter les grandes œuvres (main active du Kwi) ; ils jouent également le rôle d'espions, de détectives

Cette société veille sur la forêt depuis son institution en site sacrée, à la fondation du village. L'autorité des Kwi est très redoutée parce qu'en mesure d'infliger des sanctions drastiques parfois d'une manière foudroyante. C'est principalement pour cette raison que les anciens leur ont confié la gestion quotidienne de la forêt sacrée. Les autres acteurs de la gestion de la forêt sacrée de Zaïpobly sont de deux ordres :

Les autorités coutumières composées du chef et des notables du village, dépositaires du savoir ;

La population de base dont dépend la réussite du système ; elle est composée des autochtones Guéré et d'allogènes ivoiriens et africains (Akan, Malinké, Burkinabé, Guinéens, Maliens, etc.)

La gestion quotidienne repose sur la société des Kwi qui exerce une dissuasion psychologique et même réelle sur la population de base au point où celle-ci n'ose pas pénétrer dans la forêt sacrée de peur de provoquer le courroux du Kwi. En pratique, les membres des différents groupes constitutifs du Kwi surveillent la forêt sacrée et portent à la connaissance du chef et des notables du village toute agression directe ou indirecte, toute violation des règles relatives à la forêt sacrée.

Les autres acteurs

Les autorités coutumières (le chef et ces notables) dépositaires du savoir.

Les organismes de recherche et les ONGs : partenaires au développement du village :

La population de base de qui dépend la réussite du système.

Le pouvoir du Kwi avait toute son autorité dans une société culturellement homogène. Aujourd'hui, l'important brassage des populations que connaît Zaïpobly et les diverses mutations sociales qui lui sont inhérentes, notamment l'introduction des nouvelles religions, ont confiné le Kwi dans le rôle de gardien de traditions dans lesquelles une proportion de plus en plus importante de la population ne semble plus se reconnaître.

Bien que seulement 42 % des personnes interrogées se disent non engagées directement ni indirectement dans la protection de la forêt sacrée, le taux de personnes estimant que son mode actuel de gestion est insuffisant dans l'optique de sa conservation à long terme est de 76 %. Ces résultats sont corroborés par la matrice de tendances historiques de la dégradation des ressources animales de la forêt sacrée obtenues à partir des informations recueillies auprès des personnes âgées du village.

Cette matrice montre que la forêt sacrée de Zaïpobly, en dépit de son étroitesse, est un réservoir très riche de ressources fauniques et floristiques ; cependant, cet important capital connaît une forte dégradation depuis 1980, date d'établissement de communautés allogènes dans le village. Seules les plantes comestibles ne sont pas encore l'objet de prédation. Cette matrice et les résultats précédents montrent que les populations du village, indépendamment de leur attachement à cette forêt sacrée, sont conscientes de sa dégradation continue depuis les années 80.

Pour 80 % des autochtones de Zaïpobly interrogés, la responsabilité de la dégradation des ressources de la forêt sacrée incombe aux populations allogènes qui selon eux, vendent des cartouches de fusil de type calibre 12, chassent à la lisière de la forêt sacrée, y prélèvent des plantes médicinales clandestinement. Cependant, les jeunes estiment que ces actions des allogènes sont favorisées par la complicité passive de quelques notables de village. En effet, par manque d'argent, surtout à la rentrée scolaire quelques pères de famille n'hésitent pas à s'adonner au braconnage pour assurer les frais de scolarité de leurs enfants. Ceux-là mêmes qui sont chargés de la surveillance de la forêt sacrée sont souvent couverts de dettes. Dans ces circonstances, ils ferment les yeux, sur certains actes défendus.

Les randonnées pédestres que nous avons effectuées aux alentours de la forêt sacrée nous ont permis de constater des mutilations d'arbres principalement sur le coté du village habité par les allogènes ; ceux-ci, par endroits ont procédé à des défrichements en vue d'étendre leurs concessions au détriment de la forêt sacrée. Si la menace inhérente à l'extension du village semble aujourd'hui jugulée grâce à la définition de la zone d'agrandissement du village, celle due aux prélèvements clandestins de ressources dans la forêt sacrée demeure préoccupante, eu égard au silence observé par le Kwi relativement aux actions antérieures.

