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BREDA Bureau régional de l'UNESCO pour l'éducation en Afrique
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Qu'est-ce que l'UNESCO

Forum EPT Dakar+5
Discours de M.
Philippe Etienne, D. G. de la Coopération Internationale et du Développement, Ministère Français des Affaires Etrangères

(Dakar, du 13 au 15 Juin 2005, Hôtel Ngor Diarama)

Monsieur le Représentant Résident des Nations-Unies
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales
Madame la Directrice du Bureau régional de l'UNESCO pour l'Afrique,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs ou leurs représentants,
Mesdames et Messieurs, Chers Collègues,

C'est avec un réel plaisir que je participe avec vous à l'ouverture de cette revue de la mise en œuvre du cadre d'action pour l'EPT en Afrique.

Il y a 5 ans, la Communauté Internationale s'était engagée sur un cadre d'action concentré sur six grands objectifs. Deux de ces objectifs, celui de la parité entre garçons et filles dans l'accès à l'éducation et celui de la scolarisation primaire universelle
d'ici 2015, ont été repris parmi les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

Cette réunion que l'UNESCO a pris l'initiative d'organiser est donc doublement importante. Elle nous offre la possibilité d'évaluer les progrès accomplis et d'ajuster notre plan d'action en conséquence. Elle se tient à un moment propice par rapport à l'agenda international qui lui donne ainsi un statut particulier. En effet, elle précède la réunion du G8 en juillet prochain, qui a inscrit les questions de développement en Afrique au centre de ses priorités. Puis à New-York en septembre prochain, la rencontre des chefs d'Etat et de gouvernements sera à son tour l'occasion de faire le point des progrès accomplis depuis la Déclaration du Millénaire.

Qu'avons-nous fait depuis? Cette question interpelle tous les partenaires de l'éducation en Afrique. Elle doit être posée sereinement, car beaucoup a été fait. Mais aussi avec une certaine gravité, car beaucoup plus reste à faire.
Afin de répondre à la promesse faite il y a 5 ans qu'aucun pays "qui a pris un engagement sérieux en faveur de l'Education de base ne verra ses efforts contrariés par le manque de ressources", la communauté internationale s'est mobilisée. L'initiative Fast track en faveur de l'éducation de base constitue un élément moteur de cette mobilisation. Plus de 350 millions de dollars ont ainsi pu être réunis en 2005 dans les 14 pays élus à l'initiative dont 9 se situent en Afrique. De nouveaux pays africains auront prochainement accès à ces financements supplémentaires dans le cadre de l'initiative. A travers cette initiative, les processus de dialogue par les politiques sectorielles se sont renforcés et les mécanismes d'harmonisation de l'aide publique se sont développés.

L'initiative Fast Track a le mérite de cibler spécifiquement les deux objectifs du millénaire qui
doivent rester au centre des priorités de la communauté internationale. Mais cette initiative s'inscrit aussi dans une vision sectorielle où c'est l'ensemble du système éducatif, du pré-scolaire au supérieur, qui participe des objectifs de croissance et de développement humain.

Ainsi, parmi les débats qui ont mûri depuis le Forum de Dakar en 2000, il Y a celui du développement solidaire de l'ensemble de la pyramide éducative. Un accès universel à l'école primaire est la base la plus, solide, la plus fondée en droit et en raison pour la construction d'un système, éducatif global. Dans certains pays africains, cette base est aujourd'hui atteinte, et le développement accéléré des cycles ultérieurs d'enseignement justement les énergies et les ressources.

Mais dans la plupart des cas, au cours de la période récente, l'enseignement secondaire a vu ses effectifs fortement progresser sans que les processus de régulation des flux et des ressources entre les cycles aient été consolidés sur le long terme. De nouvelles alternatives de formation préparant à l'emploi et l'insertion socio-économique doivent être explorées. Ces réflexions sont en cours, l'UNESCO, à l'ADEA, à l'AIF, chez l'ensemble de nos partenaires et chez nous, pour proposer les axes d'une stratégie d'intervention post primaire.

