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| Projet
d'aménagement des stocks pélagiques partagés: Cas des pêcheries de mulets et de courbines en Mauritanie et au Sénégal |
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Projet d'aménagement des stocks pélagiques partagés : Cas des pêcheries de mulets et de courbines en Mauritanie et au Sénégal. Elaboré par les participants au groupe de travail sur l'extension du projet de conservation et d'utilisation durable du Mulet en Mauritanie du 16 au 18 juin 2002. INTRODUCTION Le présent document de projet est en cours d'élaboration et cette version est provisoire. Ce draft de projet est le résultat du groupe de travail sur l'extension au Sénégal du projet de conservation et d'utilisation durable du mulet en cours en Mauritanie, qui s'est réuni du 16 au 18 juin 2002 à Nouakchott. CONTEXTE ET JUSTIFICATION En Afrique de l'Ouest, la zone littorale et ses ressources représentent une composante essentielle pour le développement. Près de 60% de la population est concentrée à moins de 20 km des côtes . La part des ressources halieutiques dans l'alimentation des populations est très importante et croissante. Au Sénégal par exemple, elles contribuent jusqu'à 70% des apports en protéines. A cela s'ajoute le poids socio-économique très important de la pêche en général et de la pêche artisanale en particulier devenue l'un des secteurs les plus stratégiques pour l'économie nationale en Mauritanie notamment. Le Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté du Gouvernement Mauritanien considère que : " compte tenu des possibilités qu'elle offre en terme de création d'emplois et de sécurité alimentaire notamment pour les populations pauvres, mais également de génération de recettes en devises, la pêche artisanale revêt une grande priorité, un plan décennal de développement lui sera consacré ". L'exploitation des ressources halieutiques : pilier de l'économie en Afrique de l'Ouest Avec des captures annuelles de l'ordre de 430 000 tonnes, le secteur de la pêche contribue en Mauritanie pour plus de 50% des recettes d'exportations, 33% des recettes budgétaires,13% du PIB et plus de 36 000 emplois directs dont plus de 12000 pêcheurs artisans. Au Sénégal avec des débarquements annuels de plus de 400 000 tonnes dont 80% proviennent de la pêche artisanale nationale, la valeur des exportations des produits halieutiques dépasse les 30% des exportations annuelles et il y a environ 600 0000 emplois directs et induits crées par la pêche et ses activités annexes. La Mauritanie comme le Sénégal disposent d'un fort potentiel halieutique composé de ressources démersales et pélagiques exploitées par la flotte industrielle et la flotte artisanale. Intensification de la pêche : la course au œufs d'or En Mauritanie, on dénombre plus de 6 espèces de mulets dans les débarquements dont le mulet jaune (Mugil cephalus), petit pélagique côtier, qui représente un stock halieutique exploité depuis des siècles par les pêcheurs Imraguen. Situés sur le parcours migratoire du Mulet, les Imraguen ont pratiqué une pêche traditionnelle d'autosubsistance, en apprenant à valoriser totalement cette ressource base de leur alimentation et élément fort de leur culture. Depuis plus de 10 ans, du fait la haute valeur commerciale des œufs de mulets, la poutargue, une pêcherie artisanale intensive s'est développée en Mauritanie. Financée par des opérateurs économiques Mauritaniens, cette pêcherie saisonnière, ciblant les classes d'âges adultes en période de reproduction, s'est révélée très efficace pour atteindre en quelques années un volume de production de l'ordre de 10 000 t/an, soit la moitié de la production artisanale Mauritanienne. Mais par la rapidité de cette évolution, les rendements se sont effondrés en Mauritanie et au Sénégal, tout au long du parcours migratoire de cette espèce. Pour compenser cette chute des rendements, on constate depuis plusieurs années une augmentation de l'effort de pêche par l'allongement de la période de pêche et l'apparition de nouvelles techniques . Traditionnellement le mulet était pêché en Mauritanie par les Imraguen de octobre à janvier soit 4 mois de l'année . En 2001 la campagne a débuté en juin dans le PNBA pour se