Les acquis de Zaïpobly en matière de gestion durable des ressources naturelles

Le village de Zaïpobly est situé à sept kilomètres du Parc National de Taï, à sa périphérie Ouest . Cette position fait de Zaïpobly le cadre de diverses actions dont l'objectif principal est la gestion durable du parc. Outre les connaissances générales sur faune, la flore et leurs interactions, les populations de Zaïpobly ont, avec l'appui du Projet Autonome de conservation du Parc National de Taï, domestiqué certaines plantes.

La domestication en général est un processus qui consiste à mettre un animal ou une plante dans des conditions de soumission à l'homme. A Zaïpobly, à coté des jardins de case (généralement dans l'arrière cour), des plantes médicinales dites de première nécessité sont plantées. Il s'agit souvent de plantes qui se faisaient rares depuis l'apparition de certaines pestes végétales comme l'eupatoire (Chromolaena odorata). Des espèces fruitières spontanées telles que Beilschmiedia mannii sont aussi domestiquées, de même que l'Attia (Coula edulis) et le Makoré dont les plantations font la fierté des propriétaires.

 
Exemple de domestication de plantes à Zaïpobly : pépinière de Makoré
 
Etangs piscicoles réalisés par les populations de Zaïpobly pour réduire la pression sur la faune du Parc National de Taï.

Actions prioritaires en vue de la gestion durable de la forêt sacrée de Zaïpobly

L'évaluation que nous avons faite du mode actuel de gestion de la forêt sacrée de Zaïpobly avec les populations montre que seulement 24 % des habitants du village se disent satisfaits de la gestion actuelle de cette forêt ; la majorité de la population (76 %) estiment que le mode actuel de gestion ne peut favoriser la conservation à long terme de cette forêt sacrée.

Pour les populations de Zaïpobly, la gestion de la forêt sacrée du village ne peut être durable que par la mise en œuvre de deux types d'actions complémentaires : la lutte contre la pauvreté par le développement d'activités génératrice de revenus au profit de la communauté et la valorisation de la forêt sacrée. Les activités génératrices de revenus identifiées par les populations sont l'aménagement des bas fonds pour le développement de la riziculture et la pisciculture. Quant à la valorisation de la forêt sacrée, elle consistera à son aménagement pour l'écotourisme, la vente réglementée des produits végétaux à usage médicinal.

Les activités identifiées par les populations en vue de valoriser la forêt sacrée sont au nombre de six.

Inventaire floristique complet et constitution un fichier botanique inhérent : activité A ;

Bornage de la forêt sacrée : activité B ;

Constitution d'une barrière barbelée entre le village et la forêt sacrée : activité C ;

Ouverture les layons et planting d'arbres fruitiers à usage domestiques : activité D ;

Aménagement du site de réunion communautaire : Activité E ;

Constitution d'une barrière verte autour de la forêt sacrée : activité F.

(Avec les populations, une matrice de classement prioritaire par paires d'activités de protection de la forêt sacrée a été conçue. )

Les activités identifiées par les populations de Zaïpobly ne sont pas incompatibles les unes avec les autres. Ces activités font ressortir deux préoccupations principales des populations relativement à la conservation de leur forêt sacrée : la matérialisation des limites de la forêt sacrée à l'effet de les faire accepter par tous les membres de la communauté (autochtones et allogènes) et la valorisation de cette forêt.

PROPOSITIONS, CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

L'exemple de Zaïpobly est une preuve parmi de nombreuses autres(Tahoux , et al., 1996 ; Tchouamo, 1998 ; Bérété, 1998 ; Houngnihin, 1998; Gomé, 1999, etc.) que les systèmes de gestion traditionnelle contribuent à la conservation de la diversité biologique et culturelle en Afrique. Il atteste que les sociétés africaines savent s'organiser pour gérer durablement ce qui leur est cher. Ici, le Kwi, par l'influence psychologique qu'il a exercée et continue d'avoir sur une frange importante de la population a permis de conserver pendant longtemps la forêt sacrée de Zaïpobly.