Vision sectorielle donc, mais aussi constance, ténacité et intelligence pour ne pas renoncer aux Objectifs d'éducation pour tous. Le rapport régional proposé par le BREDA à l'occasion de cette réunion sera à cet égard extrêmement précieux pour faire le point et proposer des repères pour l'action. Mais des premières données de ce rapport diffusées à l'occasion de la réunion des Ministres de l'Education de l'Union Africaine à Alger au mois d'avril, le constat est préoccupant : 4 enfants sur 10 ne terminent toujours pas un cycle primaire complet. Pour ne considérer que ce cycle, lorsque '10'0 g-arçons achèvent leur scolarité à l'école primaire, 87 filles seulement sont dans la même situation. L'évolution de la qualité, mise en exergue parmi les objectifs de Dakar 2000, est elle même affectée d'une très grande disparité entre les pays et à l'intérieur de chacun d'eux. Les études du programme d'analyse des systèmes éducatifs (PASEC) organisées dans le cadre de la CONFEMEN en attestent.

Nous avons encore, chacun d'entre nous, une part du chemin à faire pour atteindre l'Education pour Tous. Il est de la responsabilité première des autorités nationales d'assurer leadership de ce processus de mobilisation des ressources locales et internationales, autour d'une approche programme qui fédère
l'ensemble des partenaires nationaux et extérieurs, en organisant un pilotage des politiques par les résultats et en montrant la voie à l'ensemble des acteurs à travers une forte mobilisation des ressources nationales en faveur de l'éducation.

Deux contraintes majeures conditionnent la réalisation des objectifs de l'Education et d'une manière plus générale, des objectifs de l'Education et d'une manière plus générale, des objectifs relatifs au développement humain : la première est relative à la nécessaire cohérence du cadrage macro-économique avec les conditions de développement à moyen terme des secteurs sociaux (éducation, santé), avec notamment la question de la soutenabilité des salaires. La deuxième contrainte, liée à la première, concerne le financement durable des charges de fonctionnement dans l'éducation et l'insuffisance quantitative et qualitative des ressources humaines qui implique la mise en place de solutions concrètes à la question centrale de la durabilité des financements extérieurs.
Une fois de plus, les réflexions sur les nouveaux instruments de l'aide au développement rejoignent nos préoccupations sectorielles. La France et plusieurs de ses partenaires, vous le savez, soutiennent une proposition de taxation internationale affectée dans une phase pilote à la lutte contre le Sida.

Beaucoup d'acteurs du débat considèrent que l'éducation pourrait être aussi un domaine privilégié d'allocation de cette ressource nouvelle et additionnelle.

Pour sa part, la France reste résolument attachée à faire du secteur éducatif un de ses secteurs de concentration de son aide publique au développement. L'objectif que nous a fixé le Président de la République et qui est de porter notre d'effort à 0,5 % du PNB en 2007, puis à 0,7 % en 2012, avec une préférence d'affectation sur l'Afrique, devrait naturellement bénéficier aux systèmes éducatifs de vos pays.
Le Ministère des affaires étrangères et l'Agence Française de Développement se sont préparés à cet accroissement de l'aide au secteur éducatif et de la formation professionnelle, en modernisant les instruments de l'aide au profit d'un soutien aux politiques sectorielles.

Un des instruments stratégiques du renouveau de notre aide est le pôle d'analyse sectorielle en éducation que nous avons contribué à créer avec le BREDA et qui aujourd'hui représente, à nos yeux, un centre de ressources de qualité au service de l'ensemble des partenaires : gouvernements et acteurs politiques et sociaux locaux, organisations multilatérales", agence de coopération bilatérales. Car, nous restons persuadés, dans l'esprit du sommet de Monterrey et celui du NEPAD que la viabilité des plans EPT repose avant tout sur l'appropriation par les acteurs nationaux de la définition et la mise en œuvre de ces plans. Le renforcement des capacités demeure donc alors au centre des efforts en
faveur de l'éducation pour tous.
Je suis certain que vous évoquerez ce sujet comme tant d'autres. Je souhaite plein succès à vos travaux afin que ceux ci puissent inspirer positivement les réflexions du prochain sommet des Nations Unies sur les objectifs du millénaire pour le développement.

Je vous remercie

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