Atelier de travail sur le suivi de Bamako sur la
contribution des ONG/OSC à l'Education pour Tous
UNESCO-BREDA- Dakar
du 21-23 mai 2001
MOT
DE BIENVENUE DE MONSIEUR ARMOOGUM PARSURAMEN,
DIRECTEUR DU BUREAU REGIONAL DE L'UNESCO
POUR L'EDUCATION EN AFRIQUE (BREDA)
UNESCO/BREDA, Dakar, le 21 mai 2001
Monsieur le Représentant du Ministre de l'Education Nationale du Sénégal,
Monsieur le Secrétaire général de la Commission nationale pour l'UNESCO,
Chers collègues du Système des Nations Unies,
Messieurs les Représentants des ONG/OSC,
Mesdames et Messieurs,
Au
nom du Directeur Général de l'UNESCO, Monsieur Koïchiro MATSUURA, je
vous souhaite la bienvenue à Dakar et au BREDA et vous remercie sincèrement
d'avoir répondu à notre invitation.
Mes
remerciements s'adressent tout d'abord au Gouvernement du Sénégal pour
son engagement constant à nos côtés. Je voudrais ensuite rendre hommage
à la Banque Mondiale, qui a permis l'organisation effective de cet atelier
de travail et plus spécialement à Monsieur Birger Fredriksen, Directeur
du Développement
Humain pour la Région Afrique de la Banque, représenté ici par Monsieur
Mamadou Ndoye, pour sa précieuse collaboration et sa coopération continue
avec l'UNESCO. Je tiens aussi remercier Mme Aïcha Bah-Diallo, Adjoint
de l'Assistant du Directeur général de l'UNESCO pour l'Education qui
a initié l'organisation de cet atelier en collaboration avec la Consultation
collective des ONG pour l'EPT. Je me rejouis
de la présence parmi nous de mes collègues de l'UNESCO, M. Adama Ouane,
Directeur de l'Institut pour l'éducation de l'UNESCO à Hambourg, M.
Ibrahima Bah-Layla et Mme Susan Schnuttgen, de l'UNESCO-Paris.
Honorables invités,
Mesdames et Messieurs les participants,
Le
défi posé par le Cadre d'action de Dakar est immense. Il exige à tous
les pays d'élaborer, au plus tard en 2002, leurs plans d'action ; de
réduire de moitié d'ici 2005, la disparité entre les genres au niveau
de l'accès à l'enseignement primaire
et secondaire et de mettre en œuvre les plans d'action EPT d'ici 2015.
Il assigne
aux Parrains du Forum, la mission de s'assurer que tous les pays disposant
d'un
plan crédible, obtiennent le soutien nécessaire, tant sur le plan financier
que sur
le plan technique, pour la réalisation de ce projet éducatif majeur
qui devrait émaner, partout, d'une mobilisation large de la communauté
des acteurs de l'éducation.
Honorables
invités,
Mesdames et Messieurs,
Le
bilan de la situation un an après le Forum Mondial est particulièrement
préoccupant pour l'Afrique. Le message conjoint des Parrains EPT (PNUD,
FNUAP, UNICEF, Banque mondiale, UNESCO) à l'occasion du 1er anniversaire
du Forum, souligne, je cite " à moins que des mesures radicales soient
prises, 22
pays - soit environ la moitié des pays de la région - n'atteindront
probablement
pas l'objectif de la généralisation de l'enseignement primaire d'ici
2015. Dans sept
de ces pays, la moitié environ des enfants en âge de fréquenter l'école
primaire
ne sont pas scolarisés. … Il est fort possible qu'à mi-parcours de la
prochaine décennie, plus de 30% des enfants ne fréquentent pas l'école
primaire…. En
Afrique, […] les difficultés à surmonter sont multipliées par l'épidémie
du
VIH/SIDA. Dans les pays africains les plus gravement touchés, il est
à prévoir
que 10% des enseignants disparaîtront au cours des cinq prochaines années.
Pendant la même période et dans les mêmes pays, les orphelins dus au
VIH/SIDA formeront plus de 20% de tous les enfants d'âge scolaire. L'épidémie
fera baisser fortement la fréquentation scolaire des filles, contraintes
de rester à la maison
pour y soigner les malades. ", fin de citation.
Cette
situation nous interpelle tous. Nous devons redoubler d'efforts pour
mobiliser tous les partenariats, tous les moyens pour terrasser les
fléaux et obstacles qui se dressent sur le chemin de l'Education Pour
Tous en Afrique.
Le
Cadre d'action de Dakar se fonde sur la ferme volonté d'agir doublé
d'un engagement sérieux en matière de financement de l'éducation de
base. Depuis
le Forum, l'engagement de Dakar a été réaffirmé à maintes reprises.
Pourtant,
selon le message des Parrains évoqué plus haut, 5 à 7 milliards de dollars
annuels sont nécessaires pour universaliser l'accès au primaire. A l'heure
actuelle, les agences multilatérales et bilatérales d'aide au développement
n'arrivent même pas à couvrir la moitié de ces besoins.
