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Mesdames
et Messieurs les Représentants des Ministres, C'est avec un réel plaisir que je vous souhaite, au nom du Directeur Général de l'UNESCO, Monsieur Koïchiro MATSUURA, la bienvenue au BREDA à l'occasion de cet atelier de validation externe du plan d'action national sur l'Education Pour Tous. La diversité et la large représentativité de la participation à cet atelier illustre le véritable esprit de dialogue et de coopération qui s'est instauré au Forum Mondial sur l'Education Pour Tous à Dakar et qui s'est confirmé par la suite dans bon nombre de rencontres et d'activités organisées dans le cadre du suivi du Forum, que ce soit au niveau national, régional ou mondial. Honorables
invités, Permettez-moi d'entamer mon intervention par un extrait du rapport à l'UNESCO, de la Commission internationale sur l'Education pour le 21ème siècle, présidée par Jacques Delors et intitulé L'EDUCATION, UN TRESOR EST CACHE DEDANS. Je cite : " Trois acteurs principaux contribuent au succès des réformes éducatives : en tout premier lieu la communauté locale, notamment les parents, les chefs d'établissement et les enseignants ; en deuxième lieu, les autorités publiques ; en troisième lieu la communauté internationale. Bien des exclusions ont été dues, dans le passé, à l'engagement insuffisant de l'un ou de l'autre de ces partenaires. Les tentatives d'imposer du sommet, ou de l'extérieur, des réformes en éducation n'ont eu, de toute évidence, aucun succès. " fin de citation. Cet extrait de ce document de référence pose de manière éloquente le cadre dans lequel nous sommes tous appelés à agir et inter-agir, aujourd'hui et dans l'avenir, chacun selon les responsabilités qui sont les siennes, pour le développement d'une éducation de qualité pour tous les citoyens sénégalais. Mesdames
et Messieurs les Représentants des Ministres, Au nom de tous les Parrains EPT, je tiens à rendre hommage et à féliciter le Gouvernement du Sénégal pour sa détermination à réussir le pari éducatif et pour son combat acharné contre l'ignorance et l'obscurantisme, pour la construction d'un Sénégal paisible et prospère. Comme l'a si bien souligné le Président de la République du Sénégal, Son Excellence Maître Abdoulaye WADE dans son allocution d'ouverture lors du Forum Mondial sur l'Education pour Tous à Dakar, je cite : " … l'éducation généralisée n'est pas fonction de sommes d'argent, mais est avant tout une volonté politique, volonté d'attaquer de front et d'éradiquer cette tare et cette injustice en faisant participer toutes les composantes de la population. ", fin de citation. Cette volonté politique du gouvernement sénégalais se traduit par son adhésion au Cadre d'action de Dakar et à la résolution politique au Sommet sur la Stratégie d'Accélération de l'Education Pour Tous des Chefs d'Etat de six pays africains du Sahel. Réunis à Bamako en novembre 2000, les Chefs d'Etat du Burkina Faso, de la Guinée, du Mali, du Niger, du Tchad et du Sénégal ont pris l'engagement ferme d'accroître la part du Produit Intérieur Brut consacré à l'éducation d'au moins 4% d'ici 2015, d'accorder au moins 50% du budget de l'éducation au développement de l'éducation de base et d'entreprendre des réformes pour une redéfinition des priorités, une réallocation des ressources et un partage des responsabilités de l'éducation entre l'Etat, les communautés et les collectivités dans le cadre d'une gestion décentralisée renforçant l'autonomie des écoles. Mesdames
et Messieurs les Représentants des Ministres, Disposant d'un Programme Décennal de l'Education et de la Formation, le PDEF, votre pays s'était engagé à l'approfondir et de le réajuster dans son volet Education de base afin qu'il réponde aux objectifs de l'EPT définis dans le Cadre d'action de Dakar. Ainsi le projet de Plan d'action EPT prend mieux en compte les besoins éducatifs de tous les jeunes et adultes, en assurant une meilleure concentration des efforts sur les exclus et les marginalisés, en prenant mieux en charge la dimension scolarisation des filles et le domaine de la protection de la petite enfance, pour ne citer que ces aspects. Il constitue un enrichissement du PDEF dans sa composante Education de base, un puissant instrument pour la réalisation de l'éducation universelle et l'application d'une importante disposition de la Constitution de la République du Sénégal, à savoir, je cite " tous les enfants, garçons et filles, en tous lieux