terminer fin mars au sud du pays, soit une durée de 10 mois. En 2002, le début de la campagne a été reculé au 15 juillet sur décision des pêcheurs. On constate également dans cette pêcherie l'émergence de techniques de pêches comme les sennes tournantes (qui étaient utilisées pour la pêche aux petits pélagiques comme les sardinelles) ou plus récemment le filet maillant dérivant mono filament dont les longueurs embarquées par unité de pêche ont doublées ces deux dernières années. En Mauritanie, la production de courbines (Argyrosomus regius) est également importante notamment depuis le développement de techniques de pêches encerclantes. En quelques années, la Mauritanie est devenue le principal pays producteur avec 6000 Tonnes en 1998 et 65 % des captures mondiales depuis 1990. Une dynamique d'exploitation commune Les analogies existant entre ces deux espèces impliquent un traitement commun d'une problématique semblable soulevée par leur exploitation. Le mulet et la courbine sont des espèces qui ont une aire de répartition très large et sont surtout présentes sur les côtes occidentales d'Afrique, où, dans la sous région, leur zone de répartition est similaire. Elles effectuent l'une après l'autre des migrations de reproduction Nord-Sud sur les côtes de Mauritanie et du Sénégal. Leur très grande résistance aux variations de salinité s'explique par le fait que ces deux espèces amphi biotiques, dépendent d'écosystèmes marins, estuariens et fluviaux pour accomplir la totalité de leur cycle biologique (notamment dans l'estuaire du fleuve Sénégal pour les mulets ou dans la Baie du Lévrier pour la courbine (ancien estuaire d'un fleuve descendant de l'Atlas). Ces deux espèces sont exploitées dans la sous région au moment où elles se regroupent en grands bancs et migrent vers des zones de ponte où les conditions hydrologiques sont favorables. Leur trajet est très côtier ce qui les rend accessible à la pêche artisanale. Les Mulets démarrent leur migration à partir du mois d'octobre au Nord de la Mauritanie et se déplacent vers le Sénégal où ils sont pêchés de janvier à mai sur la grande côte Sénégalaise. Les courbines, prédateurs des mulets, effectuent leur migration de janvier à juin sur les côtes de Mauritanie et du Sénégal. Pendant ces périodes, qui correspondent aux campagnes de pêche, les pêcheurs migrent progressivement sur le littoral au rythme du passage des poissons, car ils recherchent particulièrement les femelles matures dont les gonades se vendent à prix d'or. Ces pêcheries présentent les mêmes profils d'acteurs dans les deux pays; (les opérateurs économiques qui financent les campagnes de pêche en Mauritanie, les pêcheurs migrants qui exploitent ces ressources dans les deux pays) Les filières de transformation et de commercialisation sont également liées (les mareyeurs Mauritaniens ou Sénégalais qui transportent les poissons et alimentent les marchés de la sous région, la demande extérieure pour l'achat de poutargue de mulet ou de courbine… ). Dégradation des habitats critiques Le mulet comme la courbine effectuent des migrations tout au long de leur cycle biologique et évoluent dans des zones indispensable pour la croissance, l'alimentation ou la reproduction. Sur la frange littoral et côtière, ces habitats sont soumis a de nombreuses pressions de différentes natures telles que l'urbanisation, la pollution, ou encore l'utilisation d'engins et techniques de pêche qui modifient fortement ces biotopes, fragilisant et perturbant le comportement des espèces qui en sont dépendantes. Les aménagements effectués sur le fleuve Sénégal ont gravement modifiés la dynamique estuarienne de cette zone d'importance capitale pour ces espèces, sans que les impacts aient été pris en compte. L'approche écosystémique doit impérativement être envisagée pour conserver les Zones de nourriceries, frayères, ou zones d'alimentations qui sont soumises à de profondes modifications, compromettant le recrutement d'espèces à haute valeur commerciale dont dépendent de nombreuses populations. Des enjeux socioéconomiques partagés Ces deux espèces sont exploitées à la fois traditionnellement par des communautés de pêcheurs autochtones et sédentaires et par des pêcheurs migrants pour le compte d'opérateurs