Aujourd'hui, la société Wè de Zaïpobly, à l'image de toutes les sociétés traditionnelles africaines, est le lieu de nombreuses mutations socioculturelles dont la plupart constitue des facteurs d'abandon ou de rejet de d'organisations sociales anciennes. Ainsi, la pression démographique, la pauvreté, la raréfaction des terres cultivables et l'accru des religions monothéistes consécutif au phénomène migratoire que connaît Zaïpobly constituent-ils les principaux goulots d'étranglement et défis pour le fonctionnement harmonieux du système traditionnel de gestion de la forêt sacrée.

Les différentes contraintes ci-dessus énumérées ne prédisent pas un avenir prometteur pour la conservation de la forêt sacrée de Zaïpobly selon la seule vision culturelle. Bien que la re-dynamisation du groupe de gestion traditionnel soit encore possible avec la valorisation du prestige de ses membres, elle ne peut constituer aujourd'hui la seule stratégie de gestion durable de la forêt sacrée de Zaïpobly ; des activités de lutte contre la pauvreté en liaison avec la gestion durable des ressources naturelles et l'aménagement de cette forêt sont nécessaires à cette fin.

Les populations de Zaïpobly ont certes des connaissances générales importantes relatives à la conservation des ressources naturelles, mais leur engagement à la protection de la forêt sacrée du village demeure à ce jour peu important. Aussi, des actions de sensibilisation et d'éducation à l'effet de créer une synergie de l'ensemble des composantes de la communauté du village en matière de protection de la forêt sacrée sont-elles nécessaires.

Outre la sensibilisation à l'effet de susciter l'implication effective de l'ensemble la communauté villageoise dans la conservation de la forêt sacrée de Zaïpobly, des actions concrètes et des aménagements particuliers doivent être entrepris afin d'assurer la gestion durable de cette forêt. Il s'agit notamment de :

- Borner l'aire originellement sacrée de la forêt sacrée ;

- Délimiter autour de l'aire précédente une zone selon l'approche de protection et de développement intégré par zonage, inspirée de l'approche du MAB (l'Homme et la Biosphère de l'UNESCO). Cette zone se composerait de trois aires concentriques protégeant la forêt sacrée, dans lesquelles les populations réaliseraient des activités d'éco-développement utiles tant à la forêt sacrée qu'aux populations riveraines. La zone 1 ou zone de protection immédiate servirait de réserve aux espèces médicinales, aux essences traditionnelle en voie de disparition et aux arbres fruitiers pour les animaux de la forêt sacrée ; La zone 2 ou zone de protection rapprochée, serait destinée au reboisement domestique à usage courant (Makoré et autres arbres domestiqués) ; quant à la zone 3 ou zone de protection éloignée, elle se constituerait des bas fonds jouxtant la forêt sacrée et servirait au développement de la riziculture et de la pisciculture. (figure 29) ;

- Faire adopter par les autorités compétentes un statut particulier de nature à protéger la forêt sacrée de Zaïpobly.

Proposition de zonage pour la gestion durable de la forêt sacrée de Zaïpobly

La communauté scientifique et les organismes en charge de la conservation des ressources naturelles sont, au travers le cas spécifique de Zaïpobly, sont interpellés à apporter l'appui technique et financier nécessaire pour renforcer le savoir écologique traditionnel et assurer la gestion durable des patrimoines écologico-culturels sur une base consensuelle.

( Pour plus d'informations, prendre contact avec l'Unité des Sciences Exactes et Naturelles du Bureau de l'UNESCO à Dakar.

Prendre contact avec le Docteur Achille OLLOY pour les observations et les échanges d'informations )


 
 

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