du territoire national, ont le droit d'accéder à l'école. Toutes les institutions nationales, publiques ou privées, ont le devoir d'alphabétiser leurs membres et de participer à l'effort national d'alphabétisation dans l'une des langues nationales " fin de citation. Le processus d'élaboration du plan EPT a été appuyé par un Protocole d'Accord, dont les signataires sont le Gouvernement et les Parrains de l'EPT que sont le PNUD, l'UNICEF, le FNUAP, la Banque Mondiale, l'UNESCO/BREDA auxquels s'est joint tout récemment le BIT. Cet outil constitue un modèle, une innovation en matière de mobilisation des ressources humaines et matérielles que nécessite l'élaboration et la mise en œuvre des plans d'action nationaux EPT. Il a également été utilisé dans d'autres pays de la sous-région. Le Gouvernement du Sénégal, en produisant le projet de Plan d'action EPT et en procédant aujourd'hui à sa validation honore une partie de ses engagements. Mesdames et Messieurs les Représentants des Ministres, je vous serais reconnaissant de bien vouloir transmettre aux Ministres nos chaleureuses félicitations pour le travail accompli et leur dire notre détermination à accompagner votre pays dans ses efforts d'Education Pour Tous et de développement de tous les domaines auxquels l'éducation s'intègre. Car l'un des principes fondamentaux des Plans d'action demeure l'approche intégrée pour un développement harmonieux et durable du pays. Chers
collègues Parrains de l'EPT, Depuis l'accès des pays africains à l'indépendance au début des années soixante, la coopération internationale s'est engagée dans une lutte acharnée pour la réduction de la pauvreté et la promotion d'un développement durable, combat dans lequel l'éducation demeure le facteur déterminant. En dépit des appels à la réforme de l'éducation fréquemment réitérés et malgré les efforts fournis et les progrès réalisés, les défis auxquels les systèmes éducatifs africains sont confrontés restent immenses : inadéquation entre l'offre et la demande éducative, inefficacité de la gestion et de la planification, souvent encore très centralisées, faiblesse du financement de l'Etat etc. Les pratiques traditionnelles de coopération en matière de financement de l'éducation, consistant essentiellement à appuyer des projets isolés, n'ont donné que des résultats faibles sur le plan global. C'est la raison pour laquelle l'aide internationale s'efforce depuis un certain nombre d'années, pour plus d'efficacité, de favoriser l'approche programme en matière d'élaboration et de mise en oeuvre des politiques éducatives nationales, et une meilleure coordination de l'action des bailleurs de fonds. L'UNESCO, s'inscrivant résolument dans cette mouvance et conformément au mandat qui lui a été confié par la Communauté internationale pour le suivi du Forum de Dakar, a adopté une approche qui concilie la volonté de favoriser l'expression du leadership national, d'une part, la nécessité de jouer son rôle d'orientation et de coordination des activités de coopération internationale pour le développement de l'éducation, d'autre part. Le renforcement des capacités nationales et la promotion du dialogue entre tous les partenaires concernés demeurent les principaux ferments de la réussite de cette approche. Chers
collègues Parrains de l'EPT, Vous vous êtes engagés, avec l'UNESCO, sur le chemin de la scolarisation universelle et vous ne cessez de vous lancer de nouveaux défis pour que l'Education pour Tous devienne une réalité au Sénégal d'ici l'an 2015. Permettez-moi de vous exprimer à nouveau mes vifs remerciements pour votre précieux appui et votre collaboration exemplaire. Le Sénégal fait partie de 11 pays où la coopération entre les agences se renforce de manière significative à travers l'utilisation de deux outils stratégiques d'appui à la coordination que sont le Plan Cadre des Nations Unies pour l'Aide au Développement, plus connu sous le terme UNDAF et, le document d'Evaluation Commune de la situation du Pays ou CCA. Le CCA, est un processus visant à déterminer l'état actuel du développement dans le pays et à identifier les questions clés. Initié par le Système des Nations Unies, le processus CCA est mené en partenariat avec le Gouvernement, la Société Civile, le Secteur Privé, les bailleurs de fonds, les Institutions de Bretton Woods et les Agences de l'ONU non résidentes. Quant à l'UNDAF, il constitue une réponse commune des Nations Unies aux problèmes de développement du pays. Il est un