économiques. Dans des milieux diversifiés et complémentaires à l'accomplissement du cycle biologique de ces espèces (Banc d'Arguin, Bas delta du Fleuve Sénégal, Sine Saloum), des populations exploitent ces ressources de manière traditionnelle en les préservant. L'organisation, la mobilité et la structuration de ces communautés dépendent de ces ressources, facteurs d'intégration social. Hormis ces communautés, les mulets par exemple, sont pêchés par des pêcheurs Sénégalais pour le compte de sociétés Mauritaniennes, dont l'efficacité économique basée sur une logique de rentabilité, est incompatible avec la durabilité de la ressource. Très expérimentés et en surnombre aujourd'hui au Sénégal en raison de la raréfaction de la ressource, ils sont contraints de migrer en Mauritanie pour une ou plusieurs campagnes de pêche laissant leur famille au Sénégal pendant plusieurs mois. Le produit de leur pêche est directement transporté vers Nouakchott d'ou sera exporté la précieuse poutargue alors que les carcasse de mulet seront acheminés pour l'essentiel à Dakar en raison de leur fort prix de vente où en 1999 par exemple, près de 1000 Tonnes ont été commercialisées pour une valeur commerciale estimée autour de 600 millions de FCFA. En effet à cet période la demande est très forte car le Mulet qui vient de Mauritanie, en plus d'être un poisson très apprécié, est le seul poisson disponible sur les marchés. Les différentes espèces de mulets que l'on retrouve dans les estuaires du Sine Saloum et de la Casamance, constituent avec la carpe et l'ethmalose l'essentiel des approvisionnements en poisson frais ou séché entier (tambadiang) des marchés locaux. Aussi les menaces qui pèsent sur ces pêcheries risquent d'entraîner de lourdes conséquences pour les populations de Mauritanie et du Sénégal sur les plans de l'économie, de l'emploi et de la sécurité alimentaire. Des connaissances à approfondir et à capitaliser Le projet de conservation et d'utilisation durable du Mulet en Mauritanie démarré à la fin de l'année 2000, permet de fournir des éléments facilitant la compréhension non seulement de l'écobiologie de cette espèce, mais également de la dynamique de l'exploitation de cette ressource par les communautés traditionnelles et par les sociétés de pêche. Cela a permis dans un premier temps de compiler les données existantes, d'acquérir des informations nouvelles et de les synthétiser pour permettre la formulation de recommandations pour la mise en place d'un plan d'aménagement de cette ressource en Mauritanie. Néanmoins, nombre d'interrogations subsistent encore, sur le potentiel exploitable, le parcours précis effectué par cette espèce au cours de son cycle biologique, ou sur les impacts des aménagements construits sur le fleuve Sénégal. Combler ses lacunes au cours d'une seconde phase du projet, permettra en capitalisant les données acquise au cours de la première phase, de fournir alors l'ensemble des outils nécessaires à une gestion durable de cette ressource. L'expérience méthodologique acquise au cours de l'exécution du projet mulet doit faciliter son extension géographique d'une part ainsi que l'élaboration et la mise en place d'un protocole de recherche pour l'acquisition de connaissances complémentaires sur les stocks de courbines d'autre part. L'Objectif général est : Acquérir les connaissances sur les stocks pélagiques partagés de mulets et de courbines en vu de leur aménagement, pour garantir leur contribution durable à l'économie et à la sécurité alimentaire des populations en Mauritanie et au Sénégal. Les objectifs spécifiques choisis pour viser l'accomplissement de cet objectif global sont : 1. Mettre en place un système d'informations commun aux deux pays, nécessaires à la gestion durable des pêcheries des espèces concernées 2. Définir des mesures d'aménagement concertées pour la gestion durable des espèces concernées en coordination avec l'ensemble des acteurs 3. Renforcer les capacités des acteurs en vue de promouvoir une pêche responsable et assurer une meilleure valorisation des captures. (
Pour plus d'informations, prendre contact avec
l'Unité des Sciences Exactes et Naturelles du Bureau de l'UNESCO
à Dakar. |
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