Honorables
invités
, Mesdames et Messieurs
L'UNESCO
est plus que jamais engagée à tout mettre en œuvre pour pourvoir
les ONG et les OSC de plus d'espace de concertation, de coopération
et de participation aux prises de décisions relatives aux réformes éducatives
ainsi
qu'à l'élaboration et à la mise en œuvre des plans d'action nationaux
de
l'Education Pour Tous.
Depuis
le Forum de Dakar, le BREDA s'efforce de mettre en place des
mécanismes, des instruments et des outils en vue d'un suivi rigoureux
du mouvement EPT en Afrique aussi bien sur le plan régional que national.
Permettez-moi, dans ce cadre, d'évoquer plus spécialement le plan régional
de suivi de Dakar. Son objectif est d'appuyer les Etats membres de la
Région
Afrique dans leurs efforts pour atteindre les objectifs EPT tels que
définis par le Cadre d'action de Dakar. Sont ainsi concernées toutes
les organisations régionales et sous régionales africaines, toutes les
agences et organisations représentées
en Afrique notamment les ONG dont l'apport inestimable est reconnu par
l'ensemble des acteurs de l'éducation et du développement en Afrique.
Ce document, préparé par le BREDA, a été entériné par les Parrains EPT,
l'OUA, l'ADEA, la BAD et des agences bi-latérales d'aide au développement,
à Madagascar, le 5 mai dernier. Il reste toutefois sous forme de projet.
Il ne sera finalisé qu'après avoir été soumis
aux Gouvernements et et à leurs partenaires dans le domaine de l'éducation
en Afrique dont les ONG et OSC pour s'assurer qu'il prend parfaitement
en compte
les préoccupations de tous. Nous souhaitons que le plan régional final
soit un document de consensus qui mobilise toutes les énergies et toutes
les ressources autour de l'EPT.
Sur le plan national, des efforts constants sont fournis pour s'assurer
que les
ONG et OSC sont parties prenantes des actions qui visent l'élaboration
des plans EPT ainsi que leur mise en œuvre. Le plaidoyer en direction
des gouvernements
pour l'implication effective des ONG dans les actions EPT est constant.
Nous ne cessons de rappeler, tel que le stipule le Cadre d'action de
Dakar, que " c'est
à tous les stades de la prise de décision que les gouvernements doivent
mettre
en place des instances de dialogue systématique permettant aux organisations
de la société civile de contribuer à la planification, à l'exécution,
au suivi et à l'évaluation des activités concernant l'éducation de base
".
Ce
travail donne des résultats comme l'atteste l'exemple du Sénégal. Ce
pays
a lancé, le 27 avril dernier, son plan EPT. Le lancement a été précédé
par
la validation du plan au cours d'un atelier qui s'est tenu dans cette
même
salle et auquel les ONG et la société civile étaient fortement représentés.
Ils ont pu formuler leurs commentaires et suggestions qui ont été ou
seront
prises en compte par la structure chargée de ce plan. Les consultations
qui prendront place dans les différentes régions du pays constituent
de nouvelles occasions pour les ONG et OSC d'exprimer à nouveau et de
faire valoir leur
point de vue.
Le
BREDA a également contribué à l'organisation de la rencontre des ONG/OSC
actives au Sénégal en vue de la création de leur coalition nationale.
Honorables
invités,
Mesdames et Messieurs,
L'atelier
qui s'ouvre aujourd'hui est le prolongement du séminaire de Bamako
du 29 novembre au 2 décembre 2000 qui a su mettre en exergue la contribution
remarquable des ONG et des OSC dans des domaines variés tels que la
mobilisation communautaire, la mise en œuvre d'approches alternatives,
le développement de programmes de santé scolaire et de lutte contre
les MST/SIDA, la production de matériels didactiques, le renforcement
des capacités et le développement de mécanismes de concertation, pour
ne citer que ceux-ci.
Il s'agira au cours des trois prochaines journées de travail,
Honorables
invités,
Mesdames et Messieurs,
En
fédérant les efforts de tous les acteurs de l'éducation y compris les
ONG/OSC,
en surmontant les cloisonnements, en transcendant les frontières habituelles
des responsabilités et des compétences, nous pouvons encore espérer
atteindre les objectifs d'EPT en 2015.
La qualité des femmes et des hommes présents dans cette salle augure
des discussions fructueuses qui nous permettront d'améliorer la participation
des ONG/OSC au mouvement EPT et d'empêcher que l'Afrique ne glisse sur
une
mauvaise pente. Le BREDA est tout à fait disposé à assurer le suivi
du
programme qui résultera de vos travaux.
Comme l'exige le Cadre d'action de Dakar, nous continuerons à faciliter
le dialogue au niveau politique, à défendre la cause des ONG et OSC,
et à vous soutenir dans vos actions à la base, dans votre travail quotidien
en faveur des exclus du droit à l'éducation, notamment les enfants de
la rue, les jeunes marginalisés,
les hommes et femmes analphabètes et ceux atteints du VIH/SIDA.
Honorables
invités,
Mesdames
et Messieurs,
Ensemble, avec détermination et imagination, nous pouvons faire de l'EPT,
un objectif politiquement et économiquement réalisable. L'EPT est encore
à notre portée.
Sur
cette note d'espoir, je déclare ouvert l'atelier de travail sur le suivi
du
séminaire de Bamako.
Je
vous remercie de votre aimable attention.