cadre de planification des activités d'aide au développement du Système des Nations Unies au niveau national reposant sur des stratégies et des objectifs communs. Lors d'un récent atelier UNDAF/CCA au Sénégal, il a été décidé de faire de la mise en œuvre du Plan EPT un domaine prioritaire d'intervention commune du système des Nations Unies dans le cadre de l'opérationnalisation de l'UNDAF. Ceci démontre notre volonté commune de placer, comme il se doit, l'éducation au cœur du développement. Mesdames et Messieurs les Représentants des Agences bilatérales et multilatérales d'Aide au Développement, Dans sa mission de coordination de la coopération internationale, tout en respectant la souveraineté et la volonté de ses Etats Membres, l'UNESCO se réjouit de voir émerger depuis quelques années, un changement de paradigme dans le domaine de l'aide au développement. En effet, les agences, qu'elles soient bilatérales ou multilatérales, inscrivent de plus en plus leurs actions dans une réelle dynamique de coopération et de concertation avec tous les acteurs concernés. Elles se comportent en véritables partenaires au développement, en s'efforçant de promouvoir le leadership et la responsabilité au niveau national, et en mettant en pratique une conception du développement qui fait des acteurs nationaux et locaux les moteurs de tout changement efficace et durable. Votre présence à cet atelier témoigne de votre engagement résolu de jouer le rôle difficile mais exaltant de partenaire au développement et je vous encourage de continuer à adhérer au mouvement EPT et à appuyer ses actions au Sénégal. Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Non-Gouvernementales et des Organisations de la Société Civile, Tout récemment, s'est tenue, ici au BREDA, une rencontre des ONG et des OSC actives en éducation au Sénégal en vue de la création d'une forte coalition nationale EPT. Dans mon allocution d'ouverture j'avais souligné l'importance primordiale que l'UNESCO accorde aux ONG et aux OSC dans l'atteinte des objectifs de l'EPT. D'un autre côté, le Directeur Général de l'UNESCO, lors de la rencontre des ONG sur l'initiative globale qui s'est tenue à Paris les 2 et 3 mars derniers a une fois de plus affirmé que "L'UNESCO souhaite créer un dialogue commun entre tous les partenaires du mouvement EPT et de coordonner ce mouvement en tant que responsabilité commune. Les ONG et la Société Civile constituent un acteur très important dans ce mouvement… Elles représentent vigueur et innovation. Elles sont centrées sur l'individu, interviennent à la base et leur action va du bas vers le haut. Elles apportent du dynamisme à l'UNESCO et aux autres agences bilatérales et multilatérales qui interviennent au niveau politique". Il est par ailleurs stipulé dans le Cadre d'action de Dakar que pour atteindre les objectifs de l'EPT, il faut faire en sorte que la société civile s'investisse activement dans l'élaboration, la mise en œuvre et le suivi des stratégies de développement de l'éducation. Faisant écho au Cadre d'action de Dakar, les Chefs de l'Etat réunis à Bamako en novembre 2000 ont décidé de mettre en place une politique vigoureuse de communication en vue de faire partager les objectifs définis par toutes les parties prenantes de la politique éducative et de faire de l'éducation une cause nationale qui mobilise les différents secteurs de la société, en particulier les acteurs et partenaires principaux de l'éducation que sont les syndicats d'enseignants, les associations de parents d'élèves, les collectivités locales, les communautés de base, les ONG et le secteur privé L'UNESCO, pour sa part, continuera de faire tout ce qui est en son pouvoir pour persuader les Gouvernements de l'importance et de la primauté de la logique de concertation et de dialogue avec la Société Civile dans l'élaboration, la mise en œuvre et le suivi des plans d'action nationaux.
Honorables invités, J'ai la ferme conviction, que les compétences diverses et représentatives de la communauté éducative, réunies ici dans cette salle, nous gratifieront de leurs apports constructifs qui permettront de finaliser le projet de Plan d'action, le rendant ainsi un document crédible basé sur le consensus. Ainsi, nous aurons franchi avec succès la première étape, une étape déterminante, dans la mise en œuvre du Cadre d'action de Dakar sur l'Education Pour Tous. Je vous remercie de votre aimable attention.
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