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BREDA Bureau régional de l'UNESCO pour l'éducation en Afrique
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Qu'est-ce que l'UNESCO

Conférence des Ministres de l’Education en Afrique
(MINEDAF VIII)

Dar-es-Salaam, Tanzanie, du 2 au 6 décembre 2002

Allocution de M. Amara Essy Président de la Commission de l'Union africaine à l'ouverture de la VIIIè Conférence des Ministres Africains de l'Education

Monsieur le Président de la République

Monsieur le Directeur général de l'UNESCO

Mesdames Messieurs les Ministres Mesdames Messieurs

C'est pour moi un honneur et un agréable devoir de participer à ces assises et de prendre la parole devant cette auguste assemblée de sommités et d'éminentes personnalités du monde de l'éducation.

La Commission de l'Union africaine à toutes les raisons de se féliciter que cette importante conférence de l'UNESCO se tienne ici, en République de Tanzanie, en cette année 2002, 41 ans après la première réunion des Ministres africains de l'éducation convoquée également par l'UNESCO en 1961 à Addis Abéba.

Malgré les problèmes multiples qui mobilisent les responsables du continent, il me fallait inscrire vos assises sur l'éducation en Afrique, dans l'ordre de mes priorités.

J'ai fait ce choix parce qu'en vérité, parmi toutes les organisations du système des Nations Unies, l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture à occupé et occupera encore dans le destin de l'Afrique, une place particulièrement importante.

L'UNESCO est, en effet, l'une des toutes premières organisations à intervenir en Afrique, dès sa création et dès la naissance des nouveaux Etats africains dans des domaines stratégiques sensibles.
La première conférence des Ministres africains de l'Education tenue en 1961 en Addis Abéba que j'évoquais tout à 1 'heure en témoigne.
Très tôt, l'UNESCO a ainsi fourni aux peuples africains, les armes de combat pour la libération culturelle qui accompagne et complète nécessairement toute lutte de libération authentique. Elle s'est impliquée pleinement dans l'aide aux mouvements de libération à travers des bourses d'étude et des programmes d'éducation et de formation.
Elle est aussi la première organisation du système des Nations Unies a accepter, c'est le mot, d'avoir à sa tête, à l'époque, un africain, le Sénégalais Amadou Mahtar MBow.
Je citerai également au nombre de ses réalisations majeures, la rédaction de l'Histoire générale de l'Afrique, la création du Département " Priorité Afrique " ou encore le renforcement de la PANA, l'agence panafricaine d'information.

C'est dire qu'en ces années héroïques, la complémentarité de l'action de l'OUA et de l'UNESCO était parfait: l'OUA à travers son action propre et celle de ses comités de libération travaillait aux aspects politiques de la libération des pays africains, quand l'UNESCO portait son action sur les aspects intellectuels de la libération des mêmes pays africains.

Il se trouve par ailleurs que c'est la Tanzanie du Président Julius Nyerere qui abrite aujourd'hui votre conférence. Or la Tanzanie était aussi le principal sanctuaire des mouvements africains et des actions militaires de libération du continent.

C'est donc autant la reconnaissance et la gratitude pour l'action historique de l'UNESCO, que les défis nombreux et urgents de l'éducation et du développement en Afrique d'aujourd'hui, qui nécessite que nous ayons l'UNESCO constamment à nos côtés. Ce sont les deux raisons qui motivent, à part égale ma présence ici.

Monsieur le Directeur général

Mesdames Messieurs les Ministres

Mesdames Messieurs les experts,

Deux ans après le Forum Mondial de Dakar, vous avez décidé, fort opportunément de placer votre huitième conférence sous le thème: " Relever les défis de l'éducation en Afrique Des engagements aux actes " Ce faisant, vous avez voulu impliquer directement, les décideurs africains au plus haut niveau, en précisant que votre démarche s'inscrit dans le cadre des initiatives majeures prises récemment par ces décideurs, à savoir, l'Union africaine et le NEPAD.

J'ai reçu la mission de traduire, au niveau des structures, la réalité de l'Union. Je compte bien sur l'UNESCO et sur tous les partenaires concernés pour aider à renforcer les ressources humaines et les capacités de la Commission que je suis entrain de m'efforcer actuellement de mettre sur pied. Je compte également sur l'UNESCO pour aider à rendre opérationnels, les comités techniques spécialisés de l'Union qui relèvent de ses domaines de compétence.
Tout comme les travaux de la future Commission économique sociale et culturelle, (ECOSOCC) de l'Union, bénéficieront sans nul doute de l'apport de l'UNESCO.
Enfin, vous le savez tous, l'Union ne s'instaure pas par décret: il y faut, des actions continues de sensibilisation pour susciter, l'adhésion et la participation des populations, à travers l'information, l'éducation et l'action culturelle.

