MESSAGE DU DIRECTEUR
GENERAL DE L'UNESCO
A L'OCCASION DE LA
JOURNEE MONDIALE DE LA POESIE (21 mars 2001)
La poésie
est un art millénaire. Elle est art du verbe, jeu des mots, esthétique
de l'oralité. Car un poème ne se lit pas. Il se dit. C'est pourquoi
la poésie a ainsi pu traverser les âges et les continents.
Fruit de l'imaginaire individuel mais aussi collectif, elle est un
élément permanent de construction de la vie sociale, à l'instar de
la musique, de la danse, des arts plastiques. Partout présente, elle
reste pourtant insaisissable. Sa fragilité apparente, liée à son immatérialité,
en font pourtant un art majeur invulnérable, qui ne craint
rien des assauts du temps ou des intolérances.
Comme l'ensemble du patrimoine immatériel, la poésie doit être l'objet
de toute notre attention. Elle a beau être saluée par tous, elle est
peu publiée et encore moins traduite. Elle est au cœur de toutes les
langues, mais reste souvent difficile d'accès. Art par lequel une
langue s'enracine et se renouvelle, messager particulièrement authentique
d'une culture, témoin raffiné ou singulier d'une histoire, la poésie
peut nous apprendre beaucoup sur l'univers des autres, sur leurs valeurs
comme sur leurs rêves. Elle est une porte ouverte pour le dialogue
et la compréhension entre les peuples que nous célébrons en cette
Année des Nations Unies pour le dialogue entre les civilisations.
L'UNESCO est déjà engagée dans la promotion de l'enseignement de la
poésie dans le système scolaire et elle soutient tous les efforts
qui peuvent être faits en matière d'édition et de traduction de la
poésie. J'invite nos États membres à contribuer eux aussi, et de toutes
les façons possibles, à la promotion durable de la poésie.