ATELIER NATIONAL SUR LA DEPENALISATION DES DELITS DE PRESSE ET LA MISE A JOUR DES TEXTES SUR LA PRESSE
AU SENEGAL  
(
Dakar, le 25 novembre 2004)

Du 23 au 24 novembre 2004, le Syndicat des Professionnels de l'Information et de la Communication du Sénégal (SYNPICS) en collaboration avec le Bureau Régional de l'UNESCO à Dakar (BREDA) a organisé dans les locaux de l'UNESCO à Dakar, un atelier réflexion sur la dépénalisation des délits de presse au Sénégal.

L'atelier avait pour objectif de parvenir à l'élaboration des solutions alternatives en cas de dépénalisation des délits de la presse au Sénégal, et aussi de revoir les différents paramètres qui contribue à l'émergence d'une presse libre, indépendante et motivée, tel que les conditions de travail et la responsabilisation des journalistes.

Représentant la Directrice du Bureau Régional de l'UNESCO à Dakar, Mme Lalla Aïcha Ben Barka, empêchée, Mme Jeanne Seck, Conseillère Régionale en Communication et en Information de l'UNESO BREDA, a pour sa part indiqué que dès sa création, il y a cinquante ans, l'UNESCO a toujours pris parti pour ceux qui souffre du manque de liberté, qui vivent privés de dignité dans des conditions parfois insupportable. Elle a cependant précisé " qu'il ne suffisait pas de veiller au professionnalisme des journalistes et à l'équilibre des entreprises de médias. Il faut aussi installer le cadre professionnel et juridique qui les protège. Un cadre juridique qui ne vise pas l'impunité des journalistes, citoyens ordinaires avec des responsabilité en plus ".

Le Ministre de l'information, porte parole du gouvernement, Dr. Bacar Diaa souligné que le Président de la république du Sénégal M. Abdoulaye Wade, dans un élan volontariste avait jeté les bases d'une discussion ouverte sur la dépénalisation des délits de presse. Cependant, il s'agit, selon lui, de relever un double enjeu : assurer la dépénalisation et sauvegarder l'intérêt des citoyens.

Ouvrant le débat, le Secrétaire général du SYNPICS, Alpha Sall a affirmé le bien fondé de ce principe au vue des multiples atteintes à la liberté d'informer auxquels sont confrontés tous les jours, les journalistes dans l'exercice de leur métier. Cependant, pour Alpha Sall, " il ne s'agira de dépénaliser totalement les délits de presse mais d'alléger les charges pénales que peut encourir un journaliste jugé coupable. ". Il en ajoute aussi que " certaines dispositions anachronique, liberticide et incompréhensible comme l'article 139, qui dit que sur les réquisitions écrites du ministre public, le juge d'instruction est tenu de décerner mandat de dépôt contre toute personne inculpée d'un des délits prévus par les articles du code pénal relatifs au complot, et la diffusion de fausses nouvelles ".

Il faut rappeler, qu'en octobre 2004, le président de la République du Sénégal Me Abdoulaye Wade, avait donné son accord de principe sur la question de la dépénalisation des délits de presse au Sénégal, invitant, par la même occasion, tous les acteurs concernés à une réflexion devant aboutir à des propositions sur la conduite à tenir en cas " d'atteinte à une institution nationale ou étrangère ou à l'honneur d'un citoyen ".

Une liste de onze recommandations a été rédigé à l'issue de l'atelier ; ces recommandations doivent-être soumis à un comité d'expert en vue leur normalisation dans les plus brefs délais.


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