Le NEPAD qui est un programme de l'Union africaine met, quant à lui, un accent tout particulier sur le développement des ressources humaines et surtout sur l'éducation et la formation. Je voudrais à cet égard me faire l'écho, ici, des interventions de S.E.M. le Président Aboudlaye Wade et de M. Kofi Annan au Forum mondial de Dakar.
Ils demandaient à la communauté internationale de réduire les études au profit de l'action sur le terrain, d'une part, et de consacrer un effort tout particulier en faveur de l'éducation des femmes, d'autre part.

Il revient, en tout état de cause, à toute l'expertise disponible, de proposer à l'Union africaine, une stratégie exhaustive de mise en oeuvre du volet éducation. Il y a deux ou trois points qu'il me semble important d'intégrer dans ce volet du NEPAD.

Il y a d'abord le problème de la fuite des cerveaux qui me semble, particulièrement préoccupant. Nous ne savons pas trop quelles mesures pertinentes et efficaces il faudrait prendre, pour retenir nos cadres hautement qualifiés sur lesquels nous avons tant investis, mais qui, faute d'un environnement adéquat qui les motive et les retienne, sont aspirés par les conditions plus favorables qui leurs sont offertes dans les pays déjà autrement plus développés.
Les nouvelles technologies de l'information et de la communication constitueront également sans nul doute une composante stratégique importante du NEP AD car l'Afrique a grandement besoin de toute la connaissance produite par la société de savoir.

C'est dire que tout au long de la mise en chantier des deux grands projets majeurs, l'Afrique aura besoin des ressources intellectuelles et scientifiques de l'UNESCO et des autres partenaires de l'éducation.

Monsieur le Président

Monsieur le Directeur général

Mesdames Messieurs les Ministres

Mesdames, Messieurs

Au chevet de l'école africaine, les parties prenantes et les partenaires sont nombreux, chacun avec sa mission, ses objectifs ses priorités, ses stratégies, et ses moyens. Chacun a ses avantages comparatifs, ses atouts et ses faibles aussi.

Pour sa part, l'OUA a adopté une Décennie de l'éducation en Afrique, pour la période 1997-2006. L'Union africaine a hérité de cette Décennie. Le programme d'action est articulé en un certain nombre d'axes prioritaires qui rejoignent, pour l'essentiel, ceux du programme africain du Forum mondial sur l'éducation.
Nous nous efforcerons de mettre en oeuvre ces axes, dans la mesure où les nombreuses autres surpriorités du continent nous en laissent la possibilité. Mais plus qu'une action directe, certainement que l'Union africaine recherchera et construira plutôt un certain nombre de partenariats stratégiques pour que ce programme d'action se traduise en actes sur le terrain. Au besoin, une deuxième décennie sera lancée.

Mais l'engagement que je voudrais confirmer ici, c'est que, s'agissant de l'éducation en général, du programme africain EPT, ou de la Décennie de l'éducation en particulier, nous voudrions nous efforcer d'identifier clairement les avantages comparatifs les plus évidentes, les plus indéniables de l'Union africaine, et les actions les plus pertinentes qu'elle devra à mener avec le plus de chance de succès et d'impact.

A cet égard, je voudrais réaffirmer que l'Union africaine est décidée à prendre sa part de responsabilité surtout, dans la mobilisation pour la mise en oeuvre des engagements politiques pris par les responsables africains.
Nous avons pour cela l'avantage de pouvoir cibler les chefs d'Etat et de gouvernement, les ministres chargés des Finances, ceux de la Planification et du Développement, ceux chargés de l'Education aussi, les honorables députés, bref, les plus hautes personnalités de l'Etat et les notables de l'opinion, ainsi que les responsables des principales agences africaines et internationales chargées des questions de développement.
Nous identifierons avec l'expertise abondamment représentée ici, les thèmes de mobilisation à privilégier, et les stratégies les plus appropriées à développer.

Dans cette perspective, l'axe central des stratégies de l'Union africaine sera, désormais, de contribuer à une vision prospective, qui articule l'éducation aux autres secteurs d'activités. Il faudra ensuite développer conséquemment le dialogue politique indispensable, et entreprendre des actions de plaidoyer, de sensibilisation, de mobilisation, de concertation et d 'harmonisation.

Ces initiatives de dialogue sur les politiques éducatives et les actions de sensibilisation et de plaidoyer porteront à titre principal sur des thèmes tels que, l'augmentation des ressources, la conversion de la dette, la réduction des dépenses militaires, l'éducation des filles, des femmes et des populations défavorisées, la place des langues africaines dans l'enseignement, l'utilisation des nouvelles technologies de l'information et de la communication pour élargir l'accès à l'éducation etc.

La régionalisation de certains centres de formation ou de recherche et leur transformation en centres d'excellence est un thème qui me tient particulièrement à cœur.
Car outre les avantages techniques et financiers que procurerait l'existence d'un nombre suffisant de centres d'excellences, ils constitueraient les nouveaux creusets où vont se forger les idéaux de l'unité africaine.
Malheureusement, ces centres d'excellence, tout le monde en parle, tout le monde souhaite leur existence, mais très peu d'actions pour les concrétiser ont réellement été entreprises.

Seront également pris en compte dans les actions de sensibilisation des décideurs, certains aspects des contenus des programmes qui ont des incidences sur les idéaux d'intégration, de même que les actions de coopération et d'échanges, ainsi que les protocoles et les conventions.
Une deuxième série de thèmes concernant l'action en direction des décideurs sera de les informer amplement sur les implications des engagements pris.
L'accent sera porté, plus particulièrement, sur la part des engagements qui requièrent des actions collectives. C'est le cas pour la plupart des décisions prises au niveau de l'OUA, de l'Union africaine ou des Communautés économiques régionales et qui concernent les questions communautaires ou les questions d'intégration.

Une troisième catégorie d'initiatives portera sur l'instauration d'un certain nombre de conditions politiques pour que l'éducation puisse se développer: la convergence et le renforcement des volonté politiques, la prévention et le règlement des conflits, le bannissement du recrutement des enfants soldats, la bonne gouvernance, la démocratisation, le respect des droits de l'homme, les valeurs de tolérance etc. Ce ne sont peut-être pas là des conditions suffisantes, mais elles sont utiles et nécessaires pour le développement de l'éducation.

Monsieur le Président

Monsieur le Directeur général,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs,

Le dernier aspect de l'Union que je voudrais discuter avec vous est celui de l'harmonisation et de la coopération.
Dans le domaine de l'éducation, les initiatives sont nombreuses avec, au premier chef, l'UNESCO qui pilote le programme du forum mondial, l'OUA qui a lancé une Décennie de l'éducation pour la période 1997-2006, l'Association pour le développement de l'éducation en Afrique (ADEA) qui apporte une contribution appréciable au renforcement des capacités humaines et institutionnelles, le Forum africain des femmes spécialistes de l'éducation (FAWE), l'Association des universités africaines, la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, l'UNICEF, sans parler des ONG, nombreuses, qui s'investissent inlassablement pour faire de l'éducation pour tous une réalité. Je voudrais leurs rendre hommage du haut de cette tribune.

Les initiatives sur le terrain ne manquent donc pas. Peut-être faudrait-il cependant qu'à un certain niveau, il soit possible de prendre du recul, pour avoir une vue d'ensemble de ce qui se fait, afin que tous puissent s'accorder sur la nature des synergies à proposer.

L'idéal serait que les trois principales organisations qui oeuvrent, sur le terrain, en faveur de l'éducation en Afrique, et dont les décisions sont prises au niveau ministériel, négocient ensemble un partenariat, une alliance, un accord tripartite pour éviter le double emploi et la dispersion des efforts et des ressources.
Il s'agit de l'Union africaine, de l'UNESCO et de l'ADEA.
D'autres partenaires importants comme l'UNICEF, le FAWE, la BAD, la Banque mondiale et l'Association des universités africaines, pourraient y être associés. Chacune de ces organisations a ses spécificités, ses avantages comparatifs et ses limites.
Je suis convaincu qu'une concertation plus formalisée et une synergie plus effective entre tous ces acteurs pourraient permettre d'atteindre des résultats plus significatifs encore en faveur du développement de l'éducation, en général, et du NEPAD, en particulier.
Il s'agirait, en somme, de sceller entre tous les acteurs, un partenariat pour le développement de l'éducation en Afrique.

Monsieur le Président,

Monsieur le Directeur général,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Telles sont les réflexions que je voulais partager avec vous.

Pour terminer, j'aimerais aussi partager avec vous une conviction :
J'ai la conviction que se dessine un tournant particulièrement favorable à la convergence des volontés politiques africaines et a leur traduction résolue en actes.
Il me semble en effet voir dans un certain nombre de signes favorables, que la même détermination, et le même engagement politique qui avaient présidé à la création de l'OUA, et conduit à son terme sa mission principale à savoir, la libération du continent, il me semble donc que le même moteur de la convergence des volontés politiques africaines s'est à nouveau rallumé avec des nouveaux engagements majeurs du même type.
Si cette conviction se réalise c'est non seulement le défi de l'éducation pour tous qui sera relevé à terme, mais bien plus, la remise en orbite du continent sur la trajectoire du développement durable, et dans le concert des nations.

Je souhaite plein succès à vos